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En Iran, une attaque terroriste contre un défilé militaire fait au moins 29 morts

Au moins vingt-neuf personnes ont été tuées et cinquante-trois autres blessées, samedi 22 septembre, lors d’une attaque terroriste contre un défilé militaire à Ahvaz, ville du sud-ouest de l’Iran, selon l’agence de presse ISNA (Iranian Students News Agency) et la télévision d’Etat.

Les victimes sont en grande partie des gardiens de la révolution, l’armée d’élite iranienne, mais des civils ont également été tués, dont des femmes, une fillette et « un ancien combattant qui a été tué sur sa chaise roulante », selon Abolfazl Shekarchi, porte-parole de l’armée. Certains des blessés « sont dans un état critique », précise l’ISNA, citant le vice-gouverneur de la province du Khouzestan, Ali-Hossein Hosseinzadeh.

L’attaque a eu lieu vers 9 heures (6 h 30, heure de Paris). Des images de l’attentat ont été filmées par des caméras de la télévision iranienne rapporte dans un tweet le journaliste Ali Kheradpir :

Téhéran accuse un « régime étranger »

Plusieurs médias iraniens rapportent que les auteurs de l’attaque étaient eux-mêmes vêtus de treillis militaires. Les quatre individus du commando qui a fait feu sur la foule ont été abattus, selon Abolfazl Shekarchi : trois d’entre eux ont été tués sur le site de l’attaque, le quatrième, blessé et arrêté, est mort à l’hôpital.

Le groupe djihadiste Etat islamique a revendiqué l’attaque un peu plus tard dans la journée — une responsabilité difficile à établir avec certitude, tant les dernières revendications du groupe terroriste ont été opportunistes.

Plusieurs responsables iraniens, à l’instar du président Hassan Rohani, ont mis en cause « ceux qui fournissent un soutien en matière de renseignement et de propagande à ces terroristes » et ont promis une « réponse terrible ».

Le ministre des affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, avait directement mis en cause non pas l’EI, mais les Etats-Unis, écrivant sur Twitter :

« Des terroristes recrutés, entraînés et payés par un régime étranger ont attaqué Ahvaz […] L’Iran considère que les parrains régionaux du terrorisme et leurs maîtres américains sont responsables de telles attaques. »

Ramezan Sharif, porte-parole des gardiens de la révolution, avait été plus précis quant aux auteurs de l’attaque, accusant un groupe séparatiste arabe dans des propos rapportés par l’ISNA :

« Ceux qui ont ouvert le feu sur les gens et les forces armées sont liés au mouvement Al-Ahvazieh. Ils sont nourris par l’Arabie saoudite, et ils ont essayé de faire de l’ombre à la puissance des forces armées. »

Un mouvement séparatiste d’autant plus fort que les habitants de la province du Khouzestan, majoritairement arabes dans un pays perse, se disent parfois « abandonnés » par le pouvoir central. Ces dernières années, les tempêtes de poussière et la pollution atmosphérique, à cause notamment des activités des raffineries de pétrole dans la région, ont donné lieu à des mouvements de contestation civile.

Lire aussi :   La ville d’Ahvaz, en Iran, étouffe sous les tempêtes de poussière

Pendant la commémoration de la guerre Iran-Irak

L’attentat a eu lieu alors que l’Iran marque la journée nationale des forces armées, qui commémore chaque 22 septembre le déclenchement par Bagdad de la guerre entre l’Iran et l’Irak (1980-1988) et la résistance de la « défense sacrée » iranienne lors de cette « guerre imposée », selon la phraséologie officielle.

Le Khouzestan fut une des régions iraniennes les plus touchées par les combats pendant cette guerre. Saddam Hussein escomptait que ses soldats y seraient accueillis en libérateurs par la population arabe, mais celle-ci se montra dans l’ensemble fidèle à l’Iran.

Le 20 juillet, dix gardiens de la révolution ont été tués dans une attaque perpétrée par des insurgés contre l’une de leurs bases dans le village de Dari, situé dans le district de Marivan, dans le nord-ouest du Kurdistan iranien.

Le 7 juin 2017, des hommes armés et des kamikazes avaient attaqué le Parlement et le mausolée de l’imam Khomeiny, à Téhéran, faisant dix-sept morts et des dizaines de blessés, les premières attaques revendiquées par le groupe djihadiste Etat islamique en Iran. Les gardiens de la révolution avaient, alors aussi, dénoncé l’« implication » de l’Arabie saoudite et des Etats-Unis dans ces attentats.


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