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Tentative d’agression de journalistes : appel au boycott de la couverture des “gilets jaunes” à Toulouse

Des journalistes ont été pris à partie à Toulouse, lors d’un rassemblement de “gilets jaunes” sur la place du Capitole. Certains médias ont décidé de boycotter la couverture du mouvement en solidarité avec leurs collègues. 

Une partie des médias de la région toulousaine a appelé à boycotter la couverture des actions des “gilets jaunes”, dimanche 25 novembre, au lendemain de la tentative d’agression de journalistes. Au total, cinq journalistes de CNEWS et BFMTV ont porté plainte pour “violences aggravées”, “menaces de mort”, “tentative d’agression en réunion”, samedi et dimanche.

Ils expliquent avoir reçu des coups de pied, des crachats, une bouteille d’eau en plein visage et avoir été poursuivis dans les rues toulousaines, lors d’une manifestation des gilets jaunes place du Capitole. “Il y avait environ entre 50 et 100 personnes qui ont commencé à s’en prendre à nous, les reporters”, mentionne l’une des deux nouvelles plaintes déposées dimanche. “Les manifestants criaient ‘BFM collabo, les journalistes, on va vous faire la peau'”, est-il écrit sur le procès-verbal de police.

>> “Ils avaient la bave aux lèvres” : un journaliste de BFMTV visé par des “gilets jaunes” à Toulouse raconte son agression

En outre, un reporter de CNEWS qui avait porté plainte samedi s’est à nouveau rendu au commissariat dimanche pour une déposition concernant des tentatives d’intimidation sur les réseaux sociaux, où des personnes se réclamant des “gilets jaunes” ont proclamé connaître l’adresse du journaliste.

Plusieurs journalistes de la région ont donc décidé de lancer un appel au boycott de la couverture des gilets jaunes, “en solidarité avec (les) collègues toulousains agressés”. L’appel a été relayé par le Club de la presse Occitanie, qui “condamne les agressions” et s’inquiète des “actes de violences qui s’amplifient”. Il est suivi plusieurs rédactions régionales, à commencer par BFMTV et CNEWS, mais aussi M6 et Via Occitanie.

“Nous faisons bien-sûr la différence entre les manifestants pacifistes et les agresseurs”, a tweeté la direction de CNEWS, qui dit son “soutien” aux journalistes “agressés, harcelés”. “Ces comportements sont intolérables”, avait déjà réagi la veille celle de BFMTV.

Le boycott n’est cependant pas unanimement suivi. France 3 Occitanie a dit privilégier d’autres solutions : “On a prévu un reportage de réaction des gilets jaunes sur ce qui s’est passé hier (samedi), ainsi qu’un plateau pour exprimer notre solidarité et rappeler que lorsqu’on commence à agresser des journalistes dont le seul tort est de faire leur métier, cela pose quand même des questions sur la vision qu’on a de la démocratie”, explique son rédacteur en chef Léo Lamberton.

“Je déplore complètement ce qui a pu arriver aux copains mais je pense pas que la bonne réponse soit de fermer la porte, au contraire”, a expliqué à l’AFP un reporter radio pour lequel “ne pas couvrir ce conflit social ne ferait que conforter les quelques dizaines de fascistes au milieu de cet océan de sincérité”.

Dans un courriel envoyé dimanche matin aux “gilets jaunes” en Haute-Garonne, Yves Garrec, un des responsables du mouvement, a affiché son “soutien à tous les reporters agressés” et appelé à respecter les journalistes, “majoritairement intègres”, au nom de la démocratie. Deux journalistes du quotidien régional Midi Libre ont aussi déposé plainte samedi à Béziers (Hérault) pour dégradation de l’agence locale et des coups portés par des “gilets jaunes” sur l’un d’eux.


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