Pourquoi Météo-France revoit sa carte de vigilance

L’organisme de prévisions météorologiques apporte des changements à son dispositif de vigilance, parfois critiqué pour avoir manqué des phénomènes dangereux.

Par

La vigilance Meteo-France offre desormais plus de visibilite et une echelle infradepartementale pour certains phenomenes (photo d'illustration).
La vigilance Météo-France offre désormais plus de visibilité et une échelle infradépartementale pour certains phénomènes (photo d’illustration). © ROMAIN LONGIERAS / Hans Lucas via AFP

Temps de lecture : 3 min

Des avertissements plus clairs, plus précis et plus anticipés. Météo-France a dévoilé ce lundi 28 novembre une nouvelle version de sa carte de vigilance. Créé en 2001 après les violentes tempêtes de 1999 pour prévenir la population et les autorités de phénomènes météorologiques dangereux dans les 24 prochaines heures, l’outil évolue pour couvrir la journée en cours et celle du lendemain.

« On prévoit bien mieux aujourd’hui qu’il y a 20 ans, quand on a décidé que la carte aurait une validité de 24 heures », explique Véronique Ducrocq, directrice des opérations pour la prévision. Une vision à plus long terme qui permet désormais au public de prendre des mesures anticipées, comme reporter ses activités ou protéger des objets fragiles, et aux autorités d’avoir plus de temps pour organiser les secours et prendre des mesures.

À LIRE AUSSI« Les orages ne sont pas pris en compte par les modèles climatiques »

Non-détection et fausses alarmes

La vigilance Météo-France classait à l’origine les départements selon quatre niveaux de couleur – vert, jaune, orange et rouge – sur cinq phénomènes météorologiques : orage, pluie-inondation, vent violent, avalanche, neige-verglas. Elle avait déjà évolué en 2004 pour prendre en compte les canicules et épisodes de grand froid, puis en 2011 avec les crues et vagues-submersion.

Ces dernières années, l’institut de prévision météorologique a pourtant manqué certains événements violents, comme les orages aussi ravageurs qu’imprévus qui ont fait cinq morts en Corse fin août. La nouvelle vigilance à J + 1 permettra-t-elle de limiter ces ratés ? Pas forcément, prévient Véronique Ducrocq, qui rappelle que, dans le cas précis de la Corse, la vigilance rouge n’avait pas été déclenchée car les prévisionnistes n’avaient rien vu venir jusqu’à quelques minutes avant l’orage. La carte de vigilance du lendemain permettra donc surtout, lorsqu’il est quasiment certain qu’un événement va se produire, de prévenir plus en amont la population et les autorités pour leur laisser le temps de se préparer.

« Nos modèles progressent et on améliore nos prévisions, mais nous sommes des humains et on peut manquer certains phénomènes extrêmement forts, même si ça reste exceptionnel », ajoute Benoît Thomé, directeur interrégional Centre-Est. En 2021, neuf vigilances orange sur dix ont été annoncées au moins trois heures à l’avance, et le taux de non-détection du dispositif de vigilance de Météo-France était de 1,7 % des phénomènes violents, contre 6,7 % l’année précédente. L’institut se fixe pour objectif de se positionner sous la barre des 2 %.

À LIRE AUSSIPourquoi il ne faut pas croire les prévisions météo saisonnières

Pour autant, pas question de déclencher des alertes à tout va. Il en va de la crédibilité de la vigilance : si l’on crie au loup trop souvent pour rien, l’attention se relâche le jour où le danger est véritablement là, résume Véronique Ducrocq. « Tout notre travail est d’arriver à détecter le plus d’événements tout en évitant les fausses alarmes. » Un équilibre délicat à trouver, même si les prévisionnistes prennent souvent plus de précautions, avec un taux de fausses alarmes à 14 % en 2021. « Il faut aussi accepter qu’on prenne parfois des mesures pour rien. Sinon, on aurait beaucoup plus d’événements manqués », ajoute Benoît Thomé.

En parallèle, la carte de vigilance se fait également plus précise sur certains phénomènes, avec des avertissements émis à l’échelle infradépartementale. C’est le cas dès à présent des vagues-submersion – le littoral d’un même département pouvant désormais être découpé en plusieurs sections distinctes –, mais aussi des avalanches – surveillées à l’échelle de chacun des 35 massifs identifiés par Météo-France. Une nouvelle précision appelée à être étendue à d’autres phénomènes, indique Benoît Thomé, « notamment le vent ou la neige, en affinant par l’altitude et la limite pluie-neige ».


Continuer à lire sur le site d’origine

%d blogueurs aiment cette page :