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Sur Pétain, « notre mémoire collective rejoint aujourd’hui le verdict de 1945 »

Un portrait du général Philippe Pétain publié par le journal « L’Illustration », le 4 août 1917.

Comme la polémique de ces derniers jours l’a montré, l’ombre du maréchal Pétain et de ce qu’il incarne n’a cessé de peser sur la mémoire historique des Français, imposant aux responsables politiques de prendre position à l’égard de son héritage. Dans cet entretien, l’historien Laurent Joly, qui vient de publier L’Etat contre les juifs. Vichy, les nazis et la persécution antisémite (Grasset, 368 p., 20,90 euros), revient sur l’édification et la déconstruction de cette figure historique dans l’imaginaire national.

Le président Macron a fait référence à la figure du Pétain « grand soldat », comment s’est-elle intégrée dans l’imaginaire français après la première guerre mondiale ?

Laurent Joly : Philippe Pétain est devenu un héros national à 60 ans [en 1916]. Ce n’était pas le général le plus brillant, ni le plus en cour (les réserves du généralissime Joseph Joffre à son égard sont bien connues). Mais c’est lui qui est à la tête des troupes françaises à Verdun en 1916. On tient. La presse fait l’éloge du grand soldat. Son célèbre ordre du jour, « courage, on les aura », son attention à la vie quotidienne des poilus, Verdun sauvé, tout cela a rendu le général Pétain immensément populaire. En novembre 1918, il est élevé à la dignité de maréchal de France.

Qui est le Pétain de l’entre-deux-guerres ? Et qu’incarne-t-il en 1940 ? Quels sont les espoirs qui sont fondés en lui par une partie de la population française ?

Après la guerre, Pétain est un héros qui hésite entre sa tranquillité et la chose publique. Général en chef de l’armée française dans les années 1920, reçu à l’Académie française en 1931, il est ministre dans le gouvernement de Gaston Doumergue, en 1934. A près de 80 ans, il est le dernier grand chef militaire de la Grande Guerre : Ferdinand Foch et Joseph Joffre sont décédés, le premier en 1929 et le second en 1931.

A…


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