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« #TwitterDown », « #RIPTwitter » : pourquoi certains pleurent déjà la mort de Twitter ?

Ces dernières heures les #TwitterDown et #RIPTwitter ont émergé sur le réseau social de l’oiseau bleu. Ironiquement, les internautes commentent la mort de Twitter… sur Twitter. Ces messages apparaissent alors que l’entreprise se vide de ses salariés depuis le rachat de la plateforme pour 44 milliards de dollars par Elon Musk le 27 octobre. Et que le milliardaire a lancé jeudi un ultimatum à ceux qui n’étaient pas encore licenciés : adhérer de façon inconditionnelle à son énigmatique projet de « Twitter 2.0 » ou s’en aller.

L’entreprise se vide de ses salariés

Après avoir licencié la moitié des 7 500 employés du groupe il y a deux semaines, Elon Musk fait face à une nouvelle vague de départs depuis jeudi. Le propriétaire et patron de Twitter a demandé aux employés, rescapés de la première vague de licenciements, de choisir entre se donner « à fond, inconditionnellement », pour un projet qu’il qualifie lui-même de « hardcore », ou partir. Le milliardaire a demandé individuellement aux employés du réseau social de s’engager à « travailler de longues heures à haute intensité », « pour bâtir un Twitter 2.0 révolutionnaire et réussir dans un monde de plus en plus concurrentiel ».

Selon plusieurs médias américains comme le Washington Post (article en anglais), des centaines d’employés ont choisi de partir. « Je suis peut-être exceptionnelle, mais (…) je ne suis pas inconditionnelle », a par exemple tweeté Andrea Horst, dont le profil LinkedIn affiche encore « Responsable de la chaîne d’approvisionnement (survivante) chez Twitter ». Elle a ajouté le hashtag « #lovewhereyouworked », c’est-à-dire « Aime l’endroit où tu as travaillé », comme des dizaines d’autres salariés annonçant leur choix sur la plateforme.

Dès jeudi après-midi, Twitter avait prévenu tous les employés que les bâtiments de l’entreprise étaient temporairement fermés et inaccessibles, même avec un badge, d’après un courrier interne reproduit par plusieurs médias américains. « Les bureaux rouvriront lundi 21 novembre. Merci pour votre flexibilité. Merci de continuer à vous conformer au règlement interne en vous abstenant de discuter d’informations confidentielles sur les réseaux sociaux, avec la presse ou ailleurs », indique le message.

Certains des postes les plus stratégiques risquent d’être désertés 

Aucune estimation officielle n’a été donnée sur le nombre d’employés de Twitter qui ont effectivement quitté l’entreprise, encore moins quels sont les postes concernés – Twitter n’a plus de service communication. Mais les démissions et les licenciements concernent plusieurs chefs d’équipes techniques, des développeurs et des ingénieurs indispensables au bon fonctionnement de la plateforme 24 heures sur 24. Sans ces équipes, le crash guette. Et les journalistes spécialisés relèvent que si cet « exode » se confirme, la Coupe du monde et son traditionnel pic d’activité sur le réseau social sera un véritable crash-test.

Le magazine spécialisé The Verge (article en anglais) cite l’exemple de départs d’équipes entières, dont celles chargées dees « core system libraries », ces bibliothèques d’éléments essentielles pour maintenir les fonctionnalités vitales du réseau. « Vous ne pouvez pas faire tourner Twitter sans ces équipes », résume un employé sur le départ cité par The Verge.

Elon Musk assure de son côté qu’il n’est « pas super inquiet » puisque selon lui « les meilleurs sont restés » dans l’entreprise.   

 

Elon Musk envoie des signaux inquiétants

« Et… nous venons d’atteindre un nouveau pic d’utilisation de Twitter, LOL », ironise Elon Musk sur Twitter vendredi. Avec la multiplication des tweets reprenants le hashtag #TwitterDown, certains utilisateurs ont tout simplement voulu se connecter au réseau pour vérifier qu’il fonctionnait encore. D’où le « pic d’utilisation » dont se réjouit le milliardaire.

Elon Musk a aussi tweeté un drapeau de pirate à tête de mort et un mème (image parodique), montrant un homme au visage d’oiseau bleu, posant devant une tombe aussi masquée d’un oiseau bleu, comme si Twitter assistait, hilare, à son propre enterrement.

Elon Musk n’est pas le seul à jouer l’ironie. Fidèles à la tradition d’autodérision de la communauté sur le réseau social, les Twittos (utilisateurs de Twitter) se lâchent, entre ironie et petite pointe de nostalgie. 


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