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Un chauffeur de car condamné à 18 mois de prison ferme parce qu’il transportait des migrants dans la soute d’un car scolaire

Le 29 avril, il devait emmener une cinquantaine de collégiens de Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme) au Royaume-Uni, pour un voyage pédagogique. Le chauffeur de car aurillacois n’a a finalement pas atteint son but : avant de passer la Manche, à Calais (Pas-de-Calais), le conducteur a été interpellé suite à la découverte, par la douane, de deux passagers clandestins albanais cachés dans des valises de la soute.

Le chauffeur a comparu devant la justice juste après la fin de sa garde à vue. Il a été condamné par le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) à 18 mois de prison ferme, indique La voix du Nord.

Contorsionnés dans des valises

Les faits se sont déroulés dans la nuit du 29 au 30 avril. Un premier chauffeur, employé d’une société de transports aurillacoise, avait récupéré vers 20 heures une cinquantaine d’élèves de 3e et leurs accompagnateurs au lycée Marc-Bloch de Cournon-d’Auvergne. Un collègue devait le relayer lors du passage à la douane de Calais, mais le rendez-vous est finalement fixé une heure avant, aux abords d’Arras (Pas-de-Calais), selon nos confrères de La Montagne.

Les deux chauffeurs échangent leurs postes sur une aire d’autoroute, peu après 3 heures du matin, dans une zone non éclairée. Le nouveau conducteur profite alors de la pénombre et du sommeil des passagers pour descendre du véhicule. Deux autres valises supplémentaires sont alors entreposées dans la soute du véhicule. Ces bagages, mesurant “80 centimètres, sur 50 de large et 25 de hauteur,” selon le tribunal pas-de-calaisien, contenait chacune un migrant albanais.

La stupéfaction à Aurillac

Contrôlé à Calais, le véhicule est fouillé et les deux clandestins sont découverts par la douane. Le chauffeur est aussitôt interpellé, la société de transport cantalienne contactée. À Aurillac, c’est la stupéfaction. “Je suis en colère et extrêmement déçu. C’était pourtant un très bon conducteur, un bon professionnel, réagit le directeur, dont la compagnie a été immédiatement mis hors de cause par la police. L’entreprise fait alors des pieds et des mains et contacte un collègue transporteur pour mener ses clients à bon port, mais avec une journée de retard sur le planning initial.

L’homme, salarié depuis une dizaine d’années au sein de cette compagnie, a commis cette infraction pour des raisons financières. Contre quelques milliers d’euros, il devait acheminer au Royaume-Uni, avec la complicité d’un passeur, un colis dont il ignorait le contenu. 

Victimes collatérales

Son employeur s’est porté partie civile dans le procès. “Ce n’est pas une histoire de prendre partie : nous voulions avoir connaissance du dossier et réclamer des dommages et intérêts : il a fait quelque chose de grave et nous avons engagé des frais pour dépanner les passagers. Nous avons une centaine d’employés qui font du bon travail, et il se trouve qu’un élément nous a porté préjudice.” Le collège et le rectorat n’ont souhaité apporter aucun commentaire concernant l’affaire.
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