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Coupe du monde 2018 : les réponses aux 14 questions que vous vous êtes forcément posées durant les matchs

Où vous apprendrez enfin pourquoi votre voisin hurle de joie 30 secondes avant vous lors d’un but.

“Hein, mais pourquoi il fait un changement, lui ? C’est pas limité à trois, normalement ?”, “Mais à quoi ça sert ce spray que tous les soigneurs dégainent au moindre bobo ?”, “QUOI ? Seulement trois minutes d’arrêts de jeu ? Mais il a fumé quoi, l’arbitre ?”. Ne le niez pas : à l’occasion de la Coupe du monde, vous vous êtes forcément posé une question qui vous a semblé un peu idiote. Du coup, vous n’avez pas osé demander à votre voisin/collègue/ami(e).

Rassurez-vous : la rédaction de franceinfo aussi s’en est posé. Quatorze, au total. Voici les réponses.

1Pourquoi il y a un décalage entre la télé du voisin et la mienne ?

Tout simplement parce que son appartement est situé sur une longitude légèrement supérieure à la vôtre, et que, décalage horaire oblige, il vit légèrement dans le futur. La meilleure solution consiste donc à déménager d’ici à la fin du tournoi.

Plus sérieusement, tout est une question de technologie. Le signal envoyé aux diffuseurs par satellite depuis les stades met environ 0,6 seconde à leur parvenir, explique Le Parisien. Ensuite, les chaînes de télé compressent et encodent le signal vidéo avant de l’envoyer jusqu’à votre téléviseur. En fonction de leur matériel et de la technique utilisée, cela peut prendre plus ou moins de temps.

Mais ce n’est pas fini : le plus gros facteur de décalage s’explique par la manière dont vous regardez les matchs. “Dans l’absolu, la TNT via l’antenne râteau ou le satellite dispose des délais les plus rapides. Comptez entre quatre et cinq secondes”, détaille Le Parisien. Un délai qui peut s’allonger “de quelques millisecondes” si vous avez une télé très haute définition (4K), et d’une seconde de plus si vous regardez la télé via votre box internet, conclut le quotidien.

2Comment se fait-il qu’il y ait quatre remplaçants maintenant ?

C’est une des petites nouveautés de ce Mondial. Le Conseil de la Fifa a approuvé, en mars, le recours à un quatrième remplacement en cours de match, mais seulement en cas de prolongations : il a donc fallu attendre la phase finale et ses matchs à élimination directe pour voir cette petite révolution à l’œuvre. Le premier quatrième changement de joueur de l’histoire a donc eu lieu dimanche 1er juillet lors de la prolongation du match Espagne-Russie : Alexandre Lerokhine est entré en jeu à la place de Daler Kouzyaïev.

3Pourquoi l’Uruguay a quatre étoiles sur son maillot ?

On nous aurait menti ? Alors que nos Bleus n’affichent qu’une étoile au-dessus de leur blason, souvenir de la glorieuse victoire lors de la finale du Mondial 1998, les Uruguayens arborent sans complexe quatre étoiles sur leur maillot. La Celeste n’affiche pourtant que deux Coupes du monde au compteur : la première de l’histoire, en 1930 (d’ailleurs organisée en Uruguay), et celle de 1950.

Comment expliquer cette curiosité ? Simplement par le fait que l’Uruguay ait remporté à deux reprises les Jeux olympiques en 1924 et en 1928, officiellement reconnus par la Fifa comme des titres à part entière, explique Libération. Elle peut donc afficher ces deux étoiles aux côtés de celles représentants ses deux Coupes du monde. L’Equipe relève tout de même que la Belgique, médaillée d’or en 1920 et également éligible à cette fameuse étoile, a choisi de ne rien afficher sur son blason.

L\'attaquant uruguayen Luis Suarez lors du 8e de finale de Coupe du monde de son pays face au Portugal, le 30 juin 2018 à Sotchi (Russie). L’attaquant uruguayen Luis Suarez lors du 8e de finale de Coupe du monde de son pays face au Portugal, le 30 juin 2018 à Sotchi (Russie).  (FRANK HOERMANN / SVEN SIMON / AFP)

4Il y a quoi comme produit dans la fameuse “bombe magique” utilisée par les soigneurs quand un joueur est blessé ?

Vous avez déjà forcément assisté à cette scène : après un choc (pas nécessairement sérieux), un footballeur se tord de douleur avant qu’une équipe de soigneurs ne se précipitent sur le terrain pour l’asperger à l’aide d’un mystérieux spray. Ensuite, le joueur boitille généralement quelques secondes avant de reprendre ses courses normalement.

Le Sénégalais M\'baye Niang reçoit des soins après un choc, le 19 juin 2018 à Moscou (Russie). Le Sénégalais M’baye Niang reçoit des soins après un choc, le 19 juin 2018 à Moscou (Russie). (FRANK HOERMANN / SVEN SIMON / AFP)

Sorcellerie ? Pas vraiment. La fameuse “bombe magique” ne contient en fait qu’un gaz provoquant une vive (et très éphémère) sensation de froid sur la peau. Son seul effet est en fait psychologique. Ce gaz “va stimuler les récepteurs de la peau et emprunter des canaux de la sensibilité plus importants que ceux de la douleur. Résultats : le cerveau interprète différemment le message, et la douleur est atténuée”, expliquait à So Foot en novembre Erwan Lucas, kinésithérapeute et diplômé d’une formation sur la prise en charge du sportif. Ce spray n’a donc aucune fonction thérapeutique.

5Et en vrai, la bombe pour les coups francs, c’est de la mousse à raser ?

Non, mais cette solution a été envisagée. Interrogé en 2014 par la BBC, l’inventeur de ce spray, le Brésilien Heine Allemagne expliquait avoir eu l’idée d’utiliser une mousse éphémère en entendant à la télévision un commentateur se plaindre de la peine qu’avait l’arbitre à maintenir à distance le mur constitué par les joueurs en place lors d’un coup franc.

Un arbitre trace la ligne pour le mur avec sa bombe lors d\'un match Nigeria-Argentine, à Porto Alegre (Brésil), le 25 juin 2014.Un arbitre trace la ligne pour le mur avec sa bombe lors d’un match Nigeria-Argentine, à Porto Alegre (Brésil), le 25 juin 2014. (BEN QUEENBOROUGH / BACKPAGE IMAGES LTD / AFP)

Après avoir effectué des tests non-concluants avec la mousse à raser, Heine Allemagne s’est rendu dans le laboratoire d’une entreprise cosmétique située à Palmeira (Brésil) pour élaborer son produit. Les journalistes britanniques ne sont pas parvenus à lui arracher la formule précise de sa mousse, mais l’inventeur a déclaré que “l’un des ingrédients clés pour que le produit disparaisse après deux minutes est l’huile végétale”.

6Il reste des places pour la finale ? 

Au moment où nous écrivons ces lignes, impossible d’acheter des places pour la finale, qui aura lieu dimanche 15 juillet, sur le site de la Fifa. Mais la situation pourrait évoluer : des billets pour le quart de finale Uruguay-France n’étaient pas disponibles mardi soir, mais il était possible d’en acheter mercredi en première catégorie pour environ 313 euros l’unité.

Franceinfo a pu constater que certains sites d’enchères en ligne proposaient des billets pour la finale, parfois à plus de 5 000 euros l’unité. Mais nous ne saurions vous conseiller de vous y risquer : le site de la Fifa indique que “tout billet obtenu par le biais d’une autre source [que la billetterie officielle] sera automatiquement invalidé une fois identifié, et ne permettra pas à son détenteur d’accéder au stade, ni d’être remboursé ou d’obtenir une quelconque indemnisation”.

Notez par ailleurs qu’avant de vous envoler pour Moscou, vous devrez vous procurer une “Fan ID”, un document administratif qui vous permet d’entrer sur le territoire russe sans visa, et de bénéficier d’un accès gratuit aux transports en commun les jours de matchs.

7Comment est déterminé le temps additionnel ? C’est au doigt mouillé, non ?

Sur le papier, c’est simple. Un remplacement ajoute 30 secondes de temps additionnel. Les deux équipes effectuant souvent leurs trois changements, comptez 3 bonnes minutes de rab, plus une ou deux si un joueur s’est longuement roulé par terre façon Neymar.

Sauf que le site américain FiveThirty Eight vient de prouver que le temps additionnel était calculé au doigt mouillé par l’homme en noir. Lors de cette Coupe du monde, on frôlait les sept minutes d’arrêts de jeu lors du premier tour. Ce devrait être le double, affirme le site américain qui a chronométré les arrêts de jeu de chaque rencontre. Solution préconisée par Five Thirty Eight : stopper le chrono à chaque arrêt de jeu significatif, comme au basket.

8Pour avoir droit à l’arbitrage vidéo, il suffit de crier très fort sur l’arbitre, non ?

A priori non. En théorie, l’arbitre central est souverain. Il est seul à pouvoir réclamer le recours à la vidéo, mais les assistants situés en cabine et spécifiquement chargés de cette tâche peuvent le lui suggérer. En pratique, les choses sont un peu différentes, comme l’a montré la Fifa elle-même en révélant le contenu de plusieurs discussions entre l’arbitre central et le responsable de la vidéo (VAR), relève Le Monde (article réservé aux abonnés).

Lors du match Colombie-Sénégal, l’arbitre chargé de la vidéo a ainsi clairement interpellé son homologue sur le terrain en lui expliquant qu’il s’était trompé en accordant un penalty au Sénégal en première mi-temps. L’arbitre central s’est ensuite rendu devant son écran et a confirmé la décision de son collègue. De quoi faire grincer les dents de certains, qui estiment que les arbitres situés en cabine ont peut-être finalement plus de pouvoir que celui placé sur le terrain.

A notre connaissance, aucun recours à l’arbitrage vidéo n’a eu lieu après que l’arbitre central ait été intimidé par les joueurs. Mais depuis le début de la compétition, ceux-ci ne se sont pas privés pour réclamer à l’homme en noir d’examiner les images d’une action litigieuse. Un comportement risqué : selon le manuel de recours à la vidéo (document PDF) édité par l’instance qui détermine les règles du jeu, tout joueur effectuant un geste en ce sens (un écran formé avec les doigts) doit écoper d’un carton jaune. Sauf erreur de notre part, aucun n’a été sanctionné pour cette faute.

9Qui décide de sélectionner les arbitres pour quel match ? Pourquoi on n’a pas revu le Français Turpin en arbitre central ?

C’est le comité d’arbitrage de la Fifa (dont le patron est Pierluigi Collina, le célèbre arbitre chauve aux yeux exorbités) qui a la haute main sur le choix des arbitres. Une trentaine d’entre eux sont sélectionnés pour officier lors du premier tour, avant qu’un écrémage soit fait parmi eux. Pas forcément uniquement sur des critères qualitatifs : l’avenir de Clément Turpin dans ce Mondial est directement menacé… par la performance des hommes de Didier Deschamps. Jusqu’à présent, il a dirigé deux matchs (Uruguay-Arabie Saoudite et Suisse-Costa Rica), a officié une fois à la vidéo (lors de Suède-Allemagne) et a endossé une fois le rôle de quatrième arbitre (lors du 8e Espagne-Russie).

L\'arbitre français Clément Turpin, après avoir mis un carton jaune au Suisse Stephan Lichtsteiner, le 27 juin 2018, à Nijni-Novgorod (Russie). L’arbitre français Clément Turpin, après avoir mis un carton jaune au Suisse Stephan Lichtsteiner, le 27 juin 2018, à Nijni-Novgorod (Russie). (JOHANNES EISELE / AFP)

10La tonte de la pelouse en bandes, ça sert à quelque chose ou c’est juste pour faire joli ?

Les terrains du Mondial sont tous tondus pareil, avec des bandes verticales.
Ce qui n’a pas toujours été le cas, lors du Mondial 1994 avec des bandes en forme de cercles concentriques qui ne font curieusement pas très sérieux pour l’œil exercé de ceux qui ingurgitent du foot trois fois par semaine.

Mais le règlement de l’UEFA comme celui de la Fifa impose de tondre la pelouse avec des bandes parallèles aux deux lignes de but, et avec des intervalles réguliers. Une des explications est que cette tonte doit faciliter le travail des arbitres de touches pour déterminer si un joueur est hors-jeu.

11C’est nouveau, Ronaldo qui remonte son short en plein match ?

Vous aussi, vous avez tiqué en voyant la star portugaise, les pieds solidement campés au sol, remonter son short presque au niveau de ses hanches au moment de tirer un coup franc face à l’Uruguay, le 30 juin en 8e de finale ?

Cristiano Ronaldo s\'apprête à tirer un coup franc, le 30 juin 2018 à Sochi (Russie).Cristiano Ronaldo s’apprête à tirer un coup franc, le 30 juin 2018 à Sochi (Russie). (CHRISTIAN CHARISIUS / DPA / AFP)

Ce tic surprenant n’est pas nouveau. Le quintuple Ballon d’or l’avait déjà fait (sans toutefois retrousser son short aussi haut) avant d’inscrire son troisième but contre l’Espagne. Il avait également effectué ce petit rituel durant l’Euro 2016.

La posture de l’attaquant portugais avant de tirer un coup franc est devenue une véritable signature, a tel point qu’elle a été intégrée au jeu vidéo Fifa depuis 2008. Sans short retroussé toutefois.

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12Pourquoi y a-t-il des drapeaux au bout des poteaux de corner ?

Parce que… c’est comme ça, et pas autrement. Selon les règles du jeu consultables sur le site de la Fifa (PDF, p.10), les fameux poteaux de corner ne peuvent être que des drapeaux d’au moins 1,50 mètre.

Notons également que le règlement prévoit que de tels drapeaux peuvent être plantés de chaque côté de la ligne médiane du terrain, à au moins 1 mètre de la ligne de touche. Une curiosité qu’aucun journaliste de franceinfo n’a jamais pu observer.

13Qu’est-ce qui se passe quand un footballeur envoie le ballon dans les tribunes ? Les spectateurs peuvent le garder ?

Si vous avez grandi du temps où Guy Roux officiait sur un banc, vous avez peut-être gardé en mémoire l’image de l’entraîneur de l’AJA se désintéressant totalement d’un match pour monter dans la tribune réclamer le ballon à un spectateur qui ne l’avait pas renvoyé sur le terrain.

S’il y a une quinzaine de ballons autour du terrain, les lois du jeu stipulent que “la balle ne peut pas changer pendant la rencontre sans l’autorisation de l’arbitre.” Lors de la Coupe du monde au Brésil, pas moins de 3 240 ballons ont été utilisés, et aucun n’a fini (article en anglais) dans la poche d’un spectateur. C’est cruel, mais c’est comme ça.

Lors de la Copa America organisée au Chili en 2016, plusieurs tentatives de vol de ballons ont été enregistrées lors de la finale. L’une, en début de seconde période à la suite d’un dégagement du gardien chilien dans les tribunes, échouera. L’autre s’est terminée sur un succès pour un fan chilien, qui a mis en vente le précieux ballon avec lequel Lionel Messi a raté un penalty pour la coquette somme de 27 000 euros.

14C’est quoi, ces histoires de malédictions du Mondial (Espagne contre le pays hôte, celle qui frappe le tenant du titre, ou le Mexique en 8es) ?

Le folklore du foot est rempli de malédictions plus ou moins véridiques – et qui ne résistent pas toujours à l’épreuve du temps – comme celle qui frappait l’Angleterre lors des séances de tirs au but jusqu’au 3 juillet.

Parmi les malédictions évoquées lors de ce Mondial, celle qui frappe le tenant du titre est encore tenace. Effectivement, l’Allemagne (vainqueur 2014) a chuté au premier tour en 2018, comme avant elle l’Espagne en 2014, l’Italie en 2010 et la France en 2002. Exception qui confirme (ou pas) la règle, le Brésil qui s’est hissé en quarts de finale en 2006, où il a mordu la poussière grâce à un but magique de Thierry Henry.

Une autre malédiction semble également toucher l’Espagne puisque l’équipe espagnole maintient un taux de 0% de victoire contre les pays organisateurs en Coupe du monde. Après l’Italie en 1934, le Brésil en 1950, la Corée du Sud en 2002, la Russie est venue rappeler le signe indien à la Roja en 2018. Le Mexique a lui enchaîné une septième élimination de suite en 8e de finale. Plutôt que de malédiction, on pourrait parler de plafond de verre.


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