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“Gilets jaunes” : pourquoi autant de personnes ont été interpellées ce matin à Paris et ses alentours

En début d’après-midi, plus de 580 personnes avaient déjà été arrêtées, dont certaines avant même d’atteindre la capitale. 

Le chiffre grossit quasiment tous les quarts d’heure. Plus de 580 personnes avaient déjà été interpellées vers 13 heures, samedi 8 décembre, en marge de “l’acte 4” de la mobilisation des “gilets jaunes” à Paris. Un nombre qui n’avait même pas été atteint samedi dernier. 

Cette journée s’annonçant particulièrement violente, la préfecture de police de Paris a mis en place une stratégie visant à filtrer les individus avant même qu’ils ne gagnent la capitale. Objectif : tenter d’éviter les débordements redoutés.

>> Suivez en direct “l’acte 4” de la mobilisation des “gilets jaunes” samedi à Paris et dans les grandes villes 

“Certaines personnes étaient identifiées et signalées en raison de leurs appels à la violence sur les réseaux sociaux. Elles étaient donc frappées par un interdit préfectoral, prohibant leur accès aux zones de manifestation”, explique une source policière à franceinfo. Une information confimée par Laurent Nunez, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur, sur le plateau du 13 heures de France 2 samedi : “Les services de police judiciaire ont travaillé pour confondre les auteurs d’exaction et de menaces, interpellés tout au long de la semaine et au petit matin”, a-t-il explique. Au total, “29 meneurs, membres de l’ultradroite ou de l’ultragauche ou de la frange radicalisée des gilets jaunes” ont été interpellés, a-t-il précisé. 

Des contrôles ont également été menés, toujours via un arrêté pris par la préfecture ou sur réquisition du procureur de la République, aux péages situés autour de Paris et dans les gares de la capitale, pour procéder à une fouille des sacs et des véhicules et saisir des armes ou des objets. “Plus de 5 000 personnes ont été contrôlées sur les axes et péages”, indique la gendarmerie nationale sur Twitter.

Parmi les saisies effectuées dans des coffres de voiture, on trouve des couteaux, des marteaux, des boules de pétanque, une batte de base-ball ou encore du matériel de protection

“On ne vient pas faire de la pétanque sur les Champs-Elysées”, ironise Philippe Capon, secrétaire général du syndicat Unsa-Police, interrogé par franceinfo. Selon lui, “on est sur un système de quadrillage faisant appel à la mobilité, la réactivité et la possibilité d’intervention des forces de l’ordre”, qui tranche avec le dispositif de samedi dernier, beaucoup “plus statique”.

Des objets saisis par la préfecture de police de Paris, le 8 décembre 2018.Des objets saisis par la préfecture de police de Paris, le 8 décembre 2018. (PREFECTURE DE POLICE DE PARIS)

Des masques à gaz saisis par la préfecture de police de Paris, le 8 décembre 2018.Des masques à gaz saisis par la préfecture de police de Paris, le 8 décembre 2018. (PREFECTURE DE POLICE DE PARIS)

“Les personnes interpellées avec ce matériel ne sont pas forcément placées en garde à vue. Il leur est confisqué”, reprend une source policière interrogée par franceinfo. Sur les 581 personnes interpellées samedi peu avant midi, 423 ont été placées en garde à vue, a annoncé la préfecture. 

Les forces de l’ordre pratiquent aussi la fouille systématique aux abords des lieux de manifestation, et des personnes sont interpellées “sur site”, à Paris, parfois par des policiers en civil. L’un d’entre eux, joint par franceinfo, estime que “pour l’instant, la situation n’à rien à voir avec la semaine dernière. Les barrages filtrant en préambule de cette manifestation ont pour le moment porté leurs fruits. Beaucoup d’individus ont été interpellés avant même d’avoir pu rejoindre les différents cortèges”.

Il fallait interpeller le plus tôt possible pour éviter de laisser le temps aux casseurs de s’organiser et de se rassembler.Un policier en civil à Parisà franceinfo

Pour traiter les gardes à vue, de nombreux officiers de police judiciaire ont aussi été réquisitionnés. Au niveau national, plus de 700 personnes ont été interpellées, région parisienne comprise, a indiqué Laurent Nunez. “Nous sommes prêts, déterminés et il y aura de nombreuses interpellations”, a prévenu le secrétaire d’Etat au ministre de l’Intérieur.  

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