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« Durcir » le mouvement ou « rester tranquille » ? A Montceau-les-Mines, le débat anime les « gilets jaunes »

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Sur le camp de base des « gilets jaunes »,  au niveau de l’échangeur de Magny,  à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire),  jeudi 6 décembre.

Sur le camp de base des « gilets jaunes »,  au niveau de l’échangeur de Magny,  à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire),  jeudi 6 décembre. ARNAUD FINISTRE / HANSLUCAS POUR “LE MONDE”

Il y a un peu d’excitation dans leur voix. Un peu d’effroi aussi. Dans la pénombre, près du feu de palettes qui réchauffe leur dos alors que la nuit est tombée sur l’échangeur du Magny, à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), trois jeunes hommes jouent à se faire peur, à deux jours de la quatrième journée de mobilisation des « gilets jaunes » à Paris. « Y aura des snipers ! » dit l’un, cheveux noirs, taille moyenne. « Et j’ai entendu que les CRS vont utiliser leur arme de service. Si tu vas à Paris, en première ligne, tu vas te faire shooter direct ! On est bien dans notre campagne ! », dit le second, grand costaud de 24 ans cherchant à dissuader le troisième. « Si y a un mort par arme, là ça part en guerre civile direct », rétorque celui-ci sur le ton du défi.

Plus petit d’une tête et plus jeune de quatre ans, c’est pourtant lui qui a l’ascendant. Car les samedis 24 novembre et 1er décembre, il y était, lui, à Paris. « On était deux gars duMagny » annonce-t-il fièrement, comme un soldat revenu du front. Après s’être assuré que son témoignage pouvait rester anonyme, il baisse la voix.

« Je suis rentré dans le tas, j’ai cassé plein de magasins !, confie-t-il jubilant, comme saisi par un retour d’adrénaline. Je suis même monté sur l’Arc de triomphe, on peut me voir sur une vidéo avec mon casque ! J’ai suivi le mouvement, quoi. Mais heureusement, j’ai réussi à m’arrêter. J’ai juste cassé hein, rien volé. Et j’ai pas mis le feu à Paris. »

Pour venir manifester dans la capitale, il a emprunté la voiture d’un ami et conduit sans permis. Ses parents, chez qui il vit toujours, ne sont pas au courant. Il leur a dit qu’il partait chez des amis, se changer les idées. Sans diplôme, ça fait un moment qu’il cherche du travail. « Moi je l’ai fait de traverser la rue comme il a dit Macron. J’ai fait tout Montceau pour poser des CV. »

« On voudrait que ça bouge un peu »

Pourquoi aller casser à Paris ? « Pour dire que Macron a franchi les limites. Faut que ça se durcisse ! C’est les casseurs qui l’ont fait bouger. » Le costaud l’annonce : « Moi samedi je reste ici, tranquille. » « Mais si on reste à boire le café, au pays des Bisounours, on n’y arrivera pas ! », soupire le moyen. Le plus petit hésite encore : « T’inquiète, si je reste, va y avoir de l’action. Faut que ça bouge ici. »


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