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“On était plus en danger qu’on ne le pensait” : à Salisbury, la vie empoisonnée par la tentative d’assassinat d’un ex-espion russe

En cette mi-mai, il faut avoir l’œil affûté pour remarquer que Salisbury se remet d’une crise d’ampleur. Seuls neuf commerces sont toujours fermés et une infime proportion du centre-ville est bouclée par la police. Les opérations de décontamination se font désormais derrière des bâches, à l’abri des regards. Comme si de rien n’était, des groupes de collégiens français, des touristes anglais et des travailleurs locaux se croisent dans les rues de la ville, devant des boutiques décorées en l’honneur du prince Harry et de Meghan Markle.

Pourtant, le retour à la normale est encore loin : il manque du monde en ville. “Beaucoup de gens n’ont toujours pas remis les pieds dans le centre, assure Berenice Marsh, la patronne de la boutique d’accessoires de fête. D’autres reviennent avec méfiance. J’ai vu une femme se couvrir le visage avec son écharpe, disant qu’on n’était jamais trop prudent.” Selon Charles Aldridge, un boucher, “ceux qui ont la possibilité d’éviter Salisbury vont faire leurs courses ailleurs”. Susi Mason, qui tient un magasin d’objets de décoration, pointe la responsabilité des médias, “qui ont donné l’impression que l’ensemble de la ville était bouclé”. Seuls neuf lieux sont encore sécurisés, dont le banc où ont été retrouvés les Skripal.

En mars, la fréquentation piétonne en ville a officiellement chuté d’environ 20%. Cette désertion a eu de lourdes conséquences sur la vie économique, en particulier pour les commerces du centre-ville situés à proximité du “banc des Skripal”. “Pour moi, c’est un repli d’activité de 75%”, déplore Richard Wheeler, gérant d’un magasin de rideaux, dont la porte d’entrée devant le banc reste condamnée.

Le secteur du tourisme, l’un des poumons de la cité, qui attire notamment pour son centre-ville médiéval et sa proximité avec les sites pré-antiques de Stonehenge et d’Old Sarum, a été lourdement touché. La cathédrale de Salisbury, qui accueille environ 300 000 personnes par an, a enregistré une baisse initiale du nombre de visiteurs de l’ordre de 40%. Le chiffre est passé à 20% en avril, selon l’un de ses responsables, Robert Titley. Roosevelt avait vu juste avec cette citation ‘la seule chose dont nous devons avoir peur, c’est la peur elle-même’.”

Le chanoine Robert Titley pose devant l\'installation \"Les Colombes\", le 14 mai 2018, dans la cathédrale de Salisbury.Le chanoine Robert Titley pose devant l’installation “Les Colombes”, le 14 mai 2018, dans la cathédrale de Salisbury. (YANN THOMPSON / FRANCEINFO)

Pour faire revenir les visiteurs et sauver les commerces, le gouvernement britannique a débloqué une enveloppe d’un million de livres (1,15 million d’euros). Une quarantaine d’entreprises ont d’ores et déjà reçu une subvention financière. “Notre priorité est d’éviter les faillites et de sauver les emplois”, explique Alistair Cunningham, le responsable de la cellule de crise. Les parkings de la ville ont aussi été rendus entièrement gratuits pendant près de deux mois pour booster le shopping, autour d’un slogan lancé sur les réseaux sociaux : #SalisburyIsOpen (#SalisburyEstOuverte).


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