Climat : l’Ardèche fortement touchée par la surmortalité liée à la canicule

C’est l’une des nombreuses conséquences de la canicule : la surmortalité. En France, cet été, les vagues de chaleur successives ont causé 11 000 décès supplémentaires par rapport à 2019 et l’Ardèche a été particulièrement touchée. « Ce qui fait des canicules les évènements météorologiques les plus meurtriers », selon un scientifique expert de ces phénomènes.

Selon les premières données communiquées par l’Insee, la canicule pourrait être à l’origine de 11 000 décès supplémentaires durant la période estivale, par rapport à 2019 – dernière année sans épidémie de Covid-19 – en France.

Même s’il est difficile de démêler les décès dus aux vagues de chaleur des décès liés à l’épidémie, la mortalité dans tous les départements de la région Auvergne-Rhône-Alpes est clairement supérieure à la normale en 2022, comme le montre cette carte.

 

L’Ardèche est particulièrement touchée, avec une hausse de 9,3% entre janvier et août 2022 par rapport à la même période en 2019. L’Isère (+9,5 %) et la Drôme, (+ 7,6 %) montrent également une surmortalité élevée.

Des chiffres qui, selon l’Insee, pourraient en partie s’expliquer par les vagues de chaleur successives de l’été, car « les pics de mortalité correspondent exactement aux périodes de canicule« , explique Freddy Bouchet, physicien et climatologue des évènements climatiques extrêmes. Ainsi à la mi-juillet, la mortalité était en hausse de 13 % par rapport à 2019. Une tendance qui n’a pas épargné la région Auvergne-Rhône-Alpes, comme la courbe de ce graphique sur l’évolution des décès entre juin et septembre.

Comme en 2003, donc, le drame se répète. Cette année là, on estime que la vague de chaleur avait fait 15 000 morts en France. Ce qui fait des canicules les évènements météorologiques les plus meurtriers. « Souvent, on pense que ce sont les ouragans, ou les tempêtes… Le public n’est pas conscient que les canicules sont une des principales causes de mortalité liées aux évènements climatiques, parce que cela se passe dans les maisons, dans les appartements, de façon discrète et il n’y a pas d’images frappantes sur nos écrans…« , estime Freddy Bouchet.

Les personnes les plus touchées sont les personnes âgées et celles qui ont déjà des difficultés de santé. « Les gens ne meurent pas en général directement de la chaleur mais de l’impact de la chaleur sur les problèmes de santé qu’ils ont par ailleurs ».

Et même si la canicule de 2003 a été beaucoup plus forte, avec une hausse des températures de 2,7°C en moyenne, contre 2,3°C cette année, la caractéristique de l’épisode de 2022, c’est sa durée. 33 jours cumulés, un record. Ce qui aggrave le phénomène.

En 2003 déjà, on avait remarqué que le nombre de morts augmentait chaque jour alors que les températures restaient stables, parce que les personnes qui souffrent de la chaleur fatiguent, elles ont du mal à récupérer et meurent suite à des problème de comorbidité

Freddy Bouchet, directeur de recherche au CNRS

Un phénomène qui devrait se répéter de plus en plus souvent. Selon une étude conjointe de Météo-France et de l’Insee, en 2050, un habitant sur sept sera exposé à un grand nombre de journées anormalement chaudes.  Et la région Auvergne-Rhône-Alpes fera partie des territoires les plus touchés.

Mais Freddy Bouchet tient cependant à relativiser. « Ce qui nous arrive ici, c’est très peu de choses par rapport à ce qui arrive dans d’autres régions du monde« . A l’avenir, les pays les plus touchés par les vagues de chaleur et les autres évènements climatiques extrêmes seront l’Inde, le Pakistan et certains pays d’Afrique, des pays moins favorisés économiquement, « pour certains scénarios du GIEC, les températures seraient alors à la limite du supportable par la physiologie humaine« .

D’où l’urgence à s’adapter, « changer les structures des villes, les végétaliser, utiliser moins de béton« , mais surtout de continuer à lutter contre le réchauffement climatique. « Changer nos façons de produire de l’énergie, de nous alimenter, aller vers la sobriété« .


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