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Dominika Gesicka: «Longyearbyen change la vie des gens»

RFI : Avant This is not Real Life, vous avez fait une série intitulée It wasn’t me, Ce n’était pas moi. Qui êtes-vous ?

Dominika Gesicka : Je suis Dominika, photographe, de Pologne, de Varsovie.

Pourquoi êtes-vous devenue photographe ?

C’est histoire d’une vieille caméra trouvée dans l’armoire des parents quand j’avais 9 ans. J’étais complètement fascinée de l’appareil et j’ai obligé ma sœur de poser pour moi comme modèle. Donc, je prends des photos depuis toujours. C’est ma passion et mon obsession.

Que montrez-vous avec This is not Real Life ?

C’est une série sur un endroit extraordinaire et littéralement la fin du monde [sourire].

Comment avez-vous trouvé cette ville ?

J’ai lu un reportage dans un livre, écrit par une femme polonaise. Elle y est allée juste pour des vacances, mais finalement, elle est restée cinq ans dans cet endroit qui a complètement changé sa vie. Au lieu de continuer à travailler dans une grande entreprise, elle est devenue écrivaine. Cet endroit change la vie des gens.

Ce lieu, a-t-il changé la manière comment vous faites des photos ?

Oui, parce que, dans chaque projet, j’essaie de faire une chose nouvelle. Ici, je voulais montrer le surréalisme de ce lieu. Donc, j’ai expérimenté avec des flashs et des filtres de couleur…

La question de la réalité évoquée par le titre se trouve aussi au cœur de la photographie. Qu’avez-vous appris sur la photographie grâce à ce lieu ?

J’ai découvert ce que beaucoup de gens découvrent sur place : on y va pour échapper à quelque chose, pour nous cacher, pour nous ressourcer. Moi, personnellement, j’avais fui un job que je n’aimais pas beaucoup. Ainsi, j’ai découvert ce lieu extraordinaire au bout du monde.

Pourquoi est-il intéressant de faire découvrir cet endroit à d’autres gens d’autres continents ?

Très peu de gens connaissent l’archipel du Svalbard. Avant de lire le livre, je n’ai jamais entendu de cette ville. Au début, je croyais qu’il y a uniquement une station d’observation scientifique et que l’endroit est réservé à des gens très aguerris. Puis, j’ai découvert qu’il y a une ville « normale », que tout le monde peut y aller et ce n’est même pas si difficile d’y aller, il suffit de prendre un avion à Oslo. Il y a vraiment de tout : des magasins, des piscines, des bons restaurants, j’étais extrêmement surprise.

Sur une photo, on aperçoit une personne dans l’obscurité totale.

C’est une fille qui a aujourd’hui 16 ans. La photo date d’il y a trois ans. Elle a vécu là-bas avec ses parents. Elle est Thaïlandaise. Plus de 2 000 personnes vivent dans cette ville et il y a des gens de plus 40 pays différents. C’est un endroit très cosmopolite. Et la plus grande communauté, ce sont les Thaïlandais. J’ai rencontré cette fille et on est devenues amies.

Vous avez même photographié de très près un ours polaire.

Ce n’était pas un ours polaire vivant. Sinon, je n’aurais pas osé… Mais, en dehors de la ville, il faut toujours emporter un fusil, parce qu’on peut en effet tomber sur des ours polaires. Ce sont les rois de l’Antarctique.

Sur une autre image, une tente-igloo dégage une lumière étrange.

Cette photo raconte l’histoire d’un Américain qui a décidé de cultiver des plantes et des légumes là-bas. Normalement, il n’y a rien qui pousse dans cet endroit, seulement un peu d’herbe et quelques fleurs. Et dans cette tente, il cultive des plantes et des légumes. Pour faire cette photo, je n’ai pas utilisé des effets spéciaux, juste un temps d’exposition assez long. La lumière à l’intérieur de la tente est réellement violette, parce qu’il a besoin d’une lumière très forte pour faire pousser les plantes.

► Lire aussi : Photographie, identité nationale, migration et mentalité coloniale, rfi, 9/4/2018

 This is not Real Life, de Dominika Gesicka (Pologne), exposition jusqu’au 6 mai à Circulation(s), Festival de la jeune photographie européenne, au Centquatre, Paris. https://www.festival-circulations.com/edition/festival-circulations-2018/


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