William Klein était « un précurseur, il a totalement révolutionné la photographie », estime le directeur de la rédaction de « Polka magazine »

William Klein était « un précurseur, il a totalement révolutionné la photo », pour Alain Genestar, directeur de la rédaction de Polka magazine, après l’annonce, lundi 12 septembre, de la mort de William Klein à 96 ans. Le photographe américain est connu pour avoir révolutionné la photographie de rue et la photographie de mode. Il était aussi réalisateur de films, peintre et graphiste. William Klein est mort samedi soir à Paris, où il vivait depuis 1947.

franceinfo : Quelle place occupe William Klein dans l’histoire de la photo ?

Alain Genestar : Une place immense depuis des années. S’il faut le définir, c’est par le terme révolutionnaire. Plus qu’un précurseur il a totalement révolutionné la photo. Ce n’est pas qu’il a changé les règles, il s’est dit qu’il n’appliquerait aucune règle. Sa devise était : pas de règle, pas de limite. Il est né à la photographie après un travail assez personnel. Il est né sur les trottoirs de New York. On est à la mi-temps des années 1950 et il fait la street photography.

« Dans ce type de photographie de rue, le photographe se met souvent en retrait, il se cache pour capter les scènes. Mais lui, il va directement sur le trottoir, il fonce sur les gens. Cela a donné naissance à une photo extrêmement brutale, mais extrêmement vraie, vivante. »

Alain Genestar, « Polka magazine »

à franceinfo

Il disait toujours : « Quand je photographie quelqu’un je veux que cette personne me regarde. » Donc, il provoquait la personne. Pourquoi veut-il avoir ce regard ? Parce que le regard c’est tout ce qui définit un personnage, c’est toute sa beauté, ce qu’il représente. Toute sa vie il a fait ça à sa manière dans les plus grandes capitales, avant de développer son art dans d’autres directions.

William Klein était aussi photographe de mode. Qu’est-ce que cela représentait pour lui ?

Il avait beaucoup de talent, il avait été repéré par le magazine américain Vogue qui lui demandait des photographies de mode. De cette façon, il finançait son reportage pour New York. Avec les photographies de mode il a fait comme avec les autres. Plutôt que de faire des photographies dans les studios, il a installé les mannequins dans la rue. Il avait un téléobjectif et personne ne voyait qu’il était en train de photographier une scène de mode. Cela donnait une vie extraordinaire à ses photos.

Les gens qui sont autour de ces mannequins ne comprennent pas trop ce qui se passe et ça donne une vérité formidable. C’était sa façon de montrer la mode qui pour lui devait être dans la rue. Toute sa vie de photographie il a appliqué cette authenticité sans jamais recourir à trop de décors et d’éclairages.


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