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Avec le mouvement des “gilets jaunes”, les agriculteurs de La Réunion sont à l’arrêt

Les conséquences économiques se font sentir après huit jours de blocage sur l’île, notamment pour les agriculteurs.

“Vous entendez ? Elles ont faim”, se lamente Floris Carpaye. Il est éleveur à la ravine des Cafres, sur les hauteurs de Saint-Pierre, à La Réunion. Depuis quelques jours, la centaine de vaches à viande de son exploitation est au régime sec. “On n’a plus de produits pour entretenir cet élevage. Ça fait une semaine que c’est comme ça. Et le gros problème, c’est que les silos sont presque vides“, explique l’exploitant, dimanche 25 novembre.

Les barrages dressés un peu partout sur l’île par les gilets jaunes ralentissent les approvisionnements en essence des stations, ce qui entraîne des files d’attente. “Il n’y a plus de fioul pour faire tourner les tracteurs, ils sont vraiment à zéro, poursuit-il. On alimente les stations-service peu à peu, mais avec la queue qu’il y a, on ne peut pas ! Là, c’est un moment critique.”

Il y a des agriculteurs qui à deux heures du matin sont déjà partis [au travail] pour rentrer chez eux avant que les barrages se mettent en place. On est obligés de travailler quasiment la nuit.Floris Carpaye, éleveur à Saint-Pierre

C’est en réalité toute la chaîne de production du vivant qui est bloquée sur l’île. “De l’abattoir aux grandes surfaces, des carcasses d’animaux ne sortent pas, détaille Johny Apaya, le directeur de la FDSEA à La Réunion, le syndicat des exploitants agricoles. Ça veut dire que les agriculteurs ne peuvent pas livrer les animaux. On a le même problème concernant le maraîchage, donc les fruits et légumes. Ils ne sortent pas non plus. Il n’y a plus de marché de proximité. C’est très très difficile pour tout le monde.” 

Les producteurs de lait sont eux aussi handicapé par les blocages, au point de devoir jeter une partie de leur production. “Il n’y a pas d’écoulement, ce qui veut dire qu’il n’y a pas de collecte de lait, ajoute Johny Apaya. Les agriculteurs ont jeté plusieurs dizaines de milliers de litres depuis le début du conflit.” 

Cette crise a déjà coûté au bas mot deux millions d’euros, selon la FDSEA. “Qui prendra en charge cette perte-là ?”, interroge Johny Apaya. Les 6 500 agriculteurs de La Réunion, déjà lourdement touchés par le passage de trois cyclones en début d’année, vont demander une aide financière à Annick Girardin, la ministre des Outre-Mer qui doit venir sur l’île en milieu de semaine.


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