Publicités

Meurthe-et-Moselle : une boulangerie ouverte depuis 47 ans risque de fermer, faute de repreneur

C’est souvent comme cela : une histoire familiale ! C’est ce qui s’est passé dans ce village aux portes du Xaintois en Meurthe-et-Moselle. Durant 30 ans, la famille Trutt a proposé ses services de boulangerie à tous les habitants de ce village, mais aussi des environs. Puis ce fut au tour de la fille de cette famille, Sonia, et de son mari Raphaël. Le nom sur la devanture avait changé, mais la population de cette petite commune continuait à voir les mêmes visages.

Cette aventure pourrait bien se poursuivre, à condition qu’un autre boulanger soit intéressé pour reprendre derrière Sonia et Raphaël. Avec de l’ordre de 150.000 euros de chiffre d’affaire en boutique, auquel il faut ajouter environ 50.000 euros pour les restaurants et la cantine scolaire de Pulligny, l’affaire est rentable pour un couple d’exploitants.
 

Une activité performante

Certes, ce n’est plus le même volume que ce que l’établissement pouvait effectuer il y a encore 6 ou 7 ans : la concurrence des boulangeries industrielles “fait plus de dégâts” que dans le passé…mais l’activité reste performante pour 2 personnes qui viendraient à exercer. 

Et la valeur du bien n’a plus rien à voir non plus avec ce qui se pratiquait alors. La vente du fonds se limite à la valeur du matériel (pouvant être vendu à d’autres professionnels si aucun acquéreur n’est trouvé).

Quelqu’un qui serait intéressé pour poursuivre l’aventure, pourrait le faire pour un peu plus de 70.000 euros. Pas si cher. Et rentable au vu de la clientèle existante. La St Nicolas approche à grands pas. / © Bruno Demange - France 3 Lorraine

La St Nicolas approche à grands pas. / © Bruno Demange - France 3 Lorraine

La St Nicolas approche à grands pas. / © Bruno Demange – France 3 Lorraine
Pour autant, les repreneurs sérieux ne se sont pas bousculés depuis que les propriétaires se sont décidés à “passer la main”. Pour l’essentiel, deux personnes :

  • l’une a finalement préféré choisir un fonds de commerce dans Nancy
  • l’autre est allé jusqu’au montage d’un dossier auprès d’une banque, mais l’organisme chargé de cautionner le financement n’a pas donné son accord.

Un autre souci est que cette boulangerie n’est pas la seule à être mise en vente dans le secteur ! Qui se sent donc prêt, parmi les diplômés dans les métiers de la boulangerie, pour devenir chefs d’entreprise et s’offrir une affaire saine ? Visiblement personne !

Sonia et Raphaël se rendent à l’évidence : il est fort possible qu’ils ne trouvent personne, et se retrouvent contrains de “tirer le rideau”. Ils ont donc décidé d’informer leurs clients.

Avec cet avis posté en vitrine. “Après des années passées à Pulligny, nous avons décidé de nous tourner vers d’autres projets professionnels. Faute de repreneur, nous cesserons notre activité à compter du 26 décembre 2018“. 
  L'affichette posée sur le comptoir de la boulangerie de Pulligny. / © Bruno Demange - France 3 Lorraine

L'affichette posée sur le comptoir de la boulangerie de Pulligny. / © Bruno Demange - France 3 Lorraine

L’affichette posée sur le comptoir de la boulangerie de Pulligny. / © Bruno Demange – France 3 Lorraine
Dans le village, c’est une forme de désillusion ! Nombreux sont les habitants à se montrer très tristes. C’est le cas de Bernadette, Christian, Marie-Thérèse, Florence, Rémi. Pour beaucoup d’entre eux, les liens avec ce couple de boulangers sont devenus amicaux. Certes, ils disent comprendre le couple dans leur besoin de “changer de vie”, mais regretteraient beaucoup que Pulligny perde sa boulangerie.
 

Allô la mairie ? 

Beaucoup ont posé la question du côté de la mairie : “que pourrait-elle faire ?”
Réponse du couple de boulangers :

Déjà, le maire nous confie le marché de la cantine scolaire. Ce n’est pas rien ! Ensuite, une élue de la communauté de commune Moselle et Madon nous a contactés : un repreneur pourrait bénéficier d’aides de la collectivité.

Donc, des aides existent. Mais cela n’a guère changé les choses !
Sonia et Raphaël ont donc cherché aussi du côté de la “location gérance” : ils resteraient propriétaires de leur fonds, de leur matériel et ne proposeraient qu’une mise à disposition du site, moyennant une location. Avec cette formule, plus de dossier bancaire à boucler. 

Ils demanderaient juste 1000 euros hors taxes pour le fonds, et le repreneur devrait ajouter de l’ordre de 1000 euros pour les combustibles plus un petit loyer pour les murs.
 

Panne de candidats 

Le plus cocasse dans cette affaire est qu’un professionnel s’est manifesté : un exploitant d’autres boulangeries qui accepterait cette reprise, mais qui aurait juste besoin d’embaucher une salariée pour tenir la boutique. Et c’est là que les ennuis commencent pour lui : il n’a trouvé personne ! A la grande stupéfaction de Raphaël :

Est-il possible qu’il n’existe personne sur le marché du travail (y compris parmi les nombreux demandeurs d’emploi) pour occuper un poste de CDI sans qualification particulière dans un village à 20 km de Nancy ?

Ce serait quand même surréaliste ! Il est vrai qu’il existe de plus en plus de monde qui ne souhaite pas travailler les week-end, jours fériés…mais de là à ne trouver personne ? 

Si cette boulangerie devait fermer pour ce seul motif qu’il s’est révélé impossible de trouver un salarié acceptant un plein temps comprenant du travail les samedi, dimanches et jours fériés, alors il y a quelque chose qui ne va plus !”
 

Cri du coeur

Un “cri du coeur” ! Raphaël n’y croit plus vraiment. Pour preuve, il a déjà mis en vente son matériel dernier cri. Et dans quelques semaines, celui-ci ne sera plus là, si l’affaire ne se décante pas. Bien sûr, la reprise restera possible après son départ, mais sera forcément plus compliquée, puisqu’il manquera des équipements pour assurer l’activité.

Le compte à rebours est donc lancé. Y aura-t-il un “père Noël” de dernière minute, permettant la poursuite de l’activité ? Cette offre suscitera t-elle des vocations ? Ou celle-ci est elle vouée à disparaître à Pulligny ?  

Réponse au plus tard le 25 décembre ! De beaux "St Nicolas" en chocolat, sur un plan de travail dernier cri / © Bruno Demange (France 3 Lorraine)

De beaux "St Nicolas" en chocolat, sur un plan de travail dernier cri / © Bruno Demange (France 3 Lorraine)

De beaux “St Nicolas” en chocolat, sur un plan de travail dernier cri / © Bruno Demange (France 3 Lorraine)
 
 
Continuer à lire sur le site France Info

Publicités
Publicités
%d blogueurs aiment cette page :