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Crampes, baïnes, courants… Que faire lorsqu’on se retrouve en difficulté dans l’eau ?

Entre le 1er juin et le 5 juillet, 121 personnes ont trouvé la mort par noyade. Un maître-nageur donne des conseils sur les comportements à adopter lorsque vous rencontrez un problème dans l’eau. 

Chaque été, plusieurs centaines de personnes meurent par noyade. Une enquête réalisée par Santé publique France révèle qu’entre le 1er juin et le 5 juillet 2018, 552 accidents liés à la baignades se sont produits. Ils ont causé la mort de 121 personnes, soit une personne sur cinq. Selon cette enquête, plus de la moitié de ces noyades sont d’origine accidentelle (257) : 103 se sont produites en mer et 70 en piscine publique ou privée. La prudence est donc de mise et le mieux est de “se baigner dans les zones surveillées aux bons horaires”. Voici quelques conseils distillés par Jean-Michel Lapoux, secrétaire général de la Fédération des maîtres-nageurs sauveteurs (FMNS), lorsque, dans l’eau, vous vous retrouvez dans une situation délicate.

Si vous subissez des crampes 

En baignade, les crampes peuvent se révéler très dangereuses. Elles peuvent concerner tous les nageurs, en mer, en lac ou en piscine et peuvent être particulièrement risquées pour les nageurs débutants. Le 21 juin dernier, un jeune homme de 19 ans a été retrouvé noyé dans le lac d’Aiguebelette, en Savoie. Le Dauphiné libéré indique que le jeune homme, qui nageait près d’un pédalo, aurait été pris d’une crampe qui l’aurait fait couler. En plus de la douleur et des difficultés qu’elle peut causer au nageur dans sa progression, surtout si elle touche les jambes, la crampe peut aussi provoquer un “coup” de panique au baigneur, face à la distance qu’il doit parcourir pour regagner le bord.

Que faire ? Tout d’abord, “il faut que le nageur reste calme”, insiste Jean-Michel Lapoux, qui conseille aussi d’“essayer de se manifester au maître-nageur ou à d’autres personnes susceptibles de l’aider”. “Si c’est possible, il faut essayer de revenir par ses propres moyens, sur le bord. Mais si la personne est très fatiguée, il vaut mieux qu’elle se repose un petit peu : elle peut faire la planche et repartir”, décrit le sauveteur. Une fois revenu sur la plage, il suffit de “tendre le muscle du mollet au maximum” pour faire passer la crampe.

Si vous êtes emporté par un mauvais courant 

Pour les nageurs, le courant de la mer ou de l’océan peut être fatal. Ces derniers sont souvent causés par des fissures sous-marines dans lesquelles l’eau pénètre, créant ainsi un courant qui éloigne les baigneurs de la côte. Dans la Méditerranée, les courants dangereux peuvent aussi être causés par les vents de terre, qui poussent les nageurs vers le large alors que l’eau paraît calme et qu’il n’y a pas de vagues. Les drapeaux de couleur verte, orange et rouge, obligatoires sur les plages surveillées, donnent des indications sur la dangerosité de la mer, pour les baigneurs.

Que faire ? “Dans ces cas-là, il ne faut jamais nager contre le courant, sinon on se fatigue et on se noie, souligne Jean-Michel Lapoux. Il faut nager en perpendiculaire du courant, sur le côté et ainsi sortir du courant pour regagner la plage.”

Si vous êtes pris dans des baïnes

Sur nos côtes, on ne les trouve que dans l’océan Atlantique. Les baïnes sont des énormes “flaques” qui peuvent mesurer jusqu’à plusieurs kilomètres. Il s’agit d’une réserve d’eau qui se constitue à marée descendante, sur le sable. Elle chauffe plus vite que l’océan, il n’y a pas de vagues et en général, elle n’est pas très profonde : un véritable piège pour les baigneurs et notamment les enfants. Car lorsqu’une baïne “se crève”, avec le courant descendant, un violent courant emporte l’eau de la baïne vers le large. Ce courant peut atteindre jusqu’à 15 kilomètres par heure. Les baigneurs se retrouvent ainsi emportés vers le large. 

Que faire ? “Quand une baïne se crève, ce sont des milliers de tonnes d’eau qui sont projetées dans l’océan. Donc pas question de nager à contre-courant, même le champion du monde de natation n’y arriverait pas, insiste Jean-Michel Lapoux. On sort du courant en nageant perpendiculairement à celui-ci pour regagner la plage. Mais dans ces situations, il faut quand même être un bon nageur”.

Si vous êtes confronté à des tourbillons

Ces scénarios concernent notamment les baigneurs qui pratiquent la nage en eau vive dans des torrents. Le cas est rare, mais dans le lit des rivières, certains trous d’eau, ou alors des aspirations d’eau souterraine peuvent se révéler dangereux pour les nageurs. Les touristes qui pratiquent les sports en eau douce (rafting, canyoning, nage en eau vive…) doivent être particulièrement vigilants. 

Que faire ? “Il faut s’en sortir le plus vite possible. En eau vive, il faut être un très bon nageur et ne pas s’y aventurer si ce n’est pas le cas, indique Jean-Michel Lapoux. Le nageur doit aussi se méfier des chocs à la tête dans ce contexte car il n’est pas rare qu’ils soient à l’origine de noyades”.

 Si vous êtes témoin d’une noyade 

Comment réagir lorsqu’on assiste à une noyade ? Si la baignade est surveillée, il est toujours possible, si les sauveteurs le demandent, d’apporter son aide dans quelques cas. En revanche, si la baignade n’est pas surveillée, le témoin va avoir un rôle décisif : celui d’appeler les secours et, le cas échéant, d’intervenir.

Que faire ? “Quand il n’y a personne, on appelle tout de suite les pompiers et on voit si on peut aller chercher la personne nous-même. Mais attention ! Le but, ce n’est pas ‘sauver ou mourir’, rappelle Jean-Michel Lapoux. Si on ne peut pas, ou si on n’est pas capable de sauver la personne, il ne faut pas prendre le risque de mourir.” Le maître-nageur rappelle ainsi de “vérifier les courants” avant de se jeter à l’eau. “Si on décide d’intervenir, il faut faire attention à bien se délester de ses vêtements superflus et de ses chaussures.”

Se retrouver éloigné de la côte par un courant violent, prisonnier des vagues après la crevaison d’une baïne, ou encore épuisé à cause de crampes ou une crise de panique dans l’océan… Toutes ces situations, qui peuvent se révéler mortelles, pourraient être évitées par quelques mesures simples. Jean-Michel Lapoux l’affirme : “Le courant, les baïnes, les vagues… Toutes les estimations de danger sont faites par les maîtres-nageurs, donc il faut absolument se baigner dans les zones surveillées.”


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