Attentat d’Istanbul: le PKK derrière l’attaque, «une des pistes possibles»

Publié le : 14/11/2022 – 11:12

En Turquie, la personne suspectée d’être responsable de l’attentat à Istanbul a été arrêtée, selon le ministre turc de l’Intérieur. Lors d’une première prise de parole, le président Recep Tayyip Erdoğan avait indiqué qu’une femme était derrière cette explosion qui a fait au moins six morts et 81 blessés dans une artère très fréquentée d’Istanbul. Pour l’heure, l’attaque n’a pas été revendiquée, mais Ankara accuse le Parti des travailleurs du Kurdistan, le PKK. Entretien avec Jean Marcou, spécialiste de la Turquie, enseignant chercheur à Sciences Po Grenoble.

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RFI : Les autorités turques accusent le PKK d’être derrière cette attaque. Est-ce que c’est une piste crédible ?

Jean Marcou : C’est une des pistes puisqu’en Turquie, généralement, les attentats qui ont eu lieu ces dernières années provenaient soit de Daech, soit d’organisations plus ou moins liées à ce qu’on sait au PKK, soit du DHKP-C qui est une organisation d’extrême gauche. Donc, c’est une des pistes possibles. Maintenant, il faudra voir quelles sont les sources que possède exactement le ministre de l’Intérieur [Süleyman Soylu, NDLR], qui a aussi dit que les ordres seraient venus de Kobané, cette ville emblématique qui est sur la frontière turco-syrienne et qui avait été tenue par la branche syrienne du PKK, les YPG, en 2014-2015 lors de l’offensive de Daech. Donc, il faut voir si ces informations se confirment.

Cette attaque intervient alors que le PKK est au centre de tensions entre la Turquie et la Suède. C’est aussi l’objet d’opérations militaires en Syrie pour la Turquie. On est dans un contexte particulier ?

Je dirais qu’il y a un contexte immédiat, c’est celui que vous signalez effectivement avec cette polémique sur l’adhésion de la Suède, et la Turquie qui reproche à la Suède d’abriter effectivement des membres du PKK, ce qui bloque ou gêne son entrée dans l’Otan. Il y a également une polémique à l’heure actuelle avec l’Union des médecins turcs, puisque la responsable de cette union accusait le gouvernement turc d’avoir usé d’armes chimiques en Syrie contre les membres du PKK. Et il y a plus généralement le contexte électoral de juin 2023 dans lequel le gouvernement actuel est en mauvaise position, crédité de mauvais scores dans les sondages, et bien évidemment qui peut avoir aussi envie d’avoir recours à l’argument de la sécurité pour essayer de rassembler son propre électorat et essayer de l’emporter.

Nous sommes à quelques mois des élections présidentielles en Turquie, est-ce qu’on peut craindre une augmentation des attaques dans le pays ?

Il faudra justement voir exactement comment se fait la lumière sur cette attaque d’hier, pour voir si effectivement, c’est quelque chose qui peut être instrumentalisé par le gouvernement ou si, au contraire, c’est un attentat qui est issu du contexte immédiat. 

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