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Ce que l’on sait de l’effondrement de trois immeubles à Marseille

Deux immeubles se sont effondrés lundi matin et un troisième bâtiment voisin, déja fragilisé, est tombé pendant les opérations de secours.

Il y a peu d’espoir de retrouver des habitants dans les décombres. Deux immeubles d’habitation se sont effondrés, lundi, dans la matinée, dans le centre-ville de Marseille (Bouches-du-Rhône). Un troisième, fragilisé, est tombé en fin d’après-midi. Les marins-pompiers ont passé la nuit à rechercher d’éventuelles victimes dans les décombres des bâtiments. Deux corps ont été retrouvés, mardi 6 novembre, selon le procureur de la République à Marseille.

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Que s’est-il passé ?

Deux bâtiments de quatre et cinq étages, situés au 63 et 65 rue d’Aubagne, se sont effondrés, dans le quartier de Noailles, dans le 1er arrondissement, à Marseille, vers 9 heures, lundi matin. “J’habite juste à côté, je regardais la télé quand j’ai entendu un grand bruit, mais pas d’explosion, puis un nuage de fumée”, raconte Antonio Dias, 30 ans, à l’AFP.

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Une autre voisine, Sofia Benameur, a elle aussi entendu un bruit “qui faisait ‘badaboum, badaboum’ comme des pierres”. “L’immeuble s’est effondré d’un bloc en quelques secondes. Je n’ai pas entendu le bruit d’une explosion”, témoigne Djaffar Nour, qui faisait ses courses à quelques dizaines de mètres des bâtiments effondrés.

Peu après, les sauveteurs ont pris en charge deux passants légèrement blessés. Et les secours ont ensuite travaillé “d’arrache-pied pour savoir si des individus [étaient] coincés” sous les décombres, dans des “poches de survie où ils auraient pu se réfugier”, avait déclaré sur place le ministre du Logement, Julien Denormandie, dans l’après-midi.

En début de soirée, un troisième immeuble, situé au numéro 67, s’est partiellement effondré. “On a décidé d’intervenir avec une pelleteuse pour enlever la partie fissurée. Le mur a commencé à tomber tout seul au départ puis (…) est tombé d’un coup”, a expliqué l’amiral Charles-Henri Garié, qui commande les marins-pompiers de Marseille. Ce troisième immeuble avait été abandonné et muré depuis l’été 2012.

Y a-t-il des victimes ?

Les secours ont découvert deux corps, sous les décombres, mardi, a annoncé le procureur de la République, Xavier Tarabeux. “Nous venons de découvrir le corps d’un homme décédé sous les décombres”, a annoncé le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux, tôt mardi matin. Un deuxième corps, celui d’une femme, a été retrouvé quelques heures plus tard. Au total selon les autorités, 5 à 8 personnes pourraient avoir été ensevelies sous les gravats.

Le procureur a par ailleurs expliqué qu’il n’y avait finalement “pas de victime sur ce trottoir, c’est une bonne nouvelle”. Lundi, deux passantes avaient été filmées devant les immeubles juste avant qu’ils ne s’effondrent, et les autorités craignaient qu’elles n’aient été ensevelies.

Les immeubles étaient-ils vétustes ?

L’un des deux immeubles, le numéro 63, était “fermé et muré”, selon la mairie de Marseille, qui l’avait racheté après avoir pris un arrêté de péril en 2008. Mais il était “entièrement sécurisé”, a assuré l’adjointe au maire chargée du logement, Arlette Fructus. Au numéro 65, neuf appartements sur dix étaient en revanche habités, au-dessus d’un commerce vacant au rez-de-chaussée, selon les pompiers. En copropriété, il avait fait l’objet le 18 octobre “d’une expertise des services compétents qui avait donné lieu à la réalisation de travaux de confortement permettant la réintégration des occupants”, a assuré la mairie de Marseille. Le troisième immeuble, au numéro 67, qui s’est effondré dans la soirée, avait été abandonné et muré depuis l’été 2012.

“Ce dramatique accident pourrait être dû aux fortes pluies qui se sont abattues sur Marseille ces derniers jours”, selon la mairie, qui a dû reloger 100 personnes évacuées dans les immeubles à proximité. Mais plusieurs représentants de l’opposition ont fait le lien avec l’ampleur du problème du logement indigne à Marseille, notamment dans le centre.

“Derrière la carte postale idyllique, on mesure une fois de trop les échecs de la politique de l’habitat et du centre-ville”, a déclaré la sénatrice PS Samia Ghali. “Ce sont les maisons des pauvres qui tombent et ce n’est pas un hasard”, a tonné Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise et député des Bouches-du-Rhône, regrettant “une drôle d’odeur de désinvolture et d’indifférence à la pauvreté”.

La mairie a engagé depuis 2011 un vaste plan de requalification du centre-ville, mais sans pouvoir véritablement remédier au problème. La cité phocéenne est particulièrement concernée : selon un rapport remis au gouvernement en 2015, le logement indigne menace la santé ou la sécurité de “100 000 habitants” de la ville.


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