INFOGRAPHIES. Sexe, âge, profession… Qui sont les travailleurs qui touchent un faible salaire ?

Ils travaillent, mais peinent malgré tout à joindre les deux bouts. Dans un contexte de forte inflation, les salariés avec un bas salaire font partie des plus fragilisés par la hausse des prix. L’Insee a publié mardi 20 septembre un rapport qui se penche sur la situation de ces travailleurs à faible revenu.

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L’étude les définit comme les personnes salariées dans le secteur privé et qui gagnent moins de deux tiers du revenu médian à équivalent temps plein. Le travail s’appuie sur les chiffres de 2019, et ce seuil de deux tiers du revenu médian s’élevait alors à 1 310 euros net, primes et 13e mois compris.

Si les salariés à bas revenus représentent 8% des salariés du privé, soit un peu plus de 1,3 million de personnes, quel est leur profil ? Franceinfo fait le point en infographies.

Les femmes sont davantage concernées

Face aux bas salaires, hommes et femmes ne sont pas égaux : alors que 7% des salariés touchaient un salaire inférieur à 1 310 euros en 2019, ce chiffre grimpe à 10% chez les salariées. Les femmes ont donc presque 50% de risque en plus que les hommes de toucher moins de deux tiers du revenu médian. Cela s’explique notamment par leur surreprésentation dans les emplois à temps partiels souvent peu rémunérateurs – 23% des femmes sont à temps partiels contre 8% des hommes.

Un tiers ont moins de 26 ans

Les jeunes sont nettement plus concernés par les bas salaires que le reste de la population. C’est particulièrement vrai pour les moins de 26 ans qui sont plus d’un sur cinq à être dans cette situation précaire. Ils représentent à eux seuls plus d’un tiers des travailleurs précaires. La part des salariés à faible salaire diminue ensuite avec l’âge. Elle remonte à 9% chez les plus de 60 ans, mais il faut noter que dans cette catégorie de la population la majorité des personnes sont à la retraite, et le nombre de travailleurs y est donc moins important que dans les autres tranches d’âge.

Ils sont le plus souvent ouvriers

La part de travailleurs à faible salaire varie évidemment selon les professions. Si on se concentre sur les dix métiers les plus concernés par ce problème, deux grands types de professions se distinguent. Il y a d’abord les ouvriers peu qualifiés, qu’ils travaillent dans l’industrie, l’artisanat ou le monde agricole. Le taux de travailleurs à bas salaire atteint même 58,6% dans les professions regroupés par l’Insee sous l’intitulé “Ouvriers non qualifiés divers de type artisanal” (la liste des métiers est à retrouver ici).

Ensuite, il y a les métiers du service à domicile comme le personnel de ménage, les aides à domicile ou les assistantes maternelles. Parmi ces professions, plus d’un salarié sur quatre touchait moins de 1 310 euros par mois en 2019.

Les outre-mers en comptent davantage

D’importantes disparités territoriales s’observent également. La plus marquante est entre l’Hexagone et les outre-mers, puisque les trois départements qui comptent la plus grande part de bas salaires sont tous des territoires ultra-marins. Le taux le plus élevé se trouve à La Réunion, où 15% des salariés ont des revenus qualifiés de bas par l’Insee. En Guyane et en Guadeloupe, ils sont également autour de 14% dans cette situation.

Des différences sont aussi présentes sur le territoire métropolitain, avec des taux de travailleurs à bas salaires qui varient de 4,8% dans les Hauts-de-Seine à 12,1 % dans la Creuse. De manière générale, les territoires les plus concernés par les bas salaires sont la façade nord-est et surtout le tiers sud de la France. Tous les départements de l’ancienne région Languedoc-Roussillon (Lozère, Gard, Hérault, Aude et Pyrénées-Orientales) dépassent ainsi le taux de 10% de salariés à faibles revenus.

Une grande partie n’a pas été augmentée

Les salariés à bas revenus arrivent-ils à obtenir de meilleurs salaires avec le temps ? L’Insee s’est penché sur leur évolution entre 2015 et 2019, et le bilan est plutôt mitigé. Parmi ceux qui avaient un faible salaire en 2015, 41,2% étaient dans la même situation quatre ans plus tard. Ils sont la même proportion à avoir réussi à obtenir une rémunération dépassant deux tiers du revenu médian. Enfin, 17,6% ne sont plus salariés, soit parce qu’ils ne travaillent plus, soit parce qu’ils sont devenus indépendants.


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