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Quatre bonnes raisons d’écouter “Jeannine”, le dernier album de Lomepal

Parce que Lomepal est plus sincère que jamais

“Ça y est, j’ai fini par avoir tout ce que je voulais, une raison pour mes cernes et des scènes pour me défouler. J’ai même accepté qu’il n’y a pas d’arrêt comme dans “Snowpiercer”, et qu’il n’y a pas de remède à se sentir seul”. C’est ainsi que débute “Jeannine”, le second album de Lomepal. Cette première salve donne le ton : le succès, le double disque de platine obtenu avec “Flip”, les centaines de milliers de fans sur les réseaux sociaux et les hurlements d’amour à chacun de ses concerts ne l’ont pas guéri d’une forme de dépression.

Il voulait, dit-il, faire un album moins auto-centré. Il n’y est visiblement pas parvenu. Certes, l’ego-trip, cet exercice d’arrogance assumée derrière lequel les rappeurs savent si bien se cacher, est en net retrait (sauf sur l’excellent “La Vérité” en duo avec OrelSan). Mais en réalité Lomepal ne s’est jamais montré aussi personnel et vulnérable que sur “Jeannine”, même lorsqu’il prétend parler de ses proches et de ses amis.

Son premier album se terminait sur le troublant “Sur le sol”, dans lequel Antoine Valentinelli, de son vrai nom, laissait entrevoir les démons de son enfance et en particulier une mère en souffrance qu’il devait “enjamber sur le sol” certains matins avant d’aller à l’école. Ce second album semble reprendre le fil à partir de là et le dérouler encore plus loin.

Parce qu’il revendique la folie de sa famille

Lomepal a dédié cet album à sa grand-mère maternelle schizophrène, “Jeannine”, personnalité forte de son enfance, disparue en 2000, dont on retrouve le regard sur la pochette. Dans trois courts interludes disséminés sur l’album, sa mère raconte quelques-unes des aventures de Jeannine dont la folie est devenue le fil rouge de ce disque.

“Tout le monde est zinzin dans ma famille”, avoue Lomepal dans “Beau la folie”. “Dans ma tête c’est le chaos, venez visiter pour voir, ma grand-mère était folle et elle m’a transmis son pouvoir”, revendique-t-il dans “Ne me ramène pas”, comme s’il s’agissait d’un pouvoir magique. En reprenant le flambeau de sa lignée marquée par les troubles mentaux, il a surtout voulu reprendre l’aspect positif, poétique et libérateur de la folie, celui de l’anticonformisme, celui avec lequel le champ des possibles est grand ouvert. Mais il n’a pas échappé à la dimension destructrice de ce pouvoir magique à double tranchant.

Ainsi, les thématiques de cet album ne sont pas toujours fun : elles tournent autour de la solitude, de l’âge – Antoine Valentinelli a fêté ses 27 ans le 4 décembre -, des relations sentimentales et sexuelles sans issue et de l’envers du succès. Mises bout à bout, ces chansons constituent une formidable plongée sans masque ni tuba à bord de sa psyché, où l’on craint parfois pour son intégrité physique. “J’ai peur de vouloir rejoindre le club des 27 (…) Dis-moi le suicide me sauvera-t-il ?”, demande-t-il sur “Plus de larmes”.

Pour les featurings 5 étoiles

Pour nous rassurer, on peut compter sur l’amitié et les titres avec les potes en featuring. L’échange de punchlines en ping-pong du premier single “1000°” avec Roméo Elvis puis de “La Vérité” avec OrelSan est parfait – Aurélien nous a tiré un fou rire avec “Marre de tes clips en DV nuls à chier, de tes tentatives de tubes ratés, aucun charisme, t’aurais dû te masquer, t’es même pas foutu de plagier”.

L’amitié se retrouve dans le dialogue touchant avec JeanJass sur “X-Men”, un thème couronné par l’enfantin et siphonné “Cinq doigts” avec Katerine. Ce dernier a écrit les paroles en s’inspirant d’un dessin de sa nièce montrant les doigts d’une main : partant de l’idée de potes aussi soudés que les cinq doigts de la main, l’occasion pour Lomepal de saluer sa fidèle équipe de collaborateurs, la métaphore pourrait finir par rejoindre celle de l’humanité toute entière sur cette main qu’est la Terre.

Parce qu’il ose chanter carrément

L’autre grande affaire de ce disque c’est le chant. Sur “Flip”, Lomepal proposait déjà un rap-chant novateur. Il poursuit ici dans cette voie en modulant toujours plus son phrasé, et en chantant beaucoup de refrains avec fluidité sur les instrumentaux à dominante électro de sa fine équipe (Pierrick Devin en co-réalisateur avec Lomepal, les producteurs Stwo, WM The Don, Vladimir Cauchemar, mais aussi Superpoze et Mohave).

Mais il ose cette fois la vraie chanson chantée à la limite de la variété. En particulier “Trop beau”, avec sa mélodie dépouillée au piano à la Satie (composée par lui-même et jouée par Sage), une chanson d’amour plaintive à flanquer les frissons qui fera sans doute battre le coeur de ses jeunes fans féminines. “J’ai passé ma vie invisible comme l’air. Pourquoi vous voulez m’aimer maintenant ?”, demande Lomepal sur le majeur “Evidemment”. Parce qu’en dynamitant courageusement les derniers codes rappologiques, il rappelle que la chanson française a besoin de la sève vitale du rap et doit lui faire une place. Il est plus que temps.

L’album de Lomepal “Jeannine” (Pineale Prod – Grand Music Management) est sorti vendredi 7 décembre

Lomepal est en concert les 20 (complet) et 21 février au Zénith de Paris et en tournée des Zéniths dans toute la France : le 26 janvier à Montpellier, le 29 à Rouen, le 30 à Rennes, le 1er février à Strasbourg, le 2 à Lille, le 5 à Nantes, le 6 à Bordeaux, le 8 à Marseille, les 11 et 12 février à Bruxelles, le 14 février à Lyon, le 15 à Cournon, le 16 à Genève et le 22 à Toulouse.


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