TEMOIGNAGES. Mois sans tabac : « Je ne pensais pas tomber autant dans l’addiction », confient des jeunes fumeurs

Le mois sans tabac débute mardi 1er novembre. Une grande opération menée tous les ans pour inciter les fumeurs à abandonner la cigarette. Le gouvernement a d’ailleurs prévu de nouvelles hausses de prix, de 50 centimes en 2023 et de 35 centimes en 2024. Les ventes sont en baisse avec une diminution de 6,6% entre 2020 et 2021, mais certains jeunes continuent à commencer à fumer, souvent au lycée. Devant un bar parisien, Lilian s’allume une cigarette avec ses copains. « J’ai commencé a fumé il y a un mois », indique le jeune homme de 16 ans. Entouré de fumeurs, il a fini par craquer : « On faisait des soirées et tout, puis ça vient comme ça, je me dis pourquoi pas fumer. » 

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Commencer à fumer par effet de groupe. C’est comme ça que Paul, 16 ans également, a commencé. « Ça fait sociabiliser, avance le jeune homme. C’est un vrai univers qui se crée. C’est tout de suite un argument de discussion ou même pour séduire des filles ou quoi que ce soit. C’est toujours quelque chose qui marche en soirée. Effectivement, c’est très mauvais pour la santé mais ça m’a apporté une forme de sociabilisation. »

Même motivation pour Hugo. Pour les deux amis, les clips, les films, les séries où la cigarette est présente jouent aussi un rôle important. « Rendre cool les personnages avec la clope, et ne pas montrer qu’il à un cancer ou quelque chose. Comme Peaky Blinders, parfait exemple », constate l’un d’eux. « J’ai deux potes qui disaient : ‘Wahou c’est trop stylé comme ils marchent…’ Bon, ce n’est pas la même chose dans la vraie vie… »

« À chaque fois on dirait que c’est doux que c’est quelque chose de bien. Mais quand tu fumes, c’est chaud et ça racle la gorge. Ce n’est pas du tout comme on l’imagine. »

Hugo, 16 ans

à franceinfo

Dans leur lycée, la cigarette est très répandue. « Je vois les 2007 qui ne fumaient pas en 3e. Ça arrivent au lycée et bam ! Ça fume ! C’est l’étape où presque tout le monde fume », explique l’un d’eux. C’est le cas aussi pour Capucine et Alexandra, 16 ans : « Dès que je sors des cours ça ne va pas je sors fumer une cigarette ça va un peu mieux. » Elles ont commencé à fumer il y a quelques mois sans penser devenir addict. « Je pensais que j’allais tester une fois et après ce serait fini ou je serais dégoûté ou une fois de temps en temps. Je ne pensais pas que ça allait tomber autant dans l’addiction », confie la lycéenne.

« Je gratte dans la rue quand je n’ai plus d’argent pour m’acheter un paquet donc je sais qu’il faut que j’arrête mais ce n’est pas trop l’urgence. »

Jeune fumeuse, âgée de 16 ans

à franceinfo

Pourtant plus on commence jeune, plus le risque est grand d’être prisonnier de la cigarette. « Le tabac c’est l’une des drogues les plus dures, explique Bernard Basset, médecin spécialiste en santé publique et président d’Addictions France. Plus on commence jeune, plus on prend des risques de tomber dans l’addiction. Il y a aussi un autre facteur c’est qu’on sait que 60% des buralistes vendent du tabac aux jeunes mineurs. Il y a quand même une détérioration de l’image de la cigarette, y compris chez les jeunes. » En 2017, 95% des jeunes de 17 ans s’accordaient à dire que le fait de fumer est un danger, selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives.


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