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Normandie : 500 Gilets jaunes manifestent dans un bourg de 2 000 habitants

Au cœur du Cotentin, La-Haye-du-Puits ne compte que 2 000 habitants, mais n’a rien d’un village qui meurt : les deux supermarchés n’ont pas réduit le nombre de boutiques, aux façades colorées. La maison de santé compte six médecins, un kiné et une diététicienne. Cinq banques se disputent les clients.

En dépit de cette prospérité apparente, une manifestation des Gilets jaunes a rassemblé 500 personnes ce 24 novembre devant la permanence du député Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture jusqu’en septembre. Devant la préfecture de Caen (250 000 habitants), ils étaient le même jour tout juste 1 500.

À La-Haye-du-Puits, les Gilets jaunes ont formé un cortège funèbre, avec chrysanthèmes et cercueil sur une remorque agricole. Ils portaient en terre « Père l’espoir 2018 ».

Certes, les manifestants sont venus de toute la circonscription, qui s’étire des portes de Granville à la centrale nucléaire de Flamanville. Mais La Haye-du-Puits n’avait jamais connu un rassemblement de cette ampleur. Même le projet, rapidement abandonné, d’éoliennes dans les environs n’avait pas autant mobilisé.

« Il faut entendre cette colère »

Durant la semaine, les Gilets jaunes ont, sans discontinuer, tenu des barrages filtrants sur deux axes différents. Sur place, des salariés et des artisans ; des agriculteurs solidaires ont même amené un hangar pour abriter les manifestants.

En première ligne Stéphane Travert. « Je suis mis en cause sur les réseaux sociaux, mais je discute sans problème avec les habitants », explique-t-il. L’ancien ministre habite dans un village voisin et même lorsqu’il était en fonction allait lui-même acheter son pain à la boulangerie. « Il faut attendre que notre politique donne des résultats », commente-t-il. Avant de reconnaître que « même ceux qui travaillent dans les nombreuses industries agroalimentaires locales ont du mal à s’en tirer. Il faut entendre cette colère ».

Maire délégué de La Haye-du-Puits, Alain Aubert, 67 ans, architecte retraité, a reçu, avec d’autres collègues maires, une délégation de Gilets jaunes : « Leurs revendications étaient un peu décousues, mais il en ressort un sentiment de malaise général dans la campagne. » Travailleurs pauvres, familles monoparentales, retraités modestes : les statistiques montrent une baisse des revenus dans le département de La Manche. « La hausse du prix du carburant n’est que l’étincelle », indique Alain Aubert. Qui prédit que «  les Gilets jaunes vont s’accrocher  ».


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