INFOGRAPHIE. Projet de loi immigration : quels sont les métiers en tension selon Pôle emploi ?

« Nous avons la volonté de simplifier l’accès au territoire pour des compétences particulières, dont l’économie a besoin », a annoncé Olivier Dussopt, mercredi 2 novembre, dans un entretien au Monde. Le ministre du Travail veut créer un statut spécifique pour les travailleurs immigrés en situation irrégulière des secteurs en tension. Cette mesure figure dans le projet de loi immigration présenté par le gouvernement. Le but ? « Remettre le travail au centre du jeu » et donner la possibilité à ces travailleurs de rester sur le territoire français sans passer par l’employeur. Mais au-delà de la question de l’immigration, ce dispositif a surtout pour objectif de rééquilibrer l’offre et la demande d’emploi dans l’Hexagone.

Hôtellerie-restauration, BTP, santé… De nombreux secteurs peinent à embaucher de nouveaux salariés. Ce déséquilibre est lié à un nombre trop faible de candidats, à des profils inadéquats (manque de formation ou, à l’inverse, niveau d’études trop élevé) mais aussi au manque d’attractivité de certains secteurs, explique un rapport de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares).

Une liste régionale des métiers en tension ouverts aux ressortissants des pays non-membres de l’Union européenne a été créée par le gouvernement en 2018. Elle a été mise à jour une première fois en 2021 et sera « révisée début 2023 », après des concertations avec les responsables patronaux, a précisé Olivier Dussopt, jeudi 3 novembre, sur franceinfo. En plus des négociations, cette liste se base aussi sur l’enquête « Besoins en main-d’œuvre » (BMO), publiée chaque année par Pôle emploi, et dont la dernière édition date de début 2022.

Les métiers d’aides à domicile et d’aides ménagères qui connaissent les plus fortes tensions, avec 85% d’employeurs qui peinent à recruter. Le métier d’infirmier arrive juste derrière, avec environ 81%.

Du côté des opérateurs de voyages, 80% des recrutements de conducteurs de transport en commun sur route sont jugés « difficiles » par les recruteurs. Des entreprises comme Transdev, Keolis ou encore la RATP ont lancé de vastes campagnes de recrutement, avec parfois d’importants avantages à la clé. Mais avec peu succès. En Île-de-France, par exemple, il manque toujours 1 500 conducteurs de bus pour assurer un service normal, selon le journal Le Parisien.

Les chiffres de Pôle emploi ont été recueillis via un questionnaire adressé aux entreprises, portant sur leurs intentions d’embauche pour l’année à venir, ainsi que sur le nombre de recrutements jugés « difficiles » par les recruteurs. Pour l’année 2022, plus de 420 000 réponses ont été collectées et exploitées. Au total, ce sont plus de 3 millions de projets de recrutements qui ont été recensés par l’établissement chargé de l’emploi en France. Parmi eux, 57,9% des recrutements sont jugés difficiles par les employeurs et ce, quelle que soit la taille de l’établissement, selon Pôle emploi. Ce taux s’élevait à 37,5% en 2017, soit une augmentation de 20 points en seulement cinq ans.

Dans le détail, entre 2017 et 2022, le taux de difficulté à recruter a bondi de 53 points pour les métiers d’infirmiers, cadres infirmiers et puéricultrices, de 13 points pour les aides à domicile et de 30 points pour les conducteurs de transport en commun sur route.


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