« On reprend régulièrement des patients » : des assistants médicaux pour soulager les médecins et lutter contre les déserts médicaux

Aurélie a rendez-vous avec son médecin traitant pour sa tension. Mais avant cela, elle doit passer dans le bureau d’Émilie Creusson, l’assistante médicale : « Ça fait combien de temps que vous êtes fatiguée ? », lui demande-t-elle. « Depuis cet été et la rentrée, je sens qu’une bonne nuit de sommeil ni fait rien », répond Aurélie. Depuis trois ans, un nouveau métier a vu le jour dans les cabinets médicaux, celui d’assistant médical. Ils sont désormais presque 4 000 à l’exercer, le gouvernement encourage leur embauche et espère monter à 10 000 d’ici deux ans. Ce métier permet aux médecins de les décharger de certains actes, donc d’augmenter leur patientèle, et de lutter contre les déserts médicaux.

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Le métier d’assistant médical, qu’exerce Émilie Creusson, est de préparer la consultation pour le médecin. Prise de tension, vaccins Covid-19, électrocardiogrammes… Les tâches d’Emilie Creusson sont variées. Elle était avant aide-soignante à l’hôpital. « Je voulais en fait du relationnel. Je voulais passer du temps avec les patients, les connaître et surtout les suivre », explique l’assistante médicale. Car son rôle, c’est aussi d’écouter. Aurélie, la patiente, confirme : « Elle prend le temps de nous écouter, de savoir exactement pourquoi on vient. Il y a une écoute en plus. »

Au tour de son bébé, il doit recevoir un rappel de vaccin. La pesée est faite juste avant : « 13,690 kilos, il a pris 200 grammes. » Ce sera ça de moins à faire pour le docteur. « Ça lui fait gagner dix minutes entre le temps de déshabillage, le mesurer, le peser, puis rhabiller l’enfant. Ça fait bien dix minutes quand même », développe Emilie Creusson.

Dix à 15 minutes de gagnées par consultation, par patient en moyenne. C’est considérable, estime le Dr Patricia Lefébure. Elle a décidé d’embaucher son assistante médicale il y a deux ans, elle qui exerce dans un désert médical. « Il y a 45% de patients qui n’ont pas de médecin généraliste sur la commune, informe Patricia Lefebvre. Ça nous fend le cœur tous les jours de devoir refuser du monde. Les gens se prosternent presque pour avoir un médecin traitant. On leur dit non. »

« Je me suis demandée comment je pouvais optimiser mon exercice, tout en faisant de la qualité, et pas de l’abattage non plus en voyant les gens cinq minutes, parce que ce n’est pas les voir. J’ai donc décidé de prendre une assistante médicale. »

Patricia Lefébure, médecin généraliste à Limay

à franceinfo

Cela lui permet de recevoir dix patients de plus par jour et d’en accueillir de nouveaux qui étaient à la recherche d’un médecin traitant. « J’avais un millier de patients à peu près et là on a dû passer à 1 300, indique la médecin. On reprend régulièrement, là on a encore repris une cinquantaine de patients tout récemment et on continue de le faire. » Pour le salaire de son assistante médicale, 3 700 euros par mois toutes charges comprises, 1 900 euros nets, le docteur Lefébure reçoit une aide de la Sécurité sociale dégressive au fil des ans.


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