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Réforme de la SNCF: la France entre de plain-pied dans la grève

Près d’un cheminot sur deux (48%) était en grève et jusqu’à plus de trois sur quatre chez les conducteurs (77%), estime ce matin la direction de la SNCF. Seul un TGV (train à grande vitesse) sur huit et un train régional sur cinq circulent alors que le trafic international est relativement épargné, avec trois Eurostar sur quatre et une circulation quasi normale sur les Thalys vers la Belgique.

Gare de Lyon, c’est la pagaille

A Paris, dans la gare de Lyon, la situation est compliquée ce mardi matin, rapporte notre envoyé spécial William de Lesseux. Seuls quelques trains grandes lignes sont partis. Et pour les TER, c’est encore plus compliqué… Qu’il s’agisse de se rendre à Melun ou Corbeilles-Essonne en grande banlieue parisienne, les trains partent pleins et les voyageurs sont excédés.

Le secteur sud-est est le plus touché par la grève. Seuls quelques TGV circulent, et affichent complet jusqu’à jeudi quand ils ne sont pas supprimés. C’est ce qui est arrivé à Valérie, qui a voulu aller à Sète ce matin. Cette infirmière soutient les cheminots mais pas dans leur méthode de mobilisation :

« Nous, on ne soigne pas les gens deux jours sur cinq, explique-t-elle. Mon train à 8h07 a été supprimé. Le seul et unique, c’est 14h07. Donc je ne voulais pas le louper. C’est pour ça que je suis là, de bonne heure. J’ai l’habitude, je me lève à 5h, quand je bosse. Visite touristique gare de Lyon… C’est sympa ! »

Selon elle, le mouvement engagé par les cheminots revient à « embêter les usagers ». « Honnêtement, c’est ce que ça fait, la grève à la SNCF. » Et de demander pourquoi « ne pas faire plutôt la gratuité des billets pour embêter le gouvernement, puisque ce sont eux qui sont visés ? »

En région parisienne, c’est donc la foire d’empoigne, d’où les embouteillages sur les routes et autoroutes. Mais ailleurs aussi ; message sur Twitter d’un voyageur de l’ouest de la France à l’attention de la SNCF : « Vous êtes fou de faire stopper mon train dans toutes les gares. Les gens se battent pour monter. »

La bataille de l’opinion est engagée

Les cheminots grévistes sont près des voies pour faire de la pédagogie auprès des voyageurs en colère. Car c’est l’enjeu pour les syndicats : provoquer l’exaspération, retourner une opinion pour le moment plutôt favorable à la réforme de l’entreprise, et obliger le gouvernement à faire des concessions.

à (re)lire: A la Une: l’épreuve de force

L’abandon de la méthode des ordonnances pour faire passer la réforme et la progressivité dans la mise en concurrence du rail français ne leur suffisent pas. Les grévistes veulent à tout prix défendre le statut des cheminots, qui aux yeux du gouvernement, sera un frein à la compétitivité par rapport aux rivaux en Europe.

Ce statut protège 131 000 salariés. Excessivement, selon les défenseurs de la réforme, qui voudraient embaucher des contractuels, qui n’auraient donc pas la garantie de l’emploi. Le spectre d’une privatisation inquiète les grévistes, qui soupçonnent une manœuvre cachée de la part du gouvernement.

Dans ce climat de défiance, la Confédération générale des travailleurs (CGT-cheminots) accuse la direction de l’entreprise de vouloir pousser les grévistes à la faute. « Oui, la situation pourrait dégénérer, prévient son secrétaire général, même si on espère garder notre calme. »

Pour l’heure, les usagers sont invités à trouver des solutions de repli : télétravail, covoiturage, etc. La plupart des entreprises ont demandé à leurs employés de prendre leurs dispositions. Certaines ont pris les choses en main et fait appel à des services de véhicules privés.


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