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A quoi va ressembler “l’acte 4”, la nouvelle manifestation des “gilets jaunes” prévue samedi à Paris ?

Le dispositif de sécurité sera renforcé samedi en France, et plus particulièrement à Paris, pour faire face à d’éventuelles violences en marge de la nouvelle journée de mobilisation des “gilets jaunes”, a promis le ministre de l’Intérieur. 

“J’invite les ‘gilets jaunes’ raisonnables à se désolidariser des extrêmes et à ne pas se rassembler à Paris samedi prochain”, a appelé le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, mardi 4 décembre, lors de son audition devant le Sénat.

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Malgré la suspension de plusieurs mesures fiscales, l’appel à “l’acte 4” de la mobilisation des “gilets jaunes”, samedi 8 décembre, est maintenu sur les réseaux sociaux. Franceinfo résume ce que l’on sait de cette nouvelle mobilisation. 

Des appels “à prendre l’Elysée”

Eric Drouet, un des porte-parole du mouvement, influent sur Facebook, appelle à “retourner à Paris” samedi, “près des lieux de pouvoir, les Champs-Elysées, l’Arc de triomphe, Concorde”... “Samedi prochain, c’est fini. Samedi prochain, ce sera l’aboutissement final. Samedi, c’est nous qui aurons la mainmise sur tout ça, c’est nous qui allons décider de ce qui se passera”, explique-t-il dans une vidéo. Ce leader du mouvement a de nouveau tenu ces propos mercredi soir, sur BFMTV, provoquant la colère de Marlène Schiappa, qui a jugé cet appel “inacceptable”.

De son côté, LCI a dénombré pas moins de 25 pages Facebook appelant à la mobilisation, dont des rassemblements place de la Bastille, à Bercy, sur les Champs-Elysées ou encore devant les locaux de France Télévisions. 

       (FRANCEINFO) Lors de son “appel au calme” à l’adresse des “gilets jaunes”, lancé mardi soir devant la commission des lois du Sénat, Christophe Castaner a également demandé à ces derniers de ne pas se rassembler “dans les lieux qui ont fait l’objet de ces tensions que nous avons connues” le week-end dernier, faisant notamment référence à la préfecture du Puy-en-Velay, en partie incendiée par des manifestants. 

L’Elysée craint de son côté “une très grande violence” avec “un noyau dur de plusieurs milliers de personnes” qui viendraient à Paris “pour casser et pour tuer”, a fait savoir la présidence de la République. Au ministère de l’Intérieur, on confie être “préoccupé”. “Les menaces sont prises au sérieux” par la place Beauvau. 

De leur côté, les syndicats ont lancé un appel au calme. Jeudi matin, les dirigeants de la CFDT, de la CGT, de FO, de la CFE-CGC, de la CFTC, de l’Unsa et de la FSU se sont rassemblés pour évoquer la “situation actuelle”. A l’issue de leur réunion, ils ont dénoncé “toute forme de violences dans l’expression de revendications”, tout en jugeant que la colère des “gilets jaunes” est “légitime”. Les organisations syndicales ont aussi appelé “le gouvernement à garantir enfin de réelles négociations”.

Pas de “fan zone” et des renforts policiers

“Si malheureusement il y a un ‘acte 4’, il n’y aura pas de filtrage, pas de fan zone, avec une mobilité avérée des forces mobiles qui pourront complètement exercer leur mission”, même si “la stratégie est encore à définir”, a expliqué sur France Inter Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat Unité SGP Police FO, après la réunion entre le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, et les syndicats de policiers, place Beauvau.

Le 1er décembre, le dispositif de maintien de l’ordre adopté était un périmètre hermétique autour des Champs-Elysées, lesquels étaient accessibles uniquement sur contrôle d’identité et après fouille des sacs. Ce dispositif a fait l’objet de vives critiques en raison des nombreuses violences qui ont émaillé la journée à proximité de cette zone, notamment place de l’Etoile puis dans d’autres quartiers de l’ouest parisien.

Nous proposons que nous allions plus vite au contact des casseurs et des pilleurs pour permettre à ceux qui manifestent pacifiquement de pouvoir porter leurs revendications.Jean-Claude Delage, secrétaire général d’Allianceà l’AFP

“Si l’on vient pour subir comme les deux autres samedis, cela ne sert à rien”, fait valoir Johann Cavallero, du syndicat Alliance. “Il faut qu’on laisse les compagnies de CRS manœuvrer. Jusqu’à présent, on les a cantonné à garder des bâtiments administratifs, comme l’Elysée, l’Assemblée nationale, l’hôtel de ville… On demande que cette mission soit confiée aux militaires”, explique-t-il. Ou “à la garde nationale”, souligne Jean-Marc Bailleul, président du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI). “On a aussi demandé les blindés légers de la gendarmerie pour être plus efficaces par rapport aux barricades”, ajoute-t-il. 

Pour anticiper les positions des casseurs, les policiers utiliseront les remontées du renseignement, les réseaux sociaux et la vidéosurveillance. “C’est inédit car c’est complètement anarchique. On ne sait pas combien de personnes seront mobilisées”, poursuit Jean-Marc Bailleul. Selon nos informations, le préfet de police de Paris convoque une réunion d’information vendredi, à 15 heures. 

Alors que 65 000 membres des forces de l’ordre, dont 5 000 à Paris, avaient été déployés samedi 1er décembre, Édouard Philippe a déclaré jeudi que plus de 89 000 membres des forces de l’ordre seraient mobilisés ce samedi en France, dont 8 000 dans la capitale. Une “douzaine de véhicules blindés” à roues de la gendarmerie (VBRG) seront par ailleurs utilisés à Paris, a ajouté le chef du gouvernement. 

Les groupes extrémistes font l’analyse des informations données dans les médias, donc autant ne pas trop en dire.Philippe Capon, secrétaire général de l’Unsa-Policeà franceinfo

Selon un autre responsable d’un des principaux syndicats de police, le ministre de l’Intérieur leur a indiqué qu’une réflexion était en cours afin d’attribuer des moyens supplémentaires aux forces de l’ordre. Contacté par franceinfo, le syndicaliste refuse d’en dire plus sur le dispositif policier qui sera mis en place samedi. “L’objectif, c’est la surprise. Sinon, les professionnels du désordre public s’adaptent. Mais pour éviter des blessés graves chez nous, il faudra des effectifs supplémentaires.” 

Une demande visiblement entendue : 100% des personnels policiers vont être rappelés pour ce week-end, a appris franceinfo d’une source policière, jeudi. Cela comprend police secours, les brigades territoriales, la BAC ou encore les compagnies de sécurisation et d’intervention.

Des événements annulés ou menacés 

Plusieurs événements prévus samedi ou ce week-end ont été annulés ou ont dû être adaptés. La SPA a ainsi annulé son Noël des animaux prévu samedi place de la République, à Paris. Cinq matchs de Ligue 1 (Nice-Monaco, vendredi, Paris-Montpellier, Angers-Bordeaux et Toulouse-Lyon samedi, et Saint-Etienne-Marseille dimanche) sont reportés. Le Téléthon, qui devait être organisé à partir de vendredi soir sur la place de la Concorde, à Paris, est délocalisé dans les locaux de France Télévisions. “L’annulation d’évènements permet de redéployer les forces policières qui devaient les surveiller ailleurs sur le territoire”, explique une source policière à franceinfo. 

De son côté, la fête des Lumières qui se tient à partir de jeudi à Lyon “prendra place dans des circonstances particulières”, a expliqué le maire, Gérard Collomb, à la presse. Périmètre fermé aux voitures, 38 points d’entrée avec contrôles et palpations pour tous les visiteurs, drone d’observation de l’armée de l’air… “Le dispositif sera à la fois complet, adaptable et évolutif”, promet le préfet du Rhône, Pascal Mailhos. 

>> Matchs de foot, Téléthon, marche pour le climat… Ces événements annulés (ou menacés) par la mobilisation des “gilets jaunes”

Par ailleurs, plus de 60 associations ont appelé à rejoindre la Marche mondiale pour le climat samedi. A travers toute la France, 120 cortèges sont organisés, y compris à Paris. Lundi soir, Christophe Castaner avait invité les initiateurs de la marche à “ne pas [la] maintenir”. “On prend plus de risques à ne pas manifester”, a répondu mercredi Pauline Boyer, du mouvement Alternatiba, lors d’une conférence de presse.

A l’issue d’une réunion en préfecture jeudi à Paris, les organisateurs, parmi lesquels Alternatiba et les Amis de la Terre, ont annoncé une modification du parcours parisien. Initialement prévue entre le Trocadéro et le Champ-de-Mars, la marche partira finalement à 14 heures de la place de la Nation et se terminera par un rassemblement place de la République.


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