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Affaire Selmayr : Angela Merkel prépare l’épilogue

Selon plusieurs sources à Bruxelles, c’est la chancelière Merkel qui mettra un point final à l’affaire Selmayr. Pour ménager les susceptibilités des uns et des autres, Martin Selmayr, nommé secrétaire général de la Commission dans des conditions contestées, restera en place jusqu’à la fin du mandat de Jean-Claude Juncker, son mentor. Angela Merkel se chargera ensuite de trouver un point de chute honorable à son compatriote.

Personne ne perd la face. Juncker, qui avait mis sa démission dans la balance, n’est pas désavoué. Le Parlement européen, qui était parti bille en tête contre cette nomination cavalière, obtiendra gain de cause à la fin de la Commission Juncker, à l’issue des élections européennes de mai 2019. En attendant, Martin Selmayr n’est pas contraint de se retirer et sa carrière connaîtra d’autres développements, plus tard.

Selmayr, autoritaire mais compétent

Martin Selmayr avait œuvré de main de maître en 2014 pour faire triompher la candidature de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission. Énergique et doté d’une forte autorité naturelle, Selmayr n’a pas toujours été habile avec les commissaires européens. Imposant son point de vue, réécrivant de sa plume certains textes et discours, le natif de Bonn s’est attiré bon nombre d’inimitiés dans la machinerie bruxelloise.

Toutefois, même ses détracteurs reconnaissent en lui un homme de caractère indispensable quand il s’agit de faire travailler ensemble les directions générales de la Commission souvent rétives à se coordonner. « Martin Selmayr est peut-être le seul aujourd’hui qui a une vision d’ensemble sur le travail de la Commission et qui sait où il veut l’emmener », expliquait l’un des administrateurs de la Commission.

Les Allemands aux postes-clés

Lors du dernier sommet européen, fin mars, Emmanuel Macron et Angela Merkel avaient été interpellés par la presse au sujet de cette affaire. Dans une réponse tout en souplesse, le président français avait donné raison à tout le monde, soulignant à la fois la compétence de l’intéressé, la légitimité du Parlement européen à vérifier le respect des procédures et le rôle nécessaire de la presse pour soulever des questions. La chancelière Merkel, avait, quant à elle, nié la volonté allemande de truster la plupart des postes à responsabilité au sein des institutions.

Il est vrai que la nomination de Martin Selmayr au secrétariat général venait compléter un dispositif très germanique avec Klaus Welle, secrétaire général du Parlement européen, Helga Schmid, secrétaire générale du Service européen pour l’action extérieure, Werner Hoyer, président de la Banque européenne d’investissement, Klaus Regling, directeur général du mécanisme européen de stabilité, ou encore Elke König, présidente du Conseil de résolution des crises bancaires… « Il y a de nombreuses directions générales de la Commission qui ne sont pas occupées par des Allemands », s’est publiquement défendue Angela Merkel.

En vérité, Martin Selmayr n’a pas particulièrement servi les intérêts allemands aux côtés de Jean-Claude Juncker. Et Merkel semble s’en souvenir…


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