REPORTAGE. La « terramation », fabrication de compost humain, bientôt autorisée en Californie

« Tu es poussière, tu retourneras à la poussière », annonce la Bible. La Californie a une autre proposition. Le mois dernier, Gavin Newsom, le gouverneur du Golden State, a signé une loi autorisant à partir de 2027 le compost humain après la mort. La Californie est le cinquième État américain après Washington, l’Oregon, le Colorado et le Vermont à valider cette alternative à la crémation ou à l’enterrement.

La loi AB 351 parle de « réduction organique naturelle ». Le procédé consiste à placer le défunt dans un conteneur en métal d’environ 2,50 mètres de long et un peu plus d’un mètre de large. Il est rempli de produits organiques, comme des copeaux de bois, de la paille ou encore de la luzerne. Une fois le conteneur fermé, la nature fait son travail. Le système favorise juste l’activité microbienne pour accélérer la décomposition du corps, qui devient de la terre cultivable au bout de 60 jours.

Les familles peuvent se servir des quelque 100 kilos de terre récoltés pour faire pousser un arbre ou des plantes et honorer ainsi la mémoire du ou de la disparue. Le compost humain est plus naturel et coûte moins cher que des obsèques classiques, entre 4 000 et 5 000 dollars contre 6 000 dollars pour une crémation et plus de 7 000 dollars pour un enterrement.

Selon Micah Truman, fondateur de Return Home, une maison funéraire près de Seattle, le compost humain est aussi moins néfaste à l’environnement, en évitant les produits chimiques d’un embaumement qui finissent dans les sols, par exemple. « Il faut 115 litres de fuel pour une crémation, en plus d’envoyer dans les airs sous forme de gaz à effet de serre tout ce que notre corps pourrait rendre à la terre », détaille Micah Truman qui estime que « comme chacun d’entre nous va mourir, la façon de nous occuper de nos défunts est très problématique. »

« Beaucoup de gens ne sont pas particulièrement excités à l’idée d’être incinérés, et d’autres n’ont aucune envie d’être enterrés. »

Micah Truman, fondateur de Return Home

à franceinfo

« Alors notre méthodologie intéresse ceux qui veulent revenir à la terre, les agriculteurs par exemple, explique Micah Truman. Des tas de gens ont des tas de raisons ».

@returnhomenor How do we return human compost? Watch to find out. #terramation #greenfuneral #humancomposting #cremation #funeralhome #sustainable #trees ♬ Startup (60 seconds) – TimTaj

Cet ancien financier, qui se sentait inutile dans son métier même s’il gagnait bien sa vie, avait l’environnement en tête quand il s’est lancé il y a un an et demi. Mais il a depuis découvert que ce qu’il appelle « la terramation » aide les familles en leur donnant vraiment le temps de dire au revoir au disparu. Certains déposent des fleurs, un morceau de gâteau ou du vin sur le corps du défunt, dit-il. Mais comme Micah Truman connaît bien la finance et le marketing – le compte TikTok de Return Home a un demi-million d’abonnés – il attend l’ouverture du marché de la Californie, l’État le plus peuplé du pays, avec une certaine impatience.


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