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Macron s’attend à un semestre « ni plus tranquille ni plus oisif »

Emmanuel Macron a ouvert mercredi 5 septembre le conseil des ministres, fort de ses deux nouveaux membres. Le président de la République a notamment encouragé son gouvernement à « tenir » pour poursuivre « de grandes transformations » malgré « énormément de défis ». Le conseil des ministres sera suivi dans la foulée d’un séminaire réunissant la totalité du gouvernement. « Le semestre qui s’ouvre ne sera ni plus tranquille ni plus oisif que celui qui précède », a déclaré le chef de l’État lors d’une prise de parole publique inhabituelle pour souhaiter la bienvenue à ses deux nouveaux ministres, François de Rugy et Roxana Maracineanu, nommés la veille en remplacement de Nicolas Hulot et Laura Flessel, partie pour des « raisons personnelles » mais qui serait en délicatesse avec le fisc, selon une source proche du dossier qui a confirmé à l’Agence France-Presse des informations de presse.

Macron exhorte son gouvernement à « tenir »

« Des transformations concrètes sont à conduire avec la difficulté que rien de ce que nous entreprenons depuis quinze mois n’est fait pour l’immédiat, rien n’est fait pour simplement donner plus d’argent à l’un tout de suite ou régler les problèmes qui ne sont pas réglés parfois depuis des décennies », a ajouté Emmanuel Macron, qui, lundi à Laval, a de nouveau été interpellé par des retraités qui s’inquiétaient pour leurs revenus. « Il faut dans ces périodes tenir, expliquer et avec force mener ce combat », a-t-il conclu, avant de continuer le conseil des ministres en dehors de la présence des caméras.

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Le conseil des ministres est suivi d’un séminaire gouvernemental, à l’issue duquel le Premier ministre Édouard Philippe doit notamment « détailler les chantiers à venir du gouvernement », selon Matignon. Le gouvernement doit par ailleurs adresser la feuille de route précise de ses chantiers sociaux aux syndicats et au patronat dans les prochaines heures. Reste que le remaniement a minima annoncé est loin de faire l’unanimité. « Tout ça pour ça », ironisait la presse mercredi, sur la nomination au ministère de la Transition écologique du « pragmatique opportuniste », du « peu rugissant » François de Rugy en remplacement du très populaire Nicolas Hulot, en larmes mardi pour la passation des pouvoirs.

Des nominations qui inquiètent

L’opposition de gauche tirait aussi à boulets rouges sur le nouveau ministre. « En réalité, la force d’attraction du macronisme est à son terme », avec cette nomination, a estimé le chef du Parti socialiste Olivier Faure sur Cnews. À droite, Valérie Pécresse a dit espérer que le nouveau ministre « puisse aussi résister aux décisions anti-écologiques du gouvernement », citant l’exemple de l’huile de palme autorisée dans les bio-carburants. Les écologistes redoutent eux que le nouveau ministre lâche prise sur le nucléaire. Nicolas Hulot lui-même avait dit craindre qu’avec son départ, la France ait « trois EPR de plus ».

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« Emmanuel Macron, ça fait un moment qu’il ne parle pas d’écologie. Pendant un an, il a fait de grands discours, il a cajolé Nicolas Hulot en termes de communication. Mais il a arbitré pour le nucléaire, les pesticides, pour la chasse, pour l’ensemble des pollueurs », a lancé l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot sur Public Sénat, reprenant les propos de Nicolas Hulot qui dénonçait, lors de sa démission, l’influence des lobbys auprès de l’exécutif. François de Rugy, à qui devrait succéder Richard Ferrand au « perchoir », a répété mercredi qu’il était « dans l’action ». Il a tendu la main à l’opposition, affirmant sur BFM vouloir travailler avec « tous ceux qui ont envie de faire avancer l’écologie ». Il a énuméré « les grands sujets et les enjeux qui sont sur la table, insistant particulièrement sur l’énergie, “avec la mise en œuvre de la loi de transition énergétique et notamment la programmation pluriannuelle de l’énergie”.

Le prélèvement à la source confirmé

Autre “couac” de la rentrée : les atermoiements de l’exécutif sur le prélèvement à la source, dus aux doutes émis par Emmanuel Macron lui-même. Le Premier ministre Édouard Philippe a mis fin au suspense mardi soir, affirmant que la réforme serait bien appliquée dès le 1er janvier 2019.

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“Il n’y a pas de risque zéro”, a concédé mercredi le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux sur RTL. Mais “l’objectif c’est de le minimiser au maximum”. Les tests menés lors de la phase d’essai du prélèvement à la source “n’ont révélé aucun dysfonctionnement”, a assuré mardi à l’Agence France-Presse Gérald Darmanin. Selon lui, “on aura ici ou là des petites difficultés en janvier prochain, c’est normal”, mais “il n’y aura pas de bug systématique”.


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