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Immeubles effondrés à Marseille : les causes ne sont « pas établies »

«  À ce stade », les causes précises de l’effondrement de plusieurs immeubles dans le centre-ville de Marseille lundi « ne sont pas établies », a annoncé mercredi, au cours d’une conférence de presse, le procureur de Marseille Xavier Tarabeux. « En l’état, il est prématuré d’imputer des responsabilités pénales » compte tenu de « la complexité de la situation », a également ajouté le procureur. « On ignore lequel des deux immeubles a entraîné l’effondrement », a-t-il poursuivi, rappelant que les deux bâtiments dataient de la fin du XVIIIe siècle et que les immeubles avaient été construits en « s’appuyant les uns contre les autres ».

«  Les enquêteurs ont pu recueillir des témoignages selon lesquels l’immeuble situé au numéro 65 avait bougé avant son éboulement », a indiqué Xavier Tarabeux. Le magistrat a aussi rapporté qu’une locataire avait appelé les « pompiers dans la nuit pour signaler l’augmentation d’une fissure qu’elle avait observée dans son appartement » avant de finalement les rappeler pour leur dire « qu’il n’était pas nécessaire qu’ils interviennent ». « Le 65 était un immeuble qui présentait des désordres importants, mais on n’est pas au titre de ce qu’on peut appeler des marchands de sommeil », a-t-il souligné. « Les recherches se poursuivent pour retrouver d’autres victimes », a-t-il ajouté. « Cinq locataires de l’immeuble étaient selon nous présents au moment du drame, il est possible également que d’autres personnes aient été dans cet immeuble. »

Une sixième victime

En milieu de journée, un sixième corps a été découvert, près de 48 heures après l’effondrement de plusieurs immeubles vétustes dans le centre-ville de Marseille. Engagés dans une course contre la montre, les sauveteurs qui viennent de vivre leur deuxième nuit de recherche vont continuer à fouiller l’imposant tas de décombres provoqué par l’effondrement de deux immeubles lundi matin, dans le quartier très populaire de Noailles, dans l’hyper-centre de Marseille. Les corps de trois autres hommes et deux femmes avaient déjà été retrouvés dans les gravats par les secours depuis mardi matin. Parmi ces victimes, trois ont été identifiées comme étant des locataires du 65 de la rue d’Aubagne, le seul des trois immeubles écroulés qui était officiellement habité au moment de la catastrophe, a ajouté le procureur.

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Il y a « peu de chances que l’on puisse trouver des poches de survie », avait prévenu dès lundi soir le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. L’effondrement d’un troisième immeuble, au numéro 67 de la rue, en fin d’après-midi lundi, ayant écrasé les gravats du matin. Dès la catastrophe, les autorités avaient annoncé que les recherches pourraient durer plusieurs jours, les décombres qui se sont entassés ayant atteint jusqu’à 15 mètres de profondeur. Une pelleteuse prête main-forte aux secouristes pour dégager les débris les plus gros tandis que des équipes cynophiles avec des chiens spécialisés gravissent les monticules à la recherche d’indices. Mais les pluies diluviennes qui se sont abattues lundi soir et mardi matin ont ralenti la progression des secours et augmenté les risques.

105 personnes évacuées

Par petits groupes, de nombreux habitants des immeubles contigus ont pu accéder mardi après-midi à leurs logements afin de récupérer des affaires personnelles, mais il leur a été interdit de séjourner dans les immeubles par mesure de sécurité, a précisé le préfet de région Pierre Dartout. Cent cinq personnes évacuées par mesure de sécurité ont été relogées dans 60 chambres d’hôtels du centre-ville, a indiqué la mairie, pointée du doigt par les habitants de la rue d’Aubagne qui fustigent le mauvais état des immeubles du quartier.

Parmi les immeubles qui se sont effondrés, le 63 était « fermé et muré », selon la mairie, qui l’avait racheté après avoir pris un arrêté de péril en 2008. Tout comme le 67 qui était abandonné et muré depuis l’été 2012 et s’est effondré partiellement au cours des recherches. En revanche, au numéro 65, neuf appartements sur dix étaient habités. En copropriété, il avait fait l’objet le 18 octobre « d’une expertise des services compétents qui avait donné lieu à la réalisation de travaux de confortement permettant la réintégration des occupants », a assuré la mairie.

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« C’est l’enfer ici »

« C’est l’enfer ici, ils savent que c’est la merde et des gens meurent pour rien », a dénoncé mardi auprès de l’Agence France-Presse Toufik Ben Rhouma, un habitant, estimant que les effondrements sont « 100 % de la faute de la mairie ». « C’est plein de cafards. Il y a des dégâts sur le plafond de l’eau qui coulait. Tout cela, la mairie le savait. J’ai fait venir quelqu’un [de la mairie, NDLR] il y a moins d’un an grâce à l’assistante sociale. Mais le propriétaire a des connaissances à la mairie, alors ils n’ont rien fait », a quant à elle accusé Anissa Ali Souali qui loue un studio avec son mari et ses trois enfants dans la rue.

La mairie, qui a avancé l’hypothèse des fortes pluies des derniers jours pour expliquer la catastrophe, s’est défendue en soulignant « l’énorme travail fait [pour] l’éradication de l’habitat indigne ». La municipalité a engagé depuis 2011 un vaste plan de requalification du centre-ville, mais sans pouvoir véritablement remédier au problème. Selon un rapport remis au gouvernement en 2015, le logement indigne menace la santé ou la sécurité de 100 000 habitants de Marseille.


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