Inde : ce que l’on sait de l’effondrement d’un pont suspendu qui a fait au moins 132 morts

Le bilan ne cesse de s’alourdir. Au moins 132 personnes sont mortes en Inde dans l’effondrement d’un pont suspendu, dimanche 30 octobre, dans l’ouest du pays. L’infrastructure, datant de l’époque coloniale britannique, venait de rouvrir au public après des mois de travaux. Des opérations de secours sont toujours en cours, lundi matin, alors qu’une enquête pour déterminer les causes de ce drame a été ouverte. Voici ce que l’on sait de cet accident meurtrier.

Que s’est-il passé ?

Long de 233 m, le pont piétonnier de la ville de Morbi enjambe la rivière Machchhu dans l’Etat du Gujarat. Dimanche soir, environ « 250 à 300 personnes » étaient réunies sur ce pont pour célébrer une fête religieuse, selon le premier rapport de la police de la ville, cité par The Indian Express*. Des images de vidéosurveillance montrent la structure se balancer avant de céder soudainement.

« Le pont était plein de monde », rapporte un riverain auprès de l’AFP. Peu après la tombée de la nuit, « les câbles ont lâché, le pont s’est écroulé en une fraction de seconde. Les gens, d’abord tombés les uns sur les autres, ont chuté dans la rivière. » D’après la BBC*, des dizaines de personnes ont tenté de s’accrocher au pont. « Nous avons aidé les personnes qui ont pu nager jusqu’à la rive mais nous n’avons pas pu sauver la plupart de ceux tombés dans la rivière », a déclaré un témoin à l’AFP.

Quel est le bilan ?

Le bilan de l’accident est d’au moins 132 morts. La plupart des victimes sont des femmes et des enfants. Le Premier ministre indien, Narendra Modi, a demandé « la mobilisation urgente d’équipes de secours ». De vastes opérations de sauvetage et de recherche ont été lancées, impliquant des plongeurs, des dizaines de soldats et des garde-côtes. Pour l’heure, les autorités locales, citées par la BBC, assurent qu’au moins 177 personnes ont été secourues. Au moins 15 personnes ont été hospitalisées.

Mais la nuit a compliqué la tenue des opérations de secours. « L’eau est stagnante et il y a des eaux usées dans la rivière. La visibilité était faible, il était donc difficile de repérer les corps », a expliqué Prasanna Kumar, commandant en charge des opérations, auprès du média britannique.

Les opérations de secours, dans la nuit du 31 octobre 2022, après l'effondrement du pont à Morbi, dans l'ouest de l'Inde. (SAM PANTHAKY / AFP)

Les opérations de secours, dans la nuit du 31 octobre 2022, après l'effondrement du pont à Morbi, dans l'ouest de l'Inde. (SAM PANTHAKY / AFP)

Les recherches se poursuivent lundi matin, alors que d’autres corps ont été découverts dans les décombres du pont. « Nous allons fouiller tout le fleuve et ne laisser aucune place au doute », a assuré Prasanna Kumar. L’approvisionnement de la rivière à partir d’un barrage en aval a par ailleurs été coupé pour réduire le niveau d’eau et accélérer les recherches.

Quid de la sécurité du pont ?

Une équipe de cinq enquêteurs a été nommée pour déterminer les causes de l’effondrement du pont. Une plainte contre X pour homicides involontaires a été déposée. Selon les médias locaux, le pont suspendu avait été construit en 1880, à l’époque coloniale britannique, avec des matériaux importés d’Angleterre. Fermé en mars pour sept mois de travaux de rénovation, il a été rouvert au public mercredi, mais sans qu’un certificat de sécurité ait été émis par les autorités.

« Le pont est une propriété de la commune de Morbi, mais nous l’avions confié au groupe Oreva il y a quelques mois pour une maintenance et une exploitation d’une durée de 15 ans », a expliqué Sandeepsinh Jhala, chef de la municipalité de Morbi, dans les colonnes de The Indian Express*. « L’entreprise privée a ouvert le pont aux visiteurs sans nous en informer et, par conséquent, nous n’avons pas pu obtenir d’audit de sécurité du pont. »

Les accidents impliquant des infrastructures anciennes et mal entretenues sont fréquents en Inde, notamment les ponts. En 2016, la rupture d’une passerelle au-dessus d’une rue animée dans la ville de Calcutta, dans l’est du pays, avait causé la mort d’au moins 26 personnes. En 2011, au moins 32 personnes avaient perdu la vie dans l’effondrement d’un pont sur lequel une foule célébrait un festival dans le nord-est de l’Inde, à environ 30 km de la ville de Darjeeling.

* Les liens signalés par un astérisque renvoient vers des articles en anglais.


Continuer à lire sur le site France Info

%d blogueurs aiment cette page :