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Plus que “Champion de la Terre”, Emmanuel est “le champion de la terre brûlée”, fustige Yannick Jadot

L’eurodéputé EELV a dénoncé, mercredi sur franceinfo, un décalage entre les discours et les actes du président de la République en matière de défense de l’environnement.

Emmanuel Macron va recevoir mercredi 26 septembre à New York le titre de “champion de la Terre”. Il s’agit d’une récompense décernée par l’ONU pour son engagement en faveur de l’environnement, en l’occurrence l’organisation à Paris en décembre dernier du One Planet Summit, sommet international sur la finance verte où de grands acteurs de l’économie mondiale avaient promis d’orienter leurs investissements vers la défense du climat.

Ce prix est “très probablement très réjouissant pour Emmanuel Macron mais sur le terrain” il “est plutôt le champion de la terre brûlée”, a rétorqué sur franceinfo Yannick Jadot, député européen, tête de liste EELV pour les européennes de 2019. “Je regarde les chiffres, je regarde les actes” a-t-il poursuivi, mais “quand un grand discours n’est pas suivi d’actes cela renvoie à l’impuissance de la politique”.

franceinfo : Que vous inspire cette récompense de champion de la Terre décernée par l’ONU à Emmanuel Macron ?

Yannick Jadot : Les prix à New York, pour les grands discours, les slogans ‘Make our planet great again’, c’est probablement très réjouissant pour Emmanuel Macron mais sur le terrain, Emmanuel Macron est plutôt le champion de la terre brûlée. Je regarde les chiffres, je regarde les actes. La France a augmenté l’année dernière ses émissions de gaz à effet de serre de 4%, on est repartis à la hausse, on est très loin de respecter l’accord de Paris. Je vois Emmanuel Macron soutenir l’accord de libre-échange avec la Canada. On a commandé 50% de pétrole issu des sables bitumineux qui est le pétrole le plus sale qu’on puisse extraire. Je vois un gouvernement qui continue à soutenir un projet de mine d’or en Guyane qui va saccager la forêt, empêcher d’interdire les importations d’huile de palme pour privilégier l’usine de Total à La Mède dans le sud de la France. Mon sujet ce ne sont pas les discours, ce ne sont pas les slogans, ce ne sont pas les sommets. La seule chose qui m’importe c’est de savoir si ce gouvernement défend l’environnement et la santé.

Vous dénoncez le décalage entre les paroles et les actes mais n’est-elle pas nécessaire cette parole au niveau mondial car il n’y en pas beaucoup qui défendent le climat à ce niveau ?

Si vous me demandez de choisir entre [Emmanuel] Macron et [Donald] Trump, évidemment je choisis [Emmanuel] Macron. Si vous me dites qu’il faut continuer à porter le combat du climat, de la protection de la biodiversité alors que tout s’effondre, évidemment il faut porter ce discours, mais ce qu’il y a de terrible pour les Françaises et les Français, c’est quand un grand discours n’est pas suivi d’actes parce que cela renvoie à l’impuissance de la politique, ça génère un sentiment de trahison, de déception. Cela donne l’impression qu’il y a une fatalité à ne pas agir pour la protection de l’environnement et de la santé alors que partout des entreprises agissent, des apiculteurs, des paysans agissent, les collectivités aussi, mais ce gouvernement préfère servir les intérêts de quelques lobbys plutôt que servir notre intérêt général.

Aujourd’hui, nous sommes à la croisée des chemins. Les gouvernements doivent faire des choix cruciaux pour faire face aux défis de l’environnement. Il n’y a pas d’autre alternative ?

C’est une nécessité absolue, on voit déjà beaucoup de grands groupes énergétiques notamment allemands qui ont choisi de laisser tomber le nucléaire, les énergies fossiles pour se concentrer sur les économies d’énergie dans les logements, sur les énergies renouvelables. Ce sont aujourd’hui des entreprises qui se portent plutôt mieux que les autres, ce sont des entreprises qui créent des emplois et qui nous projettent dans une économie respectueuse de l’environnement. On sait que cela existe et le plus frustrant dans la situation actuelle c’est que la société qui protège le climat, l’environnement et la biodiversité, cette société elle existe mais elle est trop souvent en marge des politiques publiques.


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