Report ou annulation des grands événements durant les JO-2024 : « Un choc et la stupeur », réagit le directeur des Vieilles Charrues

« Ça a été un choc et la stupeur », a réagi Jérôme Tréhorel, directeur général du festival Les Vieilles Charrues alors que le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a évoqué un « report ou l’annulation des grands évènements » qui se dérouleront l’été des JO-2024 en France. Les organisateurs de festivals ou d’évènements sportifs craignent d’être sacrifiés, faute de forces de l’ordre pour en assurer la sécurité. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin appelle « chacun à faire des efforts ». 45 000 policiers et gendarmes seront en effet mobilisés chaque jour pendant trois mois, a affirmé le ministère de l’Intérieur jeudi matin sur France Inter et accapareront ainsi « toutes les unités de forces mobiles ». « C’est l’incompréhension la plus totale. Se faire sacrifier comme ça, en une phrase, sans concertation, c’est un peu cavalier », estime Jérôme Tréhorel.

franceinfo : Quelle a été votre réaction à l’annonce du ministre de l’Intérieur ?  

Jérôme Tréhorel : Ça a été un choc et la stupeur, cette annonce lâchée il y a quelques heures. Il n’y a eu effectivement aucune concertation, aucune sollicitation pour échanger sur le sujet. C’est l’incompréhension la plus totale. Se faire sacrifier comme ça, en une phrase, sans concertation, sans plus connaître de périmètre de temps ni de périmètre géographique, c’est un peu cavalier. Beaucoup de festivals en province sont loin des sites où il y aura des compétitions olympiques.

« Il y a aussi une confusion et une méconnaissance peut être du ministère de l’Intérieur sur le fonctionnement et le rôle des forces mobiles sur les festivals. »

Jérôme Tréhorel, directeur général du festival Les Vieilles Charrues

à franceinfo

Il est bien différents par rapport aux Championnats de France de football ou pour le Tour de France.   

Quel est le rôle de la police aux Vieilles Charrues ? 

On est autonome sur l’organisation de l’accueil, de la sécurité et des secours à la personne. On embauche 750 agents de sûreté. Ce sont des sociétés privées avec des agents professionnels. Pour le festival, on a 250 secouristes et un hôpital de campagne avec une cinquantaine de médecins. Le préfet de zone décide, dans le cadre de la vigilance attentat, de mobiliser des forces mobiles. Ça peut être un ou deux escadrons, selon les années, qui n’interviennent pas sur l’organisation même du festival. Ils sont là en cas de besoin, si un événement grave se déroule. Ils peuvent également, selon les territoires, accompagner les forces mobiles locales pour les missions régaliennes.  

Sans forces de l’ordre, il n’y a pas de festival possible ?

C’est ce dont il faut discuter. Si des menaces sont existantes, il faut calibrer. Est-ce qu’il faut rajouter des sécurités privées exceptionnellement pour la sécurisation ? Pourquoi pas ! C’est à discuter. Il n’y a pas d’échanges et de concertation sur les particularités des différents festivals, en prenant en compte encore une fois la géolocalisation des évènements. En Bretagne, il n’y a pas de sites olympiques. Les problématiques sont différentes des festivals qui, eux, sont peut-être dans l’œil du cyclone.  
   
Est-ce possible d’avancer ou de reporter les Vieilles Charrues ?

Non, c’est impossible. On s’inscrit dans le cadre de tournées mondiales et européennes. On a déjà fait des offres à des artistes pour 2024. Des festivals, ça ne s’organise pas en 15 jours, comme on avait pu le dire lors de la pandémie. C’est la même chose auprès de fournisseurs et prestataires, auprès des intermittents également, qui, pour beaucoup, font un circuit des festivals en France. Et on ne peut pas mobiliser et changer des plannings comme ça d’une année sur l’autre. Et c’est la même chose avec toutes les associations bénévoles qui organisent aussi leur planning en fonction des Vieilles Charrues qui, depuis 30 ans, ont lieu le troisième week-end de juillet.  
   
Que signifie une annulation pour un festival comme le vôtre ?

Une annulation, c’est la mort du festival. On l’a déjà dit lors de la pandémie. C’est pour ça que je suis très surpris de cette annonce. On avait été entendus, écoutés. On n’a peut-être pas travaillé le volet sécuritaire à ce moment-là. C’est 18 millions d’euros de budget. Il y a zéro subvention. On vit grâce aux entrées et aux partenaires. Ce serait la mort du festival. Donc cette solution n’est pas souhaitable ni envisageable. Et on va faire en sorte de trouver les solutions et d’échanger avec les autorités locales et nationales, au besoin, pour que chaque festival puisse trouver des solutions.   


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