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Marseille : “Il y a eu certainement une mauvaise évaluation de la situation” des immeubles effondrés

Une expertise sur les immeubles marseillais qui se sont effondrés lundi a eu lieu quinze jours avant leur effondrement. Maxime Repaux, conseiller au syndicat des architectes des Bouches-du-Rhône, évoque sur franceinfo un enchaînement de circonstances.

“Il y a eu certainement une mauvaise évaluation de la situation” des immeubles qui se sont effondrés lundi 5 novembre à Marseille, a estimé Maxime Repaux, conseiller au syndicat des architectes des Bouches-du-Rhône, mardi 6 novembre sur franceinfo, ajoutant toutefois que “peut-être que la tempête de mercredi dernier avec la forte pluie a précipité les choses”. Maxime Repaux a mis en avant le fait que “le timing n’est pas le même entre les décisions de justice et les procédures avec des expertises et la nécessité d’aller vite parfois pour renforcer les structures et faire les travaux”.

franceinfo : Qui doit dire qu’un immeuble est trop dangereux pour y vivre ?

Maxime Repaux : Il y a des procédures qui existent, il y a l’arrêté de péril que prononce la mairie qui avait été fait pour ces immeubles. Mais je pense que dans ce cas particulier il y a eu un enchaînement de circonstances, il y a eu cet arrêté de péril, il y a eu le fait que les immeubles étaient en très mauvais état, il y a eu la grosse pluie et les intempéries très importantes quelques jours avant. L’enquête le dira mais il semblerait que la toiture n’était pas complètement étanche, et donc des infiltrations d’eaux. Quelques années d’épisodes pluvieux avec une toiture qui n’est pas étanche, ça peut fragiliser les structures qui sont des ossatures en bois, et donc amener à l’effondrement. Après, les procédures d’arrêtés de péril qui sont des décisions administratives, une fois qu’elles sont prononcées, il faut désigner un maître d’œuvre, désigner des entreprises pour faire des renforcements de structure d’immeuble. Ça prend du temps, parfois plus de 15 jours, et donc j’ai l’impression que là, il y a eu un enchaînement de circonstances. Les instances ont fait leur travail, mais il aurait peut-être fallu mettre hors d’eau le bâtiment plus tôt, s’en apercevoir. Pour éviter que ce genre de catastrophe se renouvelle, il faudrait établir des diagnostics sur l’ensemble des immeubles du centre-ville, ou des immeubles du XIXe siècle, pour prévenir justement ce genre d’accident.

Pourtant, selon la maire de secteur, une expertise a eu lieu 15 jours plus tôt et elle a conclu que les habitants pouvaient revenir vivre. Qu’est-ce que cela signifie ?

Il y a eu certainement une mauvaise évaluation de la situation. J’ai entendu aussi que la porte d’entrée forçait, et ça c’est un élément significatif d’un problème structurel, et là il aurait dû y avoir une alerte et une évacuation de l’immeuble et des immeubles voisins. Mais après, si un expert est passé et qu’effectivement il n’a pas jugé le péril imminent, c’est difficile. Peut-être que la tempête de mercredi dernier avec la forte pluie a précipité les choses.

N’est-ce pas aussi dû au phénomène des marchands de sommeil, ou à une certaine lenteur administrative ?

Quand on fait des rénovations de copropriété, on a parfois des injonctions prononcées par la justice, par la préfecture, pour reprendre des structures de logement. Parfois, il y a un phénomène aussi de décloisonnement des [immeubles] “trois fenêtres marseillais”, où on essaie d’agrandir le séjour et où on fragilise les structures des étages supérieurs donc là ensuite il peut y avoir des injonctions. Mais le timing n’est pas le même entre les décisions de justice et les procédures avec des expertises et la nécessité d’aller vite parfois pour renforcer les structures et faire les travaux, donc vous avez un décalage entre le timing administratif et judiciaire, et les nécessités d’aller vite. Alors, parfois, il y a des référés d’heure en heure qui permettent de faire un renfort de structure rapide, mais c’est une mesure qui est prise vraiment en dernier recours puisque d’abord on essaie d’obtenir le financement des bailleurs qui ont souvent très peu d’argent ou qui sont des marchands de sommeil et qui ne veulent pas sortir de l’argent, et donc c’est une complexité administrative et juridique, au regard d’impératifs techniques et de structure.


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