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VIDEO. Malmené dans le Nord, Macron se dit “heureux” de son périple mémoriel

“Je suis très heureux de cette itinérance parce que je suis dans le pays”, a répondu le chef de l’Etat, interrogé sur les nombreuses interpellations auxquelles il a dû faire face.

Emmanuel Macron a poursuivi, jeudi 8 novembre, dans le Nord et le Pas-de-Calais, son périple sur les traces de la Grande Guerre, émaillé de contacts avec la population virant parfois à l’invective. Au cinquième jour de son “itinérance mémorielle”, le chef de l’Etat a dû également à nouveau s’expliquer sur la controverse suscitée par ses propos de la veille sur le maréchal Pétain, assurant qu’il n’avait “jamais été question d’une célébration individuelle” du chef militaire de 14-18 devenu le chef du régime collaborationniste de Vichy.

“Il faut reconnaître la vérité de l’histoire, mais rester dans notre devoir de mémoire et rester aux conséquences de l’indignité qui a été reconnue” à Pétain en 1945, a-t-il expliqué en marge de la visite d’une usine Renault à Maubeuge, dénonçant la “boîte à folie” des “polémiques inutiles”. Après de nombreux responsables politiques et le Crif dès mercredi, le Grand Orient de France, principale obédience maçonnique française, a qualifié jeudi d’“inacceptable” tout hommage rendu au maréchal Pétain.

Depuis le début de la semaine, le président fait le grand écart entre les sujets mémoriels et les dossiers d’actualité, comme la hausse des prix du carburant. La visite à l’usine Renault, qui emploie 2 200 personnes, n’a pas dérogé à cette règle. Emmanuel Macron a été accueilli par le PDG de Renault, Carlos Ghosn, qui lui a présenté les investissements du groupe, dont celui d’un milliard d’euros dans les véhicules électriques sur cinq ans, annoncé en juin. En outre, le patron a annoncé pour le seul site de Renault Maubeuge, très gros employeur de la région, 450 millions d’euros d’investissement ainsi que 200 embauches en CDI en 2019.

S’adressant au personnel de l’usine, le chef de l’Etat a été pris à partie par un syndicaliste de SUD. “Monsieur Macron, vous n’êtes pas le bienvenu ici”, lui a crié Samuel Beauvois. “On est là tous ensemble pour réussir”, a répliqué le président. “On réussit sans vous“, a rétorqué le syndicaliste, sifflé par nombre de ses collègues, qui ont applaudi le président. “Je veux expliquer pourquoi je suis là, cet engagement…” “C’est pas grâce à vous”, l’a coupé son interlocuteur. “Là vous êtes ridicule, pardon de vous le dire”, s’est énervé le chef de l’Etat.

Confronté chaque jour à des expressions de colère, contre le faible montant des retraites ou la cherté des carburants, à une semaine d’un appel à bloquer les routes le 17 novembre, Emmanuel Macron a également parlé du “bonheur” que lui procure ce périple. “Je n’ai jamais pensé que c’était facile, a-t-il expliqué. J’ai été élu en me faisant secouer et ça continuera jusqu’au bout, parce que notre pays ne peut pas, depuis trente ans, être dans le chômage de masse, et considérer que ça va bien. Je suis très heureux de cette itinérance parce que je suis dans le pays (…). Je capte plein de choses, de messages, d’enseignements, je vois ce qui fonctionne, ce qui n’est pas compris, ce qui ne va pas assez vite dans ce qui est décidé.” 


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