Eurobasket 2022 : la France élimine la Turquie au bout du suspense et se qualifie pour les quarts de finale

« C’est probablement le scénario le plus dingue que j’ai connu. » Les Bleus ont frôlé la correctionnelle et le sélectionneur Vincent Collet l’avouait sans détour après le match. Après avoir arraché de justesse la prolongation, la France a finalement écarté l’obstacle turc (86-87), samedi 10 septembre, à Berlin (Allemagne), en huitièmes de finale de l’Eurobasket. En quarts de finale, elle sera opposée à la Serbie ou à l’Italie, mercredi.

Cinq ans après l’élimination désespérante contre l’Allemagne en huitièmes de finale du dernier championnat d’Europe, les Français ne voulaient pas revivre le même scénario face à un adversaire supposé plus faible. Deuxième de son groupe mais privée de son meneur Shane Larkin, la Turquie a failli jouer un mauvais tour à l’équipe de France. 

Cela s’est joué à une ultime interception de Terry Tarpey III à trois secondes de la fin de la prolongation, et surtout à une claquette-dunk décisive de Rudy Gobert à la fin du temps réglementaire alors que la Turquie avait eu l’occasion de conclure (77-77, 40e). « Je pensais que c’était fini à un moment donné, a admis Rudy Gobert au micro de Canal+ Sport 360. Quand on a eu la prolongation, on savait que ça allait être cinq minutes de combat. »

Le nouveau pivot des Minnesota Timberwolves a joint les actes à la parole en dominant la prolongation pour mener les Bleus à la victoire (5 points et 5 rebonds sur la période, 20 et 17 au total). « On a survécu, on avait vraiment le match en main et on se met en position où on joue mal et on leur donne de la confiance », a regretté Evan Fournier après le succès.

Avec ces paroles, le capitaine des Bleus, particulièrement frustré offensivement (13 points à 5/13, 4 ballons perdus), pensait évidemment à ce troisième quart-temps presque fatal à son équipe. Alors que les Tricolores avaient parfaitement entamé la rencontre (31-15, 14e), grâce à une défense de fer et une domination intérieure, une première alerte en fin de première période aurait pu les mettre en garde (40-35, 20e).

Car la foudre s’est abattue sur la tête des coéquipiers de Thomas Heurtel (13 points, 7 passes décisives et 5 ballons perdus) dans le troisième quart-temps. Huit minutes sans le moindre point et un Bugrahan Tuncer sur un nuage (22 points à 6/10 à trois-points) ont permis à la Turquie d’infliger un terrible 19-0 aux Bleus (de 49-38 à 49-57). « Dans le troisième quart-temps, on est reparti dans nos travers. On n’avait plus de rythme en attaque, on défendait moins dur », a tancé Vincent Collet en conférence de presse. 

Dans ce trou d’air, et même tout au long du match, les Français ont à nouveau multiplié les pertes de balles. « C’est notre éternel péché depuis le début de ce tournoi. Cette faiblesse est vraiment une vulnérabilité difficilement supportable, surtout dans un match couperet, s’est agacé Vincent Collet en conférence de presse. Il faut que ça s’arrête parce qu’il ne peut pas y avoir de suite, quel que soit l’adversaire. Ca vient d’un manque de discipline. »

Celle d’Evan Fournier, le pied en touche à 24 secondes de la fin du temps réglemenaire alors que les Turcs menaient encore de deux points (77-75), a failli coûter très cher. Depuis le début du tournoi, ces ballons perdus symbolisent les failles du jeu offensif tricolore. Samedi, les 21 munitions égarées ont été logiquement payées de l’autre côté du terrain (36 points pour la Turquie sur les pertes de balles françaises).

« On s’en sort. Les pertes de balles nous ont fait mal, il faut qu’on fixe ça », a martelé Evan Fournier après la qualification. Plus le niveau s’élève et plus la gestion du ballon sera prépondérante. En quarts de finale, la Serbie ou l’Italie ne le pardonneront pas aux Français. Les vice-champions olympiques ont deux jours pour trouver des solutions.


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