Théâtre : « Gisèle Halimi, une farouche liberté », les combats de la célèbre avocate sur la scène de la Scala à Paris

Le 19 août 2020 paraissait un livre d’entretiens chez Grasset, à peine un mois après la mort de Gisèle Halimi à 93 ans. Un dialogue intitulé Gisèle Halimi, une farouche liberté, où la célèbre avocate racontait à son amie journaliste Annick Cojean 70 ans de combats, d’engagement au service de la justice et de la cause des femmes, ainsi que la volonté farouche de passer le flambeau aux jeunes générations. Un livre dont s’est emparé Philippine Pierre-Brosslette pour l’adapter au théâtre.

La comédienne partage la scène avec Ariane Ascaride. Elle voulait un duo d’actrices pour porter la parole de Gisèle Halimi, explique-t-elle : « Soit on était une trentaine voire une cinquantaine d’actrices, soit on était deux. Je ne voulais pas d’un ‘seule en scène’. Impossible économiquement de monter un spectacle avec entre 30 et 50 actrices. Très vite m’est venue l’idée de me dire on sera deux, pour donner du relief, du rythme ». 

Le féminisme de Gisèle Halimi prend sa source dans son enfance. À 10 ans, elle fait la grève de la faim pour ne plus avoir à servir ses frères. Cette rébellion, cette colère sont sa force dans les moments les plus dramatiques : quand, devenue avocate, elle défend les militants du FLN soumis à la torture pendant la guerre d’Algérie, ou deux jeunes femmes victimes de viol devant les assises d’Aix-en-Provence. « Ce qu’il y a de très beau, c’est qu’elle n’est jamais dans le drame », commente, admirative, Ariane Ascaride.

« Elle raconte des choses dramatiques mais elle a toujours, dans sa manière de s’exprimer, une immense dignité. Et la dignité, cela peut passer par de l’émotion mais aussi de l’humour. »

 Ariane Ascaride

à franceinfo

Le rire et les larmes en fil conducteur, pour nous faire traverser une vie en tout point exceptionnelle. En 2022, la parole de Gisèle Halimi n’a sans doute jamais autant résonné,  indispensable selon la comédienne. « Nous faisons un spectacle de transmission, insiste Ariane Ascaride. On transmet parce qu’il y a beaucoup de jeunes filles qui viennent voir le spectacle et il commence à y avoir de plus en plus de garçons. Je crois qu’effectivement, il faut faire entendre la parole de Gisèle Halimi en ce moment plus que jamais. Aujourd’hui, ce qui est complètement fou c’est que ça résonne très fort en raison de ce qui se passe en Italie, en Hongrie, je ne parle même pas de la cour suprême aux États-Unis. Le droit à l’avortement, le droit à la liberté des femmes est remis en cause ».

L’engagement d’une femme d’exception dont tous les visages,  la femme politique rebelle, la jeune fille, la mère, la grand-mère, l’amoureuse…se retrouvent incarnés sur scène par les deux comédiennes. Une interprétation, qui convainc comme en témoigne la longue ovation du public. Gisèle Halimi, une farouche liberté, un spectacle à voir à Paris, à La Scala, jusqu’au 21 décembre.

Les combats de Gisèle Halimi transposés sur scène : reportage d’Anne Chépeau

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