La RATP met en place une prime « de présence », jusqu’à 450 euros, pour lutter contre l’absentéisme des chauffeurs de bus

La RATP va mettre en place une prime mensuelle « de présence » pour lutter contre l’absentéisme des chauffeurs de bus, a appris mardi 25 octobre franceinfo auprès du groupe, confirmant une information du journal Le Parisien – Aujourd’hui en France (article réservé aux abonnés).

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La prime sera attribuée de façon progressive chaque mois, à partir de la fin du mois d’octobre, à raison de 100 euros le premier mois de présence continue, 150 euros le deuxième mois et 200 euros le troisième mois. Les conducteurs pourront donc recevoir jusqu’à 450 euros après trois mois consécutifs sans absence, hors congés réguliers. Le compteur mensuel sera remis à zéro dès le premier jour d’absence au travail, dans le but « d’inciter » les conducteurs de bus. Le dispositif est en place « jusqu’à la fin de l’année ».

D’après un document interne à l’entreprise que franceinfo s’est procuré, 13 motifs d’absence entraîneront le non-versement de la prime. Il peut aussi bien s’agir des absences sans solde que des arrêts maladie, des accidents du travail, d’une absence pour enfant malade ou encore pour un jour de grève, ce qui provoque la colère des organisations syndicales jointes par franceinfo mardi.

L’Unsa-RATP dénonce « une provocation ». « Personne ne veut de cette prime », selon Force Ouvrière qui y voit « une prime pour faire revenir des agents en arrêt maladie, en burnout ou au chevet d’un enfant malade. La CGT, premier syndicat représentatif dans l’entreprise, estime de son côté que « la direction a perdu la raison » après avoir « elle-même organisé le sous-effectif. « Si la direction veut retrouver une attractivité dans le métier, elle doit revaloriser les salaires et améliorer les conditions de travail », martèle le secrétaire général de la CGT RATP-Bus Cémil Kaygisiz.

Cette prime exceptionnelle vise à « améliorer l’offre de service », indique la RATP, qui assure vouloir « saluer l’engagement et l’investissement des conducteurs de bus présents à leur service ». La régie de transport d’Île-de-France fait face à une « période d’exploitation difficile », qui se traduit notamment par un manque de chauffeurs de bus.L’ouverture à la concurrence des bus provoque en effet la crispation et l’inquiétude chez les chauffeurs, et explique en partie la crise du recrutement. Quelques 4 000 postes sont vacants à ce jour à la RATP, dont 700 chauffeurs de bus.

Pour pallier le problème, la RATP a également mis en place pour la première fois de son histoire, le recrutement par cooptation. Si l’un de ses salariés propose à la direction un bon CV, et que cette personne est embauchée, alors le coopteur touchera 150 euros. Et si le nouveau conducteur de bus est toujours là un an plus tard, alors le « pistonneur » recevra de nouveau 150 euros. Donc 300 euros pour un recrutement réussi.


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