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“Ebdo”, “Vraiment”, Buzzfeed… Au total, 67 postes de journalistes ont été supprimés ces derniers mois

L’arrêt brutal de ces trois médias précarise une profession déjà fortement fragilisée. 

Clap de fin pour trois médias français en l’espace de quelques mois. Après les faillites successives des magazines Ebdo et Vraiment, le patron du site américain Buzzfeed a annoncé, jeudi 7 juin, le licenciement des 14 employés de son bureau parisien, soit l’intégralité de la rédaction en France. Une série noire pour les médias français avec une conséquence directe : d’après le comptage effectué par franceinfo, 67 journalistes ont perdu leur emploi depuis le début de l’année. Un chiffre qui ne rassure pas alors que la profession est déjà fragilisée. D’après les données de la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIPJ), la précarité des journalistes, en comptant pigistes et chômeurs, a augmenté, “passant de 22,7% à 26,2% entre 2006 et 2017”

“Ebdo” : 38 journalistes licenciés 

“Cela aura été un crash vraiment rapide… Et un gâchis spectaculaire.” C’est un constat amer que dressait il y a quelques semaines un journaliste d’Ebdo dans Le Monde, au moment de l’annonce de l’arrêt de la parution de l’hebdomadaire, trois mois seulement après son lancement, faute de lecteurs. Ses fondateurs, Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry, ont reconnu jeudi 23 mars un “échec commercial”.

La liquidation judiciaire de Rollins Publications, l’éditeur d’Ebdo, a entraîné le licenciement de “48 personnes dont 38 journalistes”, affirme Emmanuelle Morau, représentante des salariés, à franceinfo. Parmi eux, on dénombre 21 rédacteurs et 5 secrétaires de rédaction.

Le rachat de Rollins Publications, également éditeur des revues XXI et 6 Mois, par les éditions du Seuil et La Revue dessinée, n’a pas permis de sauver ces postes. Certains travaillaient pour XXI ou 6 Mois et subissent les conséquences d’un projet qui ne les concernaient pas, d’autres ont cru dans le projet Ebdo jusqu’à quitter des postes stables pour le rejoindre et se retrouvent aujourd’hui sans emploi”, précisent dans un communiqué les anciens de Rollins Publications.

“Vraiment” : 15 journalistes congédiés

“Pour beaucoup, la fin de Vraiment a été dure à encaisser”, constate Jules Lavie, cofondateur de l’hebdomadaire, joint par franceinfo. Le 9 mai, quelques semaines après l’échec de son concurrent Ebdo, son acolyte Julien Mendez, annonçait que le huitième numéro de Vraiment, serait le dernier. 

“Il a fallu digérer l’échec : on avait mis tous nos espoirs dedans”  se désole Jules Lavie. Les causes de cet arrêt soudain ? “On a considéré Julien [Mendez] et moi que nos chiffres étaient tellement mauvais que notre objectif n’était pas atteignable” explique le directeur de la publication à franceinfo. Si le premier numéro avait atteint les 18 000 exemplaires vendus, les suivants plafonnaient à 5 000 exemplaires, selon les informations du JDD.

Conséquence : 23 salariés, tous en CDI, ont été licenciés, dont 15 journalistes. “Ils cherchent tous du travail, d’autres attendent la fin de l’été. Ça dépend des situations financières de chacun”, explique Jules Lavie, précisant qu’il ne “regrette absolument pas d’avoir lancé Vraiment“. 

Même connaissant l’issue, je le referais. C’était une aventure géniale.Jules Lavieà franceinfo

Buzzfeed : 14 journalistes à la porte

“On est sous le choc, on ne travaille plus depuis ce matin 10 heures et on ne sait pas trop comment va se passer la suite.” Jeudi 7 juin, un journaliste de Buzzfeed fait part de sa sidération à franceinfo après l’annonce du licenciement prochain des 14 employés de la rédaction française. Une décision “brutale et complètement inattendue” pour Stéphane Jourdain, le rédacteur en chef adjoint de Buzzfeed en France.

Scott Lamb, le patron du site américain, invoque des raisons financières. D’après Le Monde, à la fin de l’année, Buzzfeed “avait déjà licencié 20 personnes au Royaume-Uni et 100 aux Etats-Unis (soit 8% de ses effectifs)”. Selon le quotidien du soir, ce site 100% gratuit et dépendant de ses revenus publicitaires aurait notamment pâti du changement d’algorithme de Facebook, qui favorise les messages publiés par des “amis”.

Lancé en 2013, le pure-player était connu pour ses quiz et ses articles de divertissement, mais sa rédaction avait également révélé de nombreuses informations, comme, encore récemment, les pratiques discriminatoires d’un prestigieux restaurant parisien.


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