REPORTAGE. Avec « 100% d’augmentation sur une année » pour certains produits, des boulangers isérois font face à l’inflation dans tous les domaines

À Domarin, en Isère, le Pétrin Dauphinois est réputé, entre autres, pour son pain au levain. Un produit qui n’échappe pas à l’inflation qui se répercute naturellement sur le prix du produit fini. « Pour le pain au levain, on a augmenté le prix de 10 centimes sur le traditionnel », explique Frédérique Amieux, une des propriétaires de l’établissement. « Et puis sur les pains spéciaux comme les complets bio, les céréales, le pain de seigle au levain, ceux un petit peu plus spécifiques, là on a mis 15 centimes au kilo en plus. »

Car la farine augmente, elle aussi. C’est un élément de base pour le patron qui assure la production, Éric Amieux : « Moi, j’ai été augmenté d’à peu près 12% sur la farine. À raison de 80 sacs de 25 kilos par semaine, ça fait pas mal. » La farine est fournie par Benjamin Plasse, de l’entreprise La Minoterie Moderne. « Depuis septembre dernier, on a subi l’augmentation des cours du blé », explique le meunier. 

« Le blé est monté très, très haut. C’est-à-dire que l’année passée, à cette époque, on payait 200 euros de la tonne. Il est monté jusqu’à 440 euros la tonne au plus haut. Et puis là, il est redescendu à 350 euros la tonne. »

Benjamin Plasse, meunier à La Minoterie Moderne

à franceinfo

« Suite à cela », continue Benjamin Plasse, « il y a eu le prix de l’énergie, donc principalement le gasoil, pour la livraison. Et puis là, prochainement, c’est la partie énergie électrique qui nous tombe dessus, donc ça va engendrer une augmentation supplémentaire. »

La farine, c’est une chose, le beurre, c’en est une autre, commente Éric Amieux devant son four à pain, qui lui coûte d’ailleurs aussi plus cher à cause de la hausse des prix de l’électricité. « Le beurre est monté jusqu’à 9 euros, 9,50 euros. Ça faisait 100% augmentation sur une année et là, ça commence à baisser un petit peu. C’est de bonne augure pour la fin de l’année. »

Eric Amieux, propriétaire du Pétrin dauphinois, sort ses baguettes du four électrique. (MATHILDE IMBERTY / FRANCEINFO)

Eric Amieux, propriétaire du Pétrin dauphinois, sort ses baguettes du four électrique. (MATHILDE IMBERTY / FRANCEINFO)

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Les clients restent compréhensifs, heureusement. « La qualité est primordiale pour nous », explique cette cliente.

« Les prix, ce n’est pas pour ça qu’on ne vient pas dans les bonnes boulangeries, même si nous comprenons qu’ils sont comme nous et qu’ils sont obligés d’augmenter un petit peu. »

Une cliente du Pétrin dauphinois

à franceinfo

Malheureusement pour Éric et Frédérique Amieux, tout augmente, jusqu’à l’emballage, sur lequel ils vont devoir demander un nouvel effort à leur clientèle. Un sujet « très problématique », selon Frédérique Amieux. « On a des hausses de 30, voire 40% sur certains produits. Si on arrive à réduire ces emballages, forcément on augmentera moins nos produits. » Des sacs en tissu seront distribués pour les fêtes. Prière donc de les ramener pour éviter les emballages et faire dégonfler les factures. 


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