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Avant Macron, que disaient les présidents sur le maréchal Pétain ?

L’Élysée fait machine arrière. Après la polémique déclenchée par l’hommage prévu aux maréchaux de 14-18, dont Pétain, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a finalement annoncé qu’« aucun hommage ne sera rendu à Pétain ». Emmanuel Macron avait pourtant défendu l’hommage, rappelant que, malgré son action sous le régime de Vichy, « le maréchal Pétain a été pendant la Première Guerre mondiale un grand soldat ».

Emmanuel Macron n’est pourtant pas le premier président à adopter cette position sur le sujet. Le général de Gaulle avait déclaré en 1966 que « si par malheur, en d’autres temps […], l’usure de l’âge mena le maréchal Pétain à des défaillances condamnables, la gloire qu’il avait acquise à Verdun, 25 ans auparavant, et qu’il garda en conduisant ensuite l’armée française à la victoire ne saurait être contestée ni méconnue par la patrie ».

Tombe fleurie de De Gaulle à Mitterrand

De Gaulle a d’ailleurs fait fleurir la tombe du maréchal sur l’île d’Yeu en 1968, pour le cinquantenaire de la Première Guerre mondiale. Après lui, Georges Pompidou en fera de même en 1973 et Valéry Giscard d’Estaing en 1978. François Mitterrand fera fleurir la tombe de Pétain régulièrement pendant sept ans, avant de céder face aux protestations en 1992.

« La gloire de Verdun, la gloire payée par beaucoup de sang et de drames, ne peut pas être oubliée […] et d’autre part la honte de 1942 ne peut pas l’être davantage », affirmait François Mitterrand dans une interview sur Radio J en novembre 1992. « Nous sommes là devant un cas typique des contradictions de l’Histoire. »

Jacques Chirac assure, quant à lui, dans un discours le 25 juin 2006 que le maréchal Pétain « restera comme le vainqueur de Verdun ». « Hélas ! En juin 1940, le même homme, parvenu à l’hiver de sa vie, couvrira de sa gloire le choix funeste de l’armistice, et le déshonneur de la collaboration. » Pour autant, il ne fera jamais fleurir sa tombe.

« L’Histoire n’isole pas une étape »

Après lui, Nicolas Sarkozy se garde bien de s’étendre sur le sujet lors de sa présidence. Il évoque simplement, dans un discours en 2011, « un vieux maréchal qui s’était couvert de gloire à Verdun et qui allait se couvrir de honte à Vichy ».

En 2016, François Hollande ne l’évoquera même pas lors de son discours pour le centenaire de la bataille de Verdun. La polémique déclenchée par Emmanuel Macron l’a fait sortir de son silence sur Twitter, où il a affirmé que « l’Histoire n’isole pas une étape, même glorieuse d’un parcours militaire. Elle juge l’immense et indigne responsabilité d’un maréchal qui a délibérément couvert de son nom et de son prestige la trahison, la collaboration et la déportation de milliers de Juifs de France. »


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