COP27 : justice climatique, émissions de gaz à effet de serre… Ce qu’il faut retenir de l’accord conclu à Charm el-Cheikh

C’est devenu une habitude. Les COP, ces rendez-vous annuels de la communauté internationale pour lutter contre le réchauffement climatique, se terminent rarement à l’heure prévue : l’édition 2006, à Nairobi, a été à la dernière à s’être achevé un vendredi. La COP27, clôturée dimanche 20 novembre à 3 heures du matin, n’a pas échappé à la règle, confirmant le durcissement des négociations climatiques. Voici les principaux points actés (ou non) à ce sommet.

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Une avancée historique sur les pertes et dommages

Les pertes et dommages, c’est-à-dire les réparations réclamées aux pays riches – principaux responsables du réchauffement climatique – par les pays pauvres – principales victimes du dérèglement du climat – pour les dégâts subis, étaient le sujet central de cette COP27. Pour la première fois, ils ont officiellement été mis à l’agenda des deux semaines de négociations et les pays riches, au premier rang desquels l’Union européenne, ont fait des propositions sur le sujet.

L’option retenue dans la déclaration finale est le principe de la création d’un fonds, dont le fonctionnement exact sera déterminé d’ici à la prochaine COP. Fanny Petitbon, responsable plaidoyer de l’association Care France, salue sur franceinfo un « virage des pays riches », qui met fin à « des décennies de blocage », même si « les détails restent à définir ». « Cette décision démontre que l’appel des communautés vulnérables a été enfin entendu et surtout que les pollueurs vont devoir répondre de leurs actes et payer. C’est véritablement un pas de géant vers plus de justice climatique », salue-t-elle.

« Nous avons lutté pendant 30 ans et aujourd’hui à Charm el-Cheikh cette épopée a donné naissance à son premier résultat positif, s’est réjouie Sherry Rehman, ministre pakistanaise du Changement climatique et présidente en exercice du puissant groupe de négociation G77+Chine. L’établissement d’un fonds n’est pas une question de charité. C’est clairement un acompte sur l’investissement à plus long terme dans notre avenir commun et un investissement dans la justice climatique. »

Pas de progrès sur les énergies fossiles 

Le charbon, le pétrole et le gaz sont le nœud du problème climatique. Ces énergies fossiles, qui pèsent 80% de l’énergie consommée dans le monde, sont la principale source d’émissions de gaz à effet de serre, le moteur du réchauffement climatique provoqué par les activités humaines. Ce sujet a toujours été très sensible : comme le rappelle le chercheur Stefan Aykut, les mots « énergies fossiles » avaient été retirés de l’accord de Paris sous la pression de l’Arabie saoudite, grand producteur de pétrole.

En 2021, à Glasgow, la décision finale de la COP26 avait été le premier texte de ce genre à en faire mention, en appelant à « accélérer les efforts vers la diminution progressive de l’énergie au charbon, sans système de capture [de CO2] et des subventions inefficaces aux énergies fossiles ». A Charm el-Cheickh, l’Inde a poussé pour que le pétrole et le gaz, toujours très utilisés dans les pays développés, soient mentionnés aux côtés du charbon, une énergie plus présente dans les pays en développement. Cette initiative a fait long feu. Le texte de la COP27 reprend mot pour mot la formule choisie à la COP26 écossaise.

L’objectif des 1,5°C maintenu

Objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris signé en 2015 à la COP21, la limitation du réchauffement climatique à +1,5°C est de plus en plus fragilisée, à mesure que le thermomètre monte. « Dans les scénarios que nous avons évalués, limiter le réchauffement à 1,5°C nécessite que les émissions de gaz à effet de serre plafonnent avant 2025 au plus tard », avertissaient les scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) en avril.

Pendant la COP27, des bruits ont couru que certains pays pétroliers voulaient revenir sur cet objectif. Samedi matin, l’Union européenne avait confié son inquiétude à ce sujet, menaçant de claquer la porte. « Plutôt pas d’accord qu’un mauvais accord », avait lancé le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans.

Au final, le chiffre est bien repris dans la déclaration finale, mais aucun nouveau moyen n’est mentionné pour renforcer la crédibilité de cet engagement. Les pays qui ne sont pas dans les clous avec cette trajectoire sont juste mollement invités à mettre à jour leurs objectifs de réduction de gaz à effet de serre d’ici fin 2023. A l’heure actuelle, les politiques menées nous conduisent tout droit vers un réchauffement de +2,8°C, prévenait l’ONU quelques jours avant l’ouverture de la COP. L’Union européenne s’est dite « déçue »

« Ce que nous avons là, c’est un pas en avant trop court pour les habitants de la planète. Il ne fournit pas assez d’efforts supplémentaires de la part des principaux émetteurs pour augmenter et accélérer leurs réductions d’émissions », a estimé le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans. « Nous devons drastiquement réduire les émissions maintenant – et c’est une question à laquelle cette COP n’a pas répondu », a déploré le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.


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