Drogue : comment la « Mocro Maffia » sème la terreur aux Pays-Bas et en Belgique

C’était le 15 juillet 2021, à Amsterdam (Pays-Bas). Le journaliste d’investigation Peter de Vries était assassiné en pleine rue, en représailles à ses enquêtes sur la mafia de la drogue. Ses assassins sont aujourd’hui jugés dans la capitale néerlandaise. Le procès se tient sous très haute surveillance. L’avocat de la famille, Peter Schouten, assure qu’il « figure [lui]-même sur la liste des personnes à assassiner ». Derrière ces crimes, la Mocro Maffia, une organisation dirigée par des familles marocaines aux Pays-Bas. 

Elles utilisent le port de Rotterdam (Pays-Bas) pour importer la drogue en Europe. Sander Janssen, avocat, défend des gangs rivaux depuis une dizaine d’années. Il assure n’avoir jamais vu un tel déchaînement de violence. « Pour la première fois, ils ont franchi des barrières, tué des avocats, des journalistes, tué des membres de la famille de témoins. C’est quelque chose que je n’avais jamais vu avant, aux Pays-Bas« , rapporte-t-il. 

À la tête de cette Mocro Mafia, Ridouan Taghi, arrêté à Dubai en 2019. Il continue de tirer les ficelles derrière les murs de sa prison néerlandaise. Pour négocier sa libération, il s’en prend désormais à des personnalités de premier plan, comme la princesse Amalia des Pays-Bas. Même le Premier ministre est dans le viseur, et a dû renoncer aux promenades en vélo. En Belgique, l’autre porte d’entrée de la drogue en Europe, c’est le ministre de la Justice, Vincent van Quickenborbe, qui a échappé de peu à une tentative d’enlèvement. 

Au Palais de justice de Bruxelles (Belgique), Michel Claise, juge d’instruction spécialisé dans la criminalité, alerte depuis des années sur pouvoir grandissant des trafiquants. « [La situation] nous a échappé depuis des années« , assure-t-il, amer. Face aux milliards d’euros de la mafia, les moyens de la police et de la justice semblent en effet dérisoires. 


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