Rassemblement national : au Cap d’Agde, le parti mise sur la « professionnalisation » de ses cadres pour accéder au pouvoir en 2027

Dans la capitale française du naturisme, Marine Le Pen a logiquement mis sa stratégie à nu. Au Cap d’Agde (Hérault), ce week-end, la finaliste de la présidentielle a rassemblé ses troupes durant trois journées parlementaires inédites, avec un objectif unique : « Faire gagner la France et les Français en 2027 ». 

Mais si le Rassemblement national (RN) compte désormais s’appuyer sur sa nouvelle force de frappe parlementaire grâce à l’entrée au Palais Bourbon de 89 députés, le parti d’extrême droite est conscient que le chemin vers l’Elysée est encore long. Depuis le sud de la France, il a donc décidé de se mettre au travail.

Pour en avoir le cœur net, il suffisait de se plonger dans le très sérieux programme de ces universités d’été. Consacrées quasi exclusivement à la formation des élus du parti, le rendez-vous avait pour but de préparer les huiles du RN à gouverner dans cinq ans. Maires, conseillers départementaux et régionaux, députés nationaux et européens… Tous ont participé à des ateliers thématiques et des conférences destinés à mieux comprendre le sérail politique et le fonctionnement des institutions.

« Nous avons par exemple décrypté des projets de loi comme le projet de loi de finance sur la Sécurité sociale. Franchement, c’était très enrichissant, on a vraiment l’impression d’avoir les armes maintenant », raconte à franceinfo le député de l’Oise et ancien journaliste de télévision, Philippe Balard. 

« Professionnaliser le parti », c’est aussi réussir à convaincre des spécialistes comme l’économiste Christopher Dembik ou le sondeur Jérôme Sainte-Marie d’intervenir sur de thématiques sur lesquelles le RN avait jusque-là du mal se faire entendre. « C’est vrai qu’avec des intervenants comme eux, ça nous crédibilise. On sent que le plafond de verre n’existe plus et que des spécialistes qui ont pignon sur rue n’hésitent plus aujourd’hui à venir travailler à nos côtés », se réjouit un parlementaire, fraîchement élu.

« La crise énergique, l’inflation, le fonctionnement du Parlement… Ces ateliers et conférences ont été très bénéfiques et doivent pouvoir se multiplier dès que des élus de notre parti en feront la demande »

Laurent Jacobelli, député RN de Moselle

à franceinfo

Pour aider ses élus dans leur apprentissage du métier, le RN souhaite également ouvrir une école de formation de ses futurs cadres, financée par le parti et dirigée, justement, par Jérôme Sainte-Marie. Un projet qui fait l’unanimité dans les rangs du parti. « Nous voulons permettre à nos élus de poursuivre leur montée en gamme, de repérer des talents et de leur inculquer une culture de gouvernement », a lancé Jordan Bardella lors de son intervention devant quelque 1 100 personnes, dimanche après-midi. Le jeune eurodéputé défend depuis plusieurs semaines cette idée dans sa campagne qui l’oppose à Louis Aliot pour la présidence du parti.

« Si je suis élu, l’école des cadres du RN sera un investissement important du parti, car la formation de nos élus est un enjeu essentiel si nous voulons l’emporter en 2027. »

Jordan Bardella, président par intérim du RN

à franceinfo

Cette initiative, Marine Le Pen l’approuve aussi personnellement. Lors d’un point presse, juste avant son meeting de clôture des journées parlementaires, dimanche, la leader d’extrême droite s’est montrée catégorique : « Cette école doit faire monter de nouveaux cadres. Nous apporter une plus-value, un surplus de professionnalisme et de technicité à nos élus ».

Dans sa feuille de route vers 2027, le premier parti d’opposition compte également continuer à travailler sur son implantation locale. Traduisez : être davantage présent sur le terrain pour les députés. « C’est un objectif majeur pour nous, assure Marine Le Pen.

L’élue du Pas-de-Calais a d’ailleurs imaginé durant l’été les rôles que devront tenir le groupe parlementaire à l’Assemblée d’un côté, et le parti de l’autre. Durant les années à venir, le premier « formera nos élus, travaillera notre implantation locale et nous permettra de tenter de gagner les élections intermédiaires. Le groupe parlementaire, lui, va combattre la politique d’Emmanuel Macron et accompagner l’agenda politique étroitement lié aux projets de loi du gouvernement et à nos propositions de loi ». Un pari de taille à cinq ans de l’élection suprême.


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