Éthiopie: l’ONU met en garde contre de possibles «crimes d’atrocité» au Tigré

Publié le : 29/10/2022 – 04:08

Alors que les pourparlers entre le gouvernement éthiopien et les rebelles du Tigré continuent en Afrique du Sud, les combats se poursuivent. À New York, la Commission internationale d’experts des droits de l’Homme sur l’Éthiopie a présenté son rapport à l’Assemblée générale de l’ONU. Et au cours d’un point de presse vendredi 28 octobre, deux de ses membres ont évoqué la probabilité que des « crimes d’atrocité » y soient commis, sans parler explicitement de « génocide ».

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« Nous irons où les preuves nous conduirons » : c’est en ces termes que deux commissaires de l’ONU, la Sri-Lankaise Radhika Coomaraswamy et l’Américain Steven Ratner, ont évoqué leur méthode de travail sur le Tigré, une méthode contestée par le gouvernement éthiopien.

Les commissaires ont insisté sur les « standards de preuves » et le besoin de « précision » d’un rapport des Nations Unies, surtout considérant le manque de temps et l’absence de coopération « regrettée » de l’Éthiopie et de l’Érythrée.

C’est pourquoi, pressée de dire si des crimes de « génocide » étaient actuellement commis en Éthiopie, Radhika Coomaraswamy s’est voulu à la fois prudente et ferme :

Notre inquiétude est que des crimes d’atrocité soient imminents. Nous l’avons dit dans nos briefings, nous préférons utiliser le langage du secrétaire général de l’ONU. Et c’est ainsi qu’il appelle ce type de crimes. Et si cette guerre continue, nous allons vers cette situation. C’est pourquoi il est essentiel que le processus de paix de l’Union africaine mette en tête de ses priorités un arrêt des combats, Pour empêcher que cela n’ait lieu.

Or en termes juridiques, les « crimes d’atrocité » désignent les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et de génocide.

Dans la journée, l’Éthiopie a une fois de plus réfuté les propos de la Commission, à mots couverts. Dans un communiqué, le gouvernement a dit « ne plus pouvoir tolérer les contre-vérités diffamatoires répandues contre l’Éthiopie par diverses entités occidentales », mais aussi « des organisations vénérables et des acteurs de bonne foi » que ces « entités » auraient « trompées ».

Le Tigré à court de vaccins, d’antibiotiques et d’insuline

Les pourparlers entre le gouvernement éthiopien et les autorités du Tigré continuent à huis-clos en Afrique du Sud. En même temps, de durs combats se déroulent autour des villes tigréennes conquises par les forces gouvernementales, selon de rares sources, et la situation alimentaire et humanitaire est toujours désastreuse : l’Organisation mondiale de la santé a par exemple annoncé vendredi que le Tigré était à court de vaccins, d’antibiotiques et d’insuline.

La Croix-Rouge éthiopienne a déploré vendredi 28 octobre la mort de l’un de ses ambulanciers éthiopiens, abattu par des hommes armés non identifiés alors qu’il transportait des blessés de retour du front du Tigré.


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