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11 Novembre : les temps forts des commémorations

Paris est placé sous haute sécurité dimanche. Près de 70 chefs d’État et de gouvernement, dont les présidents américain et russe, ont célébré dimanche au pied l’Arc de Triomphe à Paris le centenaire de l’Armistice. Emmanuel Macron les a exhortés « au combat pour la paix » en refusant « le repli, la violence et la domination ». Ce matin, le président français a accueilli sur le tapis rouge, avec son épouse Brigitte, ses homologues dans la cour d’honneur de l’Élysée, avant de prendre le chemin de la place de la place de l’Étoile.

Emmanuel, brigitte, macron, réception © JACQUES DEMARTHON / AFP

Emmanuel, brigitte, macron, réception © JACQUES DEMARTHON / AFP

Emmanuel Macron et sa femme ont reçu tous les chefs d’État étrangers. 

© JACQUES DEMARTHON / AFP

Les premiers à arriver ont été les Premiers ministres suédois, irlandais, norvégien et algérien avant l’arrivée attendue de l’Allemande Angela Merkel et du Canadien Justin Trudeau.

patrouille, france, centenaire © LUDOVIC MARIN / AFP

patrouille, france, centenaire © LUDOVIC MARIN / AFP

La Patrouille de France a survolé le cortège.

© LUDOVIC MARIN / AFP

Ensuite, tous sont partis vers l’emblématique Arc de Triomphe, en haut de la célèbre avenue des Champs-Élysées, sous lequel gît le Soldat inconnu et brûle perpétuellement sa flamme du souvenir. Il rappelle l’ampleur d’un conflit aux 18 millions de morts. Encadrant Emmanuel Macron, Justin Trudeau, Angela Merkel ou encore Mohammed VI ont pris place sous un abri au pied de l’Arc de Triomphe, survolés par des avions de la Patrouille de France laissant un panache bleu-blanc-rouge. Donald Trump et Vladimir Poutine sont, eux, arrivés peu après, séparés du groupe de dignitaires qui avait remonté une partie des Champs-Élysées dans des cars.

Trump, Femen, centenaire © SAUL LOEB / AFP

Trump, Femen, centenaire © SAUL LOEB / AFP

Trois militantes Femen ont réussi à forcer temporairement le cordon de sécurité. 

© SAUL LOEB / AFP

Le président américain Donald Trump, qui n’était pas attendu à l’Élysée, s’est rendu directement à l’Arc de Triomphe. Trois militantes Femen, seins nus sur lesquels était écrit « Hypocrisie », ont forcé le dispositif de sécurité au passage du cortège officiel des commémorations du 11 Novembre à Paris, au moment où la voiture du président américain Donald Trump descendait les Champs-Élysées, avant d’être interpellées.

Lire aussi 11 Novembre : trois militantes Femen déjouent la sécurité

trump, trudeau, macron, centenaire © BENOIT TESSIER / AFP

trump, trudeau, macron, centenaire © BENOIT TESSIER / AFP

Donald Trump n’a pas serré la main de Justin Trudeau.

© BENOIT TESSIER / AFP

En arrivant, le président Trump, arborant un bleuet de France, symbole français de la mémoire des anciens combattants, a salué son homologue Emmanuel Macron, la chancelière Angela Merkel et le roi du Maroc Mohamed VI. Le chef de la Maison-Blanche a cessé de serrer des mains à la tribune officielle juste avant d’arriver à hauteur du Premier ministre canadien Justin Trudeau. Les deux leaders nord-américains ont eu des échanges houleux lors du dernier sommet du G7 en juin au Canada.

centenaire, macron, poutine © FRANCOIS MORI / AFP

centenaire, macron, poutine © FRANCOIS MORI / AFP

Vladimir Poutine est arrivé le dernier à la cérémonie. 

© FRANCOIS MORI / AFP

Le président russe Vladimir Poutine est arrivé le dernier à la cérémonie. Il a salué ses homologues français, américain, leurs épouses, ainsi que la chancelière allemande.

« Le patriotisme est l’exact contraire du nationalisme », a déclaré Emmanuel Macron

Emmanuel Macron a entamé la cérémonie militaire autour de l’Arc de Triomphe avant de rejoindre une nouvelle fois les dignitaires pour la suite de la commémoration. Peu avant, les cloches des églises avaient sonné un peu partout en France. Le célèbre violoncelliste Yo-Yo Ma a interprété la Sarabande de la Suite n° 5 pour violoncelle en do mineur de Jean-Sébastien Bach, et des lycéens ont ensuite lu des témoignages de 1918. La chanteuse béninoise Angélique Kidjo a ensuite chanté en hommage aux troupes coloniales.

macron, discours, centenaire © LUDOVIC MARIN / AFP

macron, discours, centenaire © LUDOVIC MARIN / AFP

Emmanuel Macron a invité à utiliser les leçons du passé face aux problèmes modernes. 

© LUDOVIC MARIN / AFP

Le président français a prononcé un discours, conjuguant mémoire de la Grande Guerre et affres contemporaines. « Additionnons nos espoirs au lieu d’opposer nos peurs ! » a-t-il lancé aux 72 leaders mondiaux, les exhortant au « combat pour la paix » en refusant « le repli, la violence et la domination », plaidant une fois encore pour une approche multilatérale de la gouvernance mondiale à l’heure où de plus en plus de pays semblent enclins à lui tourner le dos, au premier rang desquels, les États-Unis, première puissance du monde. « Ensemble, nous pouvons conjurer ces menaces que sont le spectre du réchauffement climatique et de la dégradation de notre nature, la pauvreté, la faim, la maladie, les inégalités, l’ignorance », a-t-il espéré.

Il a aussi critiqué le nationalisme, dont s’est revendiqué plusieurs fois ces dernières semaines Donald Trump, qui écoutait le président français. « Le patriotisme est l’exact contraire du nationalisme. Le nationalisme en est sa trahison », a dit le président français. Après son discours, Emmanuel Macron a ravivé la flamme du Soldat inconnu. Les dignitaires ont bouclé la matinée en convergeant vers le palais présidentiel pour un déjeuner dans les salons donnant sur le parc. Leurs conjoints ont été reçus dans le même temps au château de Versailles.

Déjeuner © Mikhail Metzel/TASS/POOL

Déjeuner © Mikhail Metzel/TASS/POOL

Le déjeuner des dirigeants, dimanche 11 novembre.

© Mikhail Metzel/TASS/POOL

Le Forum de la paix sans Donald Trump

Après le déjeuner, certains dirigeants se sont rendus au Forum de Paris sur la paix, point d’orgue pour Emmanuel Macron, après une semaine de commémorations en France. À la grande halle de la Villette, dans l’Est parisien, chefs d’État et de gouvernement, mais aussi représentants d’ONG, entrepreneurs, membres de la société civile ont débattu de la gouvernance mondiale avec, là encore, le message politique clair en faveur du multilatéralisme, ce socle idéologique des relations internationales depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Mais le premier contempteur de ce mode de gouvernance, Donald Trump, a choisi de ne pas assister à ce forum qui durera jusqu’à mardi (sans les chefs d’État). À la place, le président américain s’est rendu au cimetière américain de Suresnes, juste à côté de Paris, pour rendre hommage aux « courageux Américains qui ont donné leur dernier souffle » en combattant pendant la Première Guerre mondiale. Ce cimetière, symbole de l’engagement des États-Unis dans ce conflit, accueille les sépultures de 1 541 soldats américains tombés au cours de la Première Guerre mondiale.

Donald Trump © SAUL LOEB

Donald Trump © SAUL LOEB

Le président américain a rendu hommage à ses compatriotes tombés au front à Suresnes (Hauts-de-Seine).

© SAUL LOEB

Arrivé vendredi soir, le président américain s’était entretenu samedi matin en tête à tête avec Emmanuel Macron, notamment pour aplanir une divergence sur la défense européenne. Samedi après-midi, il avait annulé un déplacement au cimetière américain du bois Belleau en raison du mauvais temps qui clouait son hélicoptère au sol, s’attirant des critiques comme celle d’un ancien conseiller de Barack Obama.

Ailleurs dans le monde, des cérémonies ont eu lieu en Nouvelle-Zélande, en Australie, en Inde ou en Grande-Bretagne. Une foule impressionnante a notamment assisté à New Delhi à une cérémonie très solennelle, et plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à Whitehall, cœur du pouvoir à Londres, pour assister à la cérémonie du Remembrance Sunday, portant sur leurs vestes ou manteaux un coquelicot (pin’s ou en papier), symbole des soldats tombés au champ d’honneur.

Lire aussi Trump-Macron : rencontre tendue malgré un ton conciliant

Les leaders à la tribune

angela merkel, paris, macron © KAY NIETFELD / AFP

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Angela Merkel défend le “projet de paix européen”. 

© KAY NIETFELD / AFP

Hormis Emmanuel Macron, plusieurs de plus fervents défenseurs du Forum de paris sur la paix – Angela Merkel, Justin Trudeau, Antonio Guterres – se sont succédé devant une assistance globalement acquise. La chancelière allemande Angela Merkel a estimé que le « projet européen de paix », né après 1945, était menacé par la montée du nationalisme et du populisme. « Nous voyons bien que la coopération internationale, un équilibre pacifique entre les intérêts des uns et des autres, et même le projet européen de paix sont de nouveau remis en question. » « La paix que nous avons aujourd’hui, qui nous paraît parfois par trop évidente, cette paix est loin d’être une évidence et il faut que nous nous battions pour elle », a-t-elle souligné, mettant en garde contre « un nationalisme à œillères » et s’inquiétant « qu’on recommence à agir comme si l’on pouvait purement et simplement ignorer nos relations et nos engagements réciproques ».

Antonio Guterres, paix, paris © YURI KADOBNOV / AFP

Antonio Guterres, paix, paris © YURI KADOBNOV / AFP

Antonio Guterres a agité le spectre de 1930. 

© YURI KADOBNOV / AFP

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a mis en garde dimanche à Paris contre un « engrenage » géopolitique semblable à celui qui mena à la Première Guerre mondiale et à celui des années 1930. « Bien des éléments aujourd’hui me semblent emprunter et au début du XXe siècle, et aux années 1930, laissant craindre un engrenage invisible. »

« Nous sommes fragilisés par les retours des passions tristes, le nationalisme, le racisme, l’antisémitisme, l’extrémisme, qui remettent en cause cet horizon que nos peuples attendent », a prévenu Emmanuel Macron. Dans la foule des Champs-Élysées, le Néo-Zélandais Nevan Lancaster ne dit pas autre chose : « Nous entrons dans un futur plus incertain. Je ne pense pas qu’après 70 ans de paix, nous en aurons 70 de plus. »


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