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InSight : comment suivre son atterrissage sur Mars en direct ?

Ce soir, à 20 h 47, le robot InSight va plonger dans l’atmosphère de Mars. Un moment qualifié de « sept minutes de terreur » car dans ce laps de temps cette station géophysique doit passer de 20.000 à 8 km/h ! C’est la première fois depuis six ans que la Nasa pose une mission sur la Planète rouge.

C’est le jour J ! Dans quelques heures, à 20 h 47 heure de Paris, le robot InSight va plonger dans l’atmosphère ténue de Mars pour se poser en douceur comme prévu, quelques minutes plus tard, dans la plaine volcanique d’Elysium située près de l’équateur.

Mais InSight, qui a parcouru environ 485 millions de kilomètres depuis la Terre à quelque 20.000 km/h, doit absolument ralentir pour ne pas s’écraser. C’est un moment très redouté où le robot doit enchaîner en moins de sept minutes des commandes préprogrammées ; les ingénieurs de la mission se préparent donc à revivre « sept minutes de terreur » comme il y a six ans quand Curiosity est arrivé sur Mars. Tout s’était alors bien déroulé mais l’équipe sait aussi combien il est difficile d’atterrir sur Mars. ExoMars 2016, la dernière mission à avoir tenté un atterrissage a malheureusement essuyé un échec voici deux ans. En somme, le dernier robot à s’être posé avec succès sur Mars demeure Curiosity.

InSight sera la première mission à « écouter battre le cœur de Mars ». En effet, la surface de la Planète rouge commence à être bien connue au contraire de ses entrailles. Les planétologues sont donc très impatients de découvrir ce que la planète cache dans ses profondeurs grâce à cette station géophysique lancée de la Terre. Pour cela, l’atterrisseur va déployer une batterie d’instruments dont le sismométre Seis, conçu par le Cnes, est le plus important.

Rendez-vous à 20 h 47 pour suivre l’atterrissage d’InSight en direct

Le 26 novembre, il sera possible de suivre en live sur Internet l’arrivée sur Mars d’InSight :

Autrement, si vous habitez près de Toulouse ou de Paris, vous pouvez vous rendre respectivement à la Cité de l’espace, à partir de 17 h 30, ou à la Cité des sciences et de l’industrie, à partir de 17 h, pour suivre cet évènement en compagnie de chercheurs : toutes les informations ici. Si vous ne pouvez pas être sur place, vous pouvez suivre aussi l’atterrissage en vous rendant sur la page Youtube du Cnes.

Bonne chance à toute l’équipe de Mars InSight, première mission de la Nasa à se poser sur Mars depuis six ans.

Pour en savoir plus la mission InSight :

Ce qu’il faut retenir

  • Pour atterrir sur Mars, ce sont bien sept minutes de terreur qui attendent chaque sonde qui veut s’y poser.
  • Il s’agit de passer en seulement sept minutes de 20.000 kilomètres par heure à zéro.
  • Chaque sonde a environ 125 kilomètres pour réaliser son freinage et se poser en douceur à l’endroit prévu.
  • InSight est la première mission conçue pour étudier l’intérieur de la planète Mars.

Pour en savoir plus

Mars InSight : les 7 minutes de terreur qui attendent le robot de la Nasa

Article de Rémy Decourt publié le 22 novembre 2018

Avant de se poser sur le sol martien, le lander InSight va devoir traverser l’atmosphère martienne. Ce sont sept minutes de terreur qui l’attendent. Nos explications avec Aymeric Spiga, chercheur au Laboratoire de météorologie dynamique et spécialiste de l’étude des atmosphères du Système solaire.

À quatre jours de l’atterrissage d’InSight, intéressons-nous à ces sept minutes de terreur qui font tant parler d’elles et plongent les contrôleurs au sol dans un état de stress immense. Le 26 novembre, à 20 h 47 heure française, ces sept minutes vont conduire la sonde du haut de l’atmosphère martienne, à 125 kilomètres d’altitude, jusqu’à la surface.

Pour comprendre Pourquoi il est si difficile d’atterrir sur Mars, il faut savoir que « l’atmosphère de la Planète rouge est cent fois moins dense que celle de la Terre », nous explique Aymeric Spiga, chercheur au Laboratoire de météorologie dynamique et spécialiste de l’étude des atmosphères du Système solaire. Elle a donc peu de masse atmosphérique pour freiner une sonde, par frottement, qui entre pour atterrir sur la planète. Or, cette entrée se fait à plus de cinq kilomètres par seconde, soit près de 20.000 kilomètres par heure. Cela signifie passer d’une vitesse de 20.000 kilomètres par heure à zéro en moins de sept minutes ! D’où cette fameuse expression de sept minutes de terreur, qui n’est pas usurpée, prononcée pour la première fois par l’équipe du rover Curiosity en 2012.

Et la tâche est si « difficile que seule une mission sur deux – toutes agences spatiales confondues – a réussi à poser avec succès un robot sur Mars », nous rappelle Francis Rocard. L’échec de l’atterrisseur Schiaparelli en 2016, (1er essai européen en la matière), « souligne toute la difficulté de cette phase ». À l’heure actuelle, seuls les Américains ont réalisé des atterrissages réussis sur Mars.

Sur Mars, on atterrit toujours en dessous du niveau zéro

Pour réaliser un atterrissage en douceur mais aussi avec la précision requise, le point « d’entrée dans l’atmosphère martienne n’est évidemment pas choisi au hasard », souligne Aymeric Spiga. Il est calculé pour optimiser le freinage de la sonde et l’utilisation de son parachute, forcément très grand (12 mètres de diamètre). La deuxième contrainte à tenir compte concerne le site d’atterrissage. Il doit se trouver « suffisamment bas en altitude pour donner assez de temps à la sonde de freiner ». Typiquement, par rapport au niveau moyen 0 de la topographie martienne, « chaque site d’atterrissage se situe en dessous de ce niveau, à – 2 kilomètres ». 

InSight se posera évidemment sous ce niveau zéro à – 2,5 kilomètres d’altitude, sur un site dans la plaine d’Elysium.

Pour se poser sur Mars, il « utilisera le même système d’atterrissage que celui de Phoenix », un lander qui s’est posé sur Mars avec succès en 2008. Seule différence, le lander Phoenix s’est posé plus « profondément, à – 4 kilomètres en dessous du niveau 0 ». Avec moins d’atmosphère pour freiner InSight, la Nasa a adapté la phase d’entrée, de descente et d’atterrissage de la sonde. Le parachute fait la même taille que celui de Phoenix, mais les ingénieurs du JPL à la Nasa l’ont simplement renforcé et ont légèrement adapté le timing de cette phase.

À noter

L’utilisation de rétrofusées ou d’airbags est bien adaptée pour poser des charges de quelques centaines de kilogrammes. Par contre, quand il a fallu poser les 900 kilogrammes de Curiosity (3 tonnes si l’on tient compte du système d’atterrissage dans son ensemble), la Nasa a été contrainte de trouver un autre système. C’est le fameux skycrane, sorte de grue aéroportée qui a délicatement posé le rover sur la planète.

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