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Coupe du monde 2022 : face au Maroc, les Bleus encore portés par l’art de souffrir sans jamais périr

Comme en 2018, la plus grande force de l’équipe de France réside dans sa capacité à laisser passer l’orage avant de punir son adversaire, ce qu’elle a encore prouvé face au Maroc, mercredi.

Dominer n’est pas forcément gagner, comme souffrir ne mène pas toujours au pire. Bousculés dans tous leurs matchs depuis le début du Mondial, les Bleus ont encore dû livrer une grande bataille en demi-finale, mercredi 14 décembre. Face au Maroc, ils ont passé beaucoup de temps à subir, sans doute plus encore que lors de leurs précédentes sorties et ça ne les a pas empêchés de décrocher la victoire, avec leur premier clean sheet en prime (2-0). 

« On a tellement souffert qu’on sort de ce match vidés, mais satisfaits du travail accompli. Tout n’a pas été parfait, mais on a su souffrir et être forts quand il le fallait », a raconté le capitaine Hugo Lloris au micro de BeIN Sports. Le discours est le même qu’après le quart de finale contre l’Angleterre, qui lui-même ressemblait « très étrangement » à la demi-finale du Mondial 2018 face à la Belgique, dixit Olivier Giroud. La sélection tricolore s’est parfaitement relevée de l’échec cuisant de l’Euro 2021, retrouvant ce qui faisait sa force quatre ans plus tôt.

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Les plus pessimistes diront que sans les deux arrêts somptueux de Lloris, le match n’aurait sans doute pas été le même, et qu’il a toujours fallu qu’un pied de Raphaël Varane ou d’Ibrahima Konaté traîne pour écarter le danger. Mais, à l’heure de faire les comptes, on notera qu’à part un tir de l’extérieur de la surface d’Azzedine Ounahi (10e) et un geste acrobatique peu académique de Jawad El-Yamiq (44e), il n’y a jamais eu de matérialisation de la menace marocaine avant le 2-0. Quasiment toutes les situations chaudes dans la surface ont été interrompues avant que le tir ne soit tenté.

« On a été très fort défensivement », s’est réjoui l’auteur du deuxième but, Randal Kolo Muani. « On a été très solidaires. Tout le monde a fait beaucoup d’efforts », a appuyé Jules Koundé. Mais tout n’était pas qu’une question d’intensité et de courage. L’équipe de France a défendu avec intelligence, laissant volontairement un peu d’espace sur les ailes pour ne pas trop étirer ses lignes et ainsi garder un axe dense. Le Maroc a beau s’être signalé par de nombreux débordements sur les deux côtés du terrain, à chaque fois, le temps de contourner Koundé ou Hernandez a suffi à ce que l’axe soit bien gardé, par les deux centraux, et parfois avec l’aide de Griezmann ou Tchouameni.

Comme le disait sans être compris Walid Regragui, le sélectionneur marocain, avant le match, pour bien défendre il faut tout faire pour que l’adversaire ait « le moins d’xG » (Expected Goals – une statistique qui mesure la dangerosité des tirs d’une équipe). Si l’on s’intéresse à la période où les Bleus sont restés à portée de tir, jusqu’à la 79e minute (avant que le score ne passe à 2-0), on constate qu’ils ont subi sept tirs, dont quatre tentés de l’extérieur de la surface. Le seul qui a trouvé le cadre intervient sur un geste improbable, mesuré à 0,033 xG, soit 3% de chance d’être converti en but. Au total, avant la 79e minute, la France n’avait concédé que 0,28 xG et en avait cumulé 2,1 de son côté.

Didier Deschamps n’a pas montré le moindre signe d’inquiétude après la rencontre. « On n’a pas la prétention de maîtriser les rencontres du début à la fin. Ce genre de choses n’arrive pas souvent. Face à la Croatie, c’était la première fois que l’Argentine [le faisait du Mondial]. Ce soir, on subit aussi parce que c’est le mérite de l’adversaire », a analysé le sélectionneur des Bleus en conférence de presse. Les vagues déferlent, mais jamais cette force tranquille ne s’évanouit.


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