Ce que l’on sait de la crise politique au Pérou, qui a fait deux morts lors de manifestations

Les protestataires réclament la démission de la nouvelle présidente Dina Boluarte et la libération de son prédécesseur, Pedro Castillo, accusé d’avoir fomenté un coup d’Etat en tentant de dissoudre le Parlement.

Regain de tensions au Pérou. Deux personnes sont mortes et au moins cinq autres ont été blessées, dimanche 11 décembre, lors de manifestations contre la nouvelle présidente du pays Dina Boluarte et contre l’arrestation de l’ancien président Pedro Castillo. Une nouvelle étape dans la crise politique qui frappe le Pérou depuis plusieurs jours. Franceinfo fait le point sur la situation.

Le week-end a été marqué par des manifestations

Deux personnes sont mortes « dans des affrontements » à Andahuaylas, une ville située dans le sud du pays, à 750 km de Lima, la capitale. « J’exhorte la population à rester calme », a déclaré le ministre de l’Intérieur César Cervantes à la radio RPP. « La vie d’aucun Péruvien ne mérite d’être sacrifiée pour des intérêts politiques. Je réitère mon appel au dialogue et à la renonciation à la violence », a lancé la présidente Dina Boluarte sur Twitter.

Dimanche, des milliers de personnes se sont mobilisées dans les rues de Cajamarca, Arequipa, Tacna, Andahuaylas, Cusco et Puno, selon les images diffusées par les chaînes de télévision locales. Les locaux du poste de police de Huancabamba ont été incendiés, d’après la radio RPP. A Lima, la capitale, entre 1 000 et 2 000 personnes ont manifesté devant le Congrès aux cris de « Castillo tu n’es pas seul, le peuple te soutient ». Ils ont été dispersés avec des gaz lacrymogène en début de soirée. Samedi, des affrontements à Andahuaylas s’étaient déjà soldés par un bilan de 20 blessés, dont 16 civils et 4 policiers. 

Le président Pedro Castillo a été destitué

C’est le quatrième jour de manifestations au Pérou, dans plusieurs villes du nord du pays et des Andes. Les protestataires réclament la démission de la nouvelle présidente Dina Boluarte, jusqu’ici vice-présidente, qui a pris la tête du pays après la destitution du président Pedro Castillo. Ils demandent aussi la libération de l’ex-chef de l’Etat, arrêté et placé en détention le 7 décembre. Il est accusé de tentative de coup d’Etat, après qu’il a annoncé la dissolution du Parlement, lequel tentait de le faire tomber.

Le Parlement a alors voté sa destitution pour « incapacité morale ». Une mesure approuvée par 101 des 130 parlementaires, dont 80 sont dans l’opposition. L’ancien chef de cabinet et l’avocat de Pedro Castillo laissent quant à eux entendre que le président destitué « a peut-être été incité » à dissoudre le Parlement sous l’effet de psychotropes. Selon l’un d’eux, Pedro Castillo « ne se souvient pas » de son annonce télévisée.

Dimanche, le Congrès péruvien a ouvert la voie à des poursuites judiciaires contre Pedro Castillo après son coup d’Etat manqué.

Des élections anticipées ont été annoncées

Sous pression de la rue, la présidente péruvienne Dina Boularte a annoncé, dans un message télévisé diffusé en pleine nuit, qu’elle allait présenter un projet de loi visant à avancer les élections de 2026 à avril 2024, affirmant comprendre la « volonté des citoyens ».  Elle a aussi décrété l’état d’urgence dans les zones les plus touchées par les manifestations. « J’ai donné des instructions pour reprendre le contrôle de l’ordre interne et des droits fondamentaux des citoyens », a-t-elle déclaré.

Cette prise de parole pourrait pourtant ne pas suffire à calmer la colère. Dimanche, des syndicats agraires et des organisations sociales, paysannes et indigènes ont appelé à une « grève indéfinie » à partir de mardi afin de demander des élections anticipées et une nouvelle Constitution. La demande de nouvelles élections est associée à un rejet massif du Parlement. Selon les sondages de novembre, 86% des Péruviens désapprouvent le Congrès.

Une séance a d’ailleurs été suspendue après des incidents. Des images publiées sur les réseaux sociaux montrent un homme donner un coup de poing par derrière à un autre au sein de l’Hémicycle. Selon le média local Peru21, il s’agit bien de deux membres du Congrès.


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