Météo : ce que vont nous apporter les satellites nouvelle génération, dont le premier doit être lancé ce mardi

L’Organisation météorologique mondiale s’est dite « très excitée » à propos du lancement de MTG-I1, mardi. Ce nouvel outil doit notamment permettre un meilleur suivi des événements majeurs qui touchent la planète

Un tel renouvellement ne survient que tous les 20 ou 25 ans. Un premier satellite météo de troisième génération, MTG-I1, doit être lancé mardi 13 décembre par Ariane 5 depuis Kourou (Guyane). Ce nouvel outil a été construit par un consortium européen où figure en tête l’entreprise franco-italienne Thales Alenia Space.

Au total, la flotte de troisième génération, mise à profit par l’Organisation européenne pour l’exploitation des satellites météorologiques, sera composée de quatre satellites et de deux sondeurs. Leur rôle va être fondamental puisque que 95% des données utilisées pour produire les prévisions météo proviennent déjà de satellites. Ces derniers représentent aussi un moyen indispensable afin de suivre l’évolution du climat. Alors que l’Organisation météorologique mondiale s’est dite « très excitée » à propos du lancement de MTG-I1, franceinfo vous détaille ce que vont apporter ces nouveaux satellites.

Des images plus précises et plus fréquentes

Le lancement des satellites de deuxième génération a commencé en 2002. Depuis, la technologie a progressé. L’imageur du MTG-I1 (en anglais Flexible Combined Imager) fournit des « clichés de meilleure qualité », avec une meilleure résolution, c’est-à-dire « davantage de pixels », résume auprès de franceinfo Sylvain Le Moal, ingénieur au Centre de météorologie spatiale de Météo-France. Placés en orbite géostationnaire à 36 000 km de la Terre, les nouveaux satellites possèdent une résolution de 2 km, qui pourra même aller jusqu’à 500 mètres (contre 3 km et jusqu’à 1 km pour ceux de la deuxième génération).

La fréquence est également augmentée. Les satellites de troisième génération vont livrer de nouvelles informations sur l’ensemble de la Terre toutes les dix minutes, contre tous les quarts d’heure pour les engins de deuxième génération, et toutes les 30 minutes pour ceux de la première, lancés en 1977. De plus, lorsque toute la flotte sera opérationnelle, des données concernant spécifiquement l’Europe seront envoyées toutes les deux minutes et demie. L’Organisation européenne pour l’exploitation des satellites météorologiques a publié sur YouTube une vidéo (contenu en anglais) illustrant les retombées concrètes de ces améliorations. 

Grâce à des données qui arrivent de façon plus fréquente, le suivi des événements devrait s’avérer plus fluide. Ainsi, la détection des feux de forêt doit s’améliorer, permettant une surveillance des points chauds, des foyers et des panaches de fumée. Tous ces progrès sont notamment liés à une avancée considérable, qui réside dans le temps d’observation de la Terre. Les satellites de troisième génération, stabilisés sur trois axes, peuvent observer la planète en continu. Les précédents, fonctionnant sur un axe gyroscopique (c’est-à-dire tournant), n’en faisaient de même que 5% du temps, selon l’Agence spatiale européenne (PDF en anglais).

Plus d’informations sur les aérosols et la qualité de l’air 

Le satellite MTG-I1, qui devrait être pleinement opérationnel à l’automne 2023, travaille dans 16 « chaînes spectrales » de la lumière, contre 12 pour ceux de génération précédente. « Avoir davantage de canaux, nous permet d’avoir davantage d’informations », synthétise Sylvain Le Moal. Les scientifiques vont obtenir des données supplémentaires sur la « microphysique nuageuse », illustre-t-il, c’est-à-dire sur la composition des nuages, la taille des particules, ou encore savoir si les nuages sont composés de particules d’eau ou de glace.

L’imageur du MTG-I1 va également permettre une « meilleure qualification des aérosols », « ce que nous attendons avec impatience », commente Sylvain Le Moal. Concrètement, cela concerne le pollen, la pollution ou encore la qualité de l’air. La nouveauté est notable, car, pour l’instant, cette dernière n’est analysée qu’avec des outils partant du sol, comme des ballons ou des sondes.

L’étude des aérosols comporte également les nuages de cendres volcaniques, ainsi que « l’observation des poussières désertiques, qui intéresse plus particulièrement nos collègues africains, ajoute-t-il. Elles sont aussi capitales, car nous savons maintenant qu’elles fertilisent l’Amazonie. » L’ingénieur relève par ailleurs que, d’un point de vue militaire, la surveillance des tempêtes de poussière et de sable est cruciale pour le déplacement des troupes au sol, comme pendant l’opération Barkhane, qui a eu lieu au Mali entre 2011 et août 2022.

Une meilleure connaissance des phénomènes violents

Les satellites météo de troisième génération n’apportent pas que des améliorations par rapport aux générations précédentes. La grande nouveauté se trouve dans un imageur d’éclairs, qui équipe le MTG-I1. Jusqu’à maintenant, seuls les Américains disposent d’un tel instrument, souligne Sylvain Le Moal. L’objectif est de détecter les flashs lumineux.

« Quand un phénomène extrêmement violent arrive, quelques dizaines de minutes avant, nous observons la plupart du temps une augmentation très sensible du nombre d’éclairs. Nous espérons pouvoir détecter de façon plus précoce les phénomènes dangereux et mieux les caractériser. »

Sylvain Le Moal, ingénieur au centre de météorologie Spatiale de Météo France

à franceinfo

Avec ce nouvel instrument, complémentaire des réseaux habituels qui n’enregistrent que les impacts au sol, les scientifiques observeront de façon plus complète les turbulences atmosphériques. Ils seront mieux armés pour anticiper les phénomènes violents, de plus en plus fréquents avec le changement climatique.


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